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"Mon métier est d'investir sur les meilleurs entrepreneurs du monde" Charles Firmin-Didot
18/12/2014   PARLONS FINANCE

 

 

Gamme Entrepreneurs :

RMA ENTREPRENEURS

RMA ENTREPRENEURS FLEXIBLE

RMA ENTREPRENEURS PME

 

 

P. Maupas : Charles Firmin-Didot, vous êtes depuis Mai 2014 directeur général de RMA Asset Management, une société de gestion entrepreneuriale. Pouvez-vous nous parler de RMA AM, revenir sur votre parcours de gérant, qui s’est principalement déroulé au sein de très grands groupes ?

 

C. Firmin-Didot : RMA Asset Management est une société de gestion entrepreneuriale créée en 2008 qui propose à une clientèle institutionnelle et à une clientèle privée, par l'intermédiaire de distributeurs externes, des solutions d'investissements autour de deux thèmes : une gestion de convictions (fonds Entrepreneurs et fonds africains) et une gestion de solutions (fonds axés sur la maîtrise du risque). L'actionnaire majoritaire RMA Capital, société de gestion d'actifs de RMA Watanya, compagnie leader des métiers de l'assurance au Maroc, est contrôlée par un entrepreneur marocain à la tête d'un groupe financier en pleine expansion sur le continent africain.   Cet entrepreneur est d’après moi le Claude Bébéar de l’Afrique.

 

Quant à moi, j’ai travaillé 10 ans chez JP Morgan, où j’ai fait des fusions et acquisitions, en me spécialisant sur les sociétés familiales, et où j’ai été gérant monétaire, obligataire, diversifié, et allocataire d’actifs. Je suis devenu entrepreneur en 2000 en créant ma société de gestion, Sophia Asset Management, qui gère un fonds actions, Sophia Global Investments, dans lequel les actifs sont aujourd’hui d’environ 30 millions d’euros. Les capitaux sont les miens, ceux de ma famille et d’amis. L’approche utilisée depuis 2000 dans la gestion de ce fonds est bien entendu mon approche entrepreneurs, sur laquelle nous reviendrons. 

 

J’ai souhaité créer un fonds public utilisant cette  approche. J’ai donc créé Talents en août 2001 chez DNCA Finance. Fin 2003, j’ai transféré le fonds chez AXA Investment Managers où je me suis intégré de façon très entrepreneuriale : j’ai constitué ma propre équipe (une dizaine de personnes dans le monde sans expérience préalable de la finance), j’avais un salaire fixe minimum et AXA IM et moi partagions les profits. La gamme Talents s’est étoffée et les encours ont augmenté jusqu’à dépasser un milliard d’euros. Lors d’une réorganisation d’AXA IM, le pôle Talents a été rattaché à AXA Framlington, qui évolue dans un environnement anglo-saxon. J’ai quitté AXA Framlington en septembre 2012.

 

 

Qu’est-ce qui vous a amené à prendre la direction d’une structure à taille humaine ?

 

Tout d’abord, même dans les grands groupes que sont JP Morgan et AXA IM, j’ai toujours travaillé dans des équipes à taille humaine. Ensuite, je suis entrepreneur moi-même depuis 2000 avec Sophia Asset Management. J’aurais pu créer ma structure pour lancer une gamme de  fonds mais j’ai rencontré un entrepreneur remarquable avec lequel le dialogue a été très ouvert. J’ai choisi de prendre la direction générale de RMA Asset Management en faisant venir mon équipe (Nicolas Manel et Nils Meinefeld) pour développer un pôle Gestion Entrepreneurs. J’ai également pris une participation de 25% au capital de la société. Le dialogue a été beaucoup plus fluide avec des interlocuteurs du sud dont j’apprécie les valeurs humaines qu’avec des interlocuteurs anglais chez qui l’hypocrisie est souvent considérée comme un art. La puissance du groupe du principal actionnaire permettra en outre d’accéder à de gros investisseurs institutionnels.

 

 

Avant votre arrivée, RMA AM (alors connue sous le nom de Financecom Asset Management) avait une gamme de fonds à risque contrôlé gérée selon une approche quantitative. Depuis votre arrivée, une gamme de fonds que vous appelez « Gestion Entrepreneurs » a été lancée, comportant 3 fonds : RMA Entrepreneurs, RMA Entrepreneurs Flexible et RMA Entrepreneurs PME. Pouvez-vous revenir sur cette approche à laquelle vous êtes fidèle depuis des années ?

 

Mon approche consiste à faire confiance à des entrepreneurs bien meilleurs que nous. Je recherche des personnes qui soient à la fois des actionnaires importants de leur société, des visionnaires et de bons managers, sans chercher à me prononcer sur leur business model. Je pars du principe que leur société est leur raison d’être et qu’ils sont meilleurs juges que moi de la pertinence de leur business model. C’est pourquoi j’ai investi dans Apple dès le retour de Steve Jobs en 2002, alors que la plupart des analystes disaient qu’Apple était mort (j’ai depuis vendu la position). Un autre pari similaire aujourd’hui est RIM, la société qui produit le BlackBerry, car le nouveau dirigeant a un des meilleurs track records du monde. La qualité du BlackBerry n’est pas le sujet pour moi : ce qui m’importe, c’est la solidité de l’actionnaire et l’implication du management. L'actionnaire principal, Fairfax Financial Holdings, a convaincu John Chen de devenir président. Chen a déjà fait ses preuves en transformant Sybase, une société de technologie à croissance lente, en une société innovatrice à forte croissance. RIM est la troisième position de RMA Entrepreneurs à fin novembre.

 

Pourquoi suis-je tellement convaincu par cette approche que j’y investis tout mon argent ? En tant qu’analyste financier traditionnel, j’ai tort une fois sur deux, alors que quand j’identifie les meilleurs entrepreneurs du monde et investis sur ces personnes, mon taux de succès est beaucoup plus élevé. Notre métier c’est de chercher les meilleurs, pas les chanceux, de comprendre pourquoi ils sont bons, d’analyser leur implication, qui est à la fois personnelle et financière, d’identifier leurs conflits d’intérêts potentiels (certains entrepreneurs comme Richard Branson, même s’ils sont bons, préfèrent confier le développement des nouveaux  projets à des entités privées ensuite mises en bourse, ce qui ne profite pas à l’entité cotée historique). Notre travail de détective consiste à rassembler et étudier tout l’historique disponible sur les entrepreneurs et à cartographier leurs actifs. Je recherche des entrepreneurs pour qui toute erreur de gestion aura des conséquences financières importantes à titre personnel. J’évite les situations dans lesquelles les entrepreneurs tombent sous le contrôle de banques ou d’actionnaires non entrepreneurs. Le portrait-robot des entrepreneurs que nous avons en portefeuille est le suivant : ils sont bons, sans conflit d’intérêts et leur participation dans leur groupe représente une grosse partie de leur patrimoine.

 

 

Vous dites que votre approche fait de vous plus des détectives que des analystes financiers. Faites-vous quand même aussi de l’analyse financière ? Quand vendez-vous une valeur ?

 

Je vends pour arbitrer entre les différentes entités au sein d’un groupe. J’ai par exemple récemment vendu les dernières actions de la Financière de l’Odet, une des holdings du groupe Bolloré, alors que j’étais investi depuis 20 ans. Odet avait beaucoup monté depuis le début de l’année, j’ai donc pris mes bénéfices pour acheter l’action Bolloré. Je suis de très près les décotes de holding par rapport à la somme des parties pour arbitrer quand c’est opportun. Je vends également quand l’entrepreneur décède ou se retire et que le successeur n’a pas encore fait ses preuves. Je vends quand je sens qu’il y a un problème de traitement des actionnaires minoritaires ou de communication financière. Je vends quand je n’ai plus confiance : c’est ainsi que j’ai vendu Delta Drone en novembre dans RMA Entrepreneurs en raison d’une communication que nous n’avons pas du tout appréciée lors de l’augmentation de capital Je vends enfin quand apparaît dans le secteur un entrepreneur meilleur.

 

 

Votre approche des entreprises par les entrepreneurs favorise-t-il une typologie de sociétés particulière ? A contrario, exclut-elle certains secteurs ?

 

On trouve aujourd’hui de bons entrepreneurs dans des secteurs dans lesquels il n’y en avait pas il y a 10 ans : l’industrie pétrolière, l’industrie pharmaceutique ou même les banques, la répartition sectorielle est donc plus équilibrée que par le passé. Même si je ne pilote pas mon écart de suivi par rapport aux indices de référence de mes fonds, j’essaie quand même de respecter un équilibre entre 3 grands types de valeurs : les cycliques, que j’appelle « Heavy » (pétrole, matières premières, industrie), les défensives que j’appelle « Necessity » et enfin les « Ephémères » (secteurs pour lesquels tout peut changer en une génération : finance, technologie, luxe, consommation de biens non durables). J’ai une grande diversification sectorielle et de style dans les deux fonds et une totale flexibilité géographique dans RMA Entrepreneurs.

 

 

On note un poids important des valeurs européennes dans RMA Entrepreneurs à fin novembre (62%), et un poids encore plus important des valeurs françaises dans RMA Entrepreneurs PME (76%). La macro-économie joue-t-elle un rôle dans la construction de vos portefeuilles ?

 

La macro-économie ne joue aucun rôle, les allocations sectorielles et géographiques des fonds sont la résultante de notre choix de valeurs. Dans le fonds RMA Entrepreneurs, le poids des Etats-Unis a récemment baissé car nous avons vendu Google et Fedex pour des raisons de valorisation. Je trouve en général les valorisations en Europe attractives par rapport aux Etats-Unis. Pour le fonds RMA Entrepreneurs PME, nous connaissons bien le marché français et avons un léger biais domestique. La France est par ailleurs un pays dans lequel il y a beaucoup d’entrepreneurs de qualité. C’est un fonds dont je veux qu’il soit agile et offensif, sa taille nous permettant en outre d’investir aujourd’hui dans de très petites valeurs.

 

 

Vos portefeuilles sont concentrés (le top 8 de RMA Entrepreneurs représente 41,6% de l’actif, celui de RMA Entrepreneurs PME 38,4% à fin novembre), est-ce une constante de votre gestion ?

 

J’ai toujours eu des portefeuilles concentrés. Warren Buffett dit souvent qu’il n’est pas souhaitable d’avoir plus de 20 participations, car au-delà il est impossible de les contrôler. Je dois pouvoir suivre de près chacun des titres en portefeuille, 30 à 40 valeurs est donc la bonne fourchette.

 

 

A quel profil risque/rendement peut-on s’attendre dans les 2 fonds directionnels par rapport à leurs indices de référence respectifs ?

 

Sur le long terme, j’attends de mon approche une meilleure performance que celle des indices, avec des baisses plus importantes quand il y a des problèmes de liquidité, notamment sur les petites et moyennes capitalisations. En revanche, quand les marchés baissent pour des raisons macro-économiques, notre approche a tendance à  moins baisser. La plupart des entrepreneurs que je détiens en portefeuille ont pour objectif minimum 15% de rendement sur capitaux investis. Sur très long terme, c’est également mon objectif de rendement annuel avant frais.

 

 

Comment et par qui est gérée l’exposition au sein du fonds RMA Entrepreneurs Flexible, qui est un nourricier de la part S de RMA Entrepreneurs ?

 

Le fonds RMA Entrepreneurs Flexible est effectivement un fonds nourricier investi pour au moins 85% de son actif dans la part S du fonds RMA Entrepreneurs, son fonds maître. Il est géré par Nicolas Manel, qui est arrivé chez RMA Asset Management avec moi et a quinze ans d'expérience en trading chez Citigroup, Crédit Lyonnais et Calyon. Le fonds est totalement flexible, son exposition aux actions pouvant aller de 0 à 100%. Nicolas intervient sur les marchés dérivés afin de couvrir de manière flexible l’exposition aux marchés actions, taux et devises sur lesquels RMA Entrepreneurs est investi, afin de maîtriser le risque de marché dans les périodes de baisse des marchés actions, taux et devises. La couverture se fait principalement en vendant des futures sur indices. Mais il est également possible de couvrir les valeurs individuelles par des options de vente. Nicolas pilote l’exposition du fonds à partir d’un tableau de bord qui comporte une partie fondamentale, une partie comportementale exploitant la psychologie des marchés et une partie chartiste.

 

 

A fin novembre 2014, votre seule couverture est une position en futures sur le S&P 500 (représentant 24% du portefeuille de RMA Entrepreneurs Flexible), alors que RMA Entrepreneurs n’est exposé qu’à 16% à des valeurs des Etats-Unis. Pourquoi ce choix ?

 

Nicolas pense que le marché US est richement valorisé, donc il  couvre la position en vendant un future sur le S&P. Il cherche avant tout à avoir un fonds moins volatil que le fonds RMA Entrepreneurs, la volatilité étant une caractéristique de la gestion entrepreneurs. 

 

 

La part obligataire et monétaire des 2 fonds directionnels peut être élevée (jusqu’à 40% pour RMA Entrepreneurs et 25% pour RMA Entrepreneurs PME). Avez-vous vocation à utiliser cette flexibilité ?

 

Non, nous sommes toujours investis entre 95 et 100% sur ces deux fonds. En revanche, nous pourrions être amenés à utiliser des convertibles, mais à des fins de maximisation de la performance, pas de réduction du risque.

 

 

L’horizon d’investissement minimum recommandé pour les fonds est de 5 ans, le taux de rotation des portefeuilles des fonds que vous gériez chez AXA IM et des fonds RMA AM est-il en phase avec cette durée ?

 

Je suis effectivement un investisseur de long terme et le taux de rotation de mes portefeuilles est supérieur à 5 ans.

 

 

Il existe une commission de surperformance avec High Water Mark pour le fonds flexible (par rapport au MSCI Monde dividendes réinvestis), mais pas pour les 2 fonds directionnels. Pourquoi ?

 

Je ne suis pas en faveur de commissions de surperformance pour les fonds actions : notre performance peut en effet s’écarter significativement de l’indice, en surperformant certaines années et en sous-performant les autres années et une commission de surperformance ne me semble pas équitable. Pour le fonds flexible en revanche, en plus de l’alpha de la gestion flexible, le travail que fait Nicolas Manel sur le pilotage de l’allocation d’actifs pour réduire la volatilité de RMA Entrepreneurs légitime l’existence d’une commission de surperformance. 

 

 

Les frais de gestion maximum des parts tous souscripteurs des 3 fonds sont de 2% pour les 2 fonds directionnels et de 2,1% (frais fixes + indirects) et vous prévoyez des frais courants pour la première année de 2,1% et de 2,3%. Comment se décomposeront-ils ?

 

Nous avons prévu environ 0,1% de commissions de mouvement pour les fonds directionnels, qui s’ajoutent donc aux 2% de frais de gestion fixes, et 0,2% pour le fonds flexible, qui s’ajoutent aux 1,5% de frais de gestion du fonds et aux 0,6% de frais de gestion du fonds maître.

 

 


Entretien réalisé à Paris le 5 décembre 2014

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