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Peut-on espérer quelque chose des obligations convertibles en 2021 ? Par Jean-Edouard Reymond, spécialiste de la gestion des obligations convertibles

Obligations Convertibles : Après les performances exceptionnelles de 2020 qu’attendre pour 2021 ?

La classe d’actif a démontré une nouvelle fois ses atouts durant la crise.

Les obligations convertibles globales (1) progressent de près de +32% en 2020. C’est non seulement leur meilleure performance absolue depuis 2009, mais une surperformance par rapport aux autres classes d’actifs que sont les actions ou les obligations d’entreprises. Pour rappel l’indice MSCI world ne gagne que 11.8% (2), et les obligations « classiques » progressent de l’ordre de 7%.

Cette excellente performance aura été réalisée avec un niveau de risque, mesurée par la volatilité, deux fois plus faible que celui des actions. Ainsi le ratio performance/risque ressort à 2.15 contre seulement 0.41 pour les actions.

Si l’on regarde les obligations convertibles Européennes, elles gagnent +6% (3) alors que de l’indice l’indice Stoxx Europe (4) de -1%.

Au total, en 2020 les obligations convertibles montrent un comportement défensif durant la phase de crise, et ont amplifié le rebond des marchés d’actions.

Quelles sont les raisons de cette excellente performance des obligations convertibles globales ?

En 2020, le principal moteur de la performance provient de la hausse des actions sous-jacentes. Cette hausse compte pour plus de 80% de la performance totale. Traditionnellement, ce sont les sociétés à forte croissance qui viennent émettre des obligations convertibles afin de financer leurs investissements.

Regardons le Top 10 des contributeurs à la performance 2020 :

  • Il compte pour 40% (1) de la performance totale. Si on le retire, les obligations convertibles globales continuent de surperformer les actions (MSCI World (2)) de plus de 6.6%. Ce qui veut dire que l’excellente performance 2020 aura été répartie sur l’ensemble de la classe d’actif et ne provient pas de quelques titres.
  • Il se compose de « jeunes » entreprises créés il y a seulement 13 ans en moyenne.
  • La qualité de crédit est essentiellement sans rating ou « high yield ». En 2020, les convertibles « Investment Grade » ne gagnent que +10%.
  • Montre un poids croissant de l’Asie avec Sea td (jeux & commerce en ligne), Pinduoduo (plateforme d’e-commerce en Chine), Bilibili (loisirs en ligne en Chine) sans oublier Nio (Voitures électriques en Chine).

Quelles conclusions en tirer et qu’attendre pour 2021 ?

  • Les nouvelles émissions ont été très dynamiques en 2020. 294 nouvelles émissions sont venues alimenter le marché primaire pour un montant total de 158 milliards. C’est le meilleur volume depuis 2007, et le 4ieme volume historique depuis 22 ans ! Ces nouvelles émissions sont autant de nouvelles opportunités de performance future.
  • Le marché gagne en profondeur, avec une taille qui dépasse de nouveau les 500 milliards pour les principales obligations convertibles. Cela montre qu’en dépit de la crise et de la forte volatilité, le marché a pu parfaitement assurer son rôle de financement des entreprises. La liquidité s’est fortement accrue avec une hausse des volumes traités de 55 % (5) par rapport à 2019.
  • L’augmentation de la sensibilité aux actions des obligations convertibles de +10 points est une bonne nouvelle pour 2021. Certes elle entraine un profil moins défensif, mais dans le contexte de perspectives obligataires moins favorables pour 2021, elle va permettre au marché de mieux profiter de la hausse des actions sous-jacentes.
  • L’exposition croissante du marché à l’Asie (en intégrant les obligations convertibles en actions chinoises cotées aux Etats-Unis), permet d’être exposé à la zone qui sort le plus rapidement de la crise et qui devrait réaliser la plus forte croissance en 2021

Toutefois certains risques pourraient peser sur la classe d’actif :

  • La forte représentation de la technologie aux Etats-Unis qui compte pour 30% de la sensibilité action globale. Il faut toutefois ne pas oublier qu’une partie de cette exposition provient de sociétés chinoises cotées sur le Nasdaq et bénéficie d’un environnement plus porteur.
  • L’exposition faible aux petites valeurs qui comptent pour 20% de l’univers.

Au total, le caractère défensif et néanmoins très profitable des obligations convertibles devrait conduire les investisseurs à redécouvrir cette classe d’actifs et à la privilégier dans leurs allocations d’actifs pour 2021.

 

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(1) Refinitiv Global Convertible Hedged (EUR)

(2) MSCI World Hedged Net EUR

(3) Refinitiv European Convertible Hedged (EUR)

(4) STOXX® Europe 600 Monthly Hedged EUR

(5) Trace volume report 2020

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Jean-Edouard Reymond

Spécialiste de la gestion des obligations convertible et de l’allocation d’actifs. Directeur général, gérant, fondateur de la gamme Ubam convertibles, plusieurs fois primée par Lipper pour la performance de ses fonds d’obligations convertibles sur plusieurs années.

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