1. Qu’est ce que le Libor ?
Le Libor est un taux servant de référence sur le marché financier, reflet des conditions auxquelles les banques se prêtent entre elles. Il est fixé chaque jour à 11 heures précises (à Londres), à partir d'un sondage auprès d'un panel de banques interrogées sur les taux qu'elles pratiquent ce jour. Puis il est publié par l'association des banques britanniques, la respectable British Bankers' Association. Le Libor se décline sur les dix plus grandes devises mondiales et quinze maturités, d'un jour à douze mois. Soit 150 chiffres quotidiens. Alors que les taux des banques centrales (Banque d’Angleterre, Réserve fédérale américaine, Banque centrale européenne, etc), sont donnés sur une base mensuelle, cet instrument sert donc de thermomètre quotidien à la finance mondiale.
2. De quoi accuse-t-on les banques?
On les soupçonne d’avoir volontairement faussé le baromètre du marché monétaire mondial. Ce taux d’intérêt qui sert d’étalon à la finance mondiale, aurait été manipulé à l’avantage des banques entre 2005 et 2010.
L’enjeu est vertigineux : le Libor est utilisé comme base de calculs pour un vaste éventail de produits financiers, notamment les prêts immobiliers, les prêts étudiants et les cartes de crédit. Les produits dérivés échangés sur les marchés de matières premières (Liffe, marché de Chicago) l’utilisent également, pour des transactions estimées à 350.000 milliards de dollars. Si ce thermomètre a été truqué, ce sont toutes les mesures de la finance mondiale qui auraient été faussées.
3. Quel serait l’intérêt des banques à s’entendre ?
Avant la crise, les traders auraient eu intérêt à prévoir à l’avance l’orientation de cet indice pour pouvoir prendre des paris… gagnants d’avance. Enfreignant toutes les règles de déontologie, ils se seraient entendus avec les responsables du département "trésorerie" des banques, chargés de soumettre chaque jour leurs taux à la British Bankers’ Association.
Durant la crise de liquidité de 2007, les établissements auraient ensuite eu intérêt à ce que le Libor reste bas pour ne pas paraître vulnérables.
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