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Sur les TALONS de la parité. Par Hanane Carmoun Consultante en Management & Performance

Au rythme actuel, la parité en politique, économie, santé ou éducation ne sera pas atteinte avant une centaine d’années. C’est ce que révèle l’étude du « Global Gender Gap Reports » menée par le Forum Economique Mondial sur 153 pays. Sur le volet économique les inégalités ont même augmenté en 2019.

Or, depuis le début du siècle, nous entendons de plus en plus souvent parler de la Responsabilité Sociale des Entreprises que la commission européenne définit comme : « la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société.»  La RSE dans sa dimension sociétale et sociale devrait donc être un formidable levier pour soutenir l’égalité homme/femme dans l’entreprise.

Des sociétés comme Manpower, Sodexo ou MAIF se démarquent déjà en matière de parité femmes/hommes. Mais la réalité du terrain est plus mitigée avec seulement 15 % de femmes dans Les ComEx des 120 plus grosses entreprises françaises. Il reste donc beaucoup à faire en la matière et l’égalité entre les deux sexes n’est pas qu’une question de morale ou d’équité pour rééquilibrer la balance de Thémis, c’est surtout une question financière de premier ordre et pour plusieurs raisons :

La première est que ces données sont de plus en plus utilisées par la Finance Responsable. La mixité dans les fonctions de direction des entreprises devient un thème d’investissement pour les sociétés de gestion. A l’instar du Women Leaders Equity Fund (Mirova), du Global Gender Diversity Fund (Nordea AM) ou du Gender Equality Fund de Robeco qui se démarque par son engagement actionnarial qui constitue un levier puissant pour challenger les sociétés dans lesquelles il investit sur la mixité.

Fait notable, la question de la rentabilité de ces fonds thématiques ne se pose plus vraiment. Selon une étude menée par Stéphane Déo, stratégiste à La Banque Postale Asset Management, et Michel Ferrary, professeur à l’Université de Genève et Skema Business School, les entreprises avec une plus grande représentation de femmes ont surperformé de 1,5 % l’ensemble du CAC 40 entre le 1er janvier et le 30 juin 2020. Comme pour le « Green », c’est l’intérêt du monde de la finance pour la mixité qui devrait faire bouger les entreprises vers plus de parité. La mixité sera certainement le prochain combat de la Finance Responsable.

La deuxième raison est une question de performance pour les entreprises : le talent est distribué de manière égale entre femmes et hommes, mais pas les opportunités. Donc si une entreprise recherche les meilleurs employés à recruter dans seulement une partie de sa population alors qu’une autre société les cherche dans 100 % de la population, alors la deuxième aura la meilleure équipe.

Mais alors, pourquoi des organisations se priveraient-elles de la meilleure équipe ?

Tout contribue depuis la petite enfance à la construction de stéréotypes de genre et aux représentations sociales sur la place des femmes dans la société. Cela se joue de manière insidieuse car ces interprétations se construisent souvent à l’insu même des personnes qui les élaborent : les femmes n’ont pas d’autorité naturelle contrairement aux hommes, elles ne sont pas carriéristes et privilégient leur vie de famille…etc. De nombreuses études montrent que ces stéréotypes de genres sont encore vivaces en entreprise et influent inévitablement sur les choix des dirigeants et des recruteurs laissant place à une forme de cooptation entre hommes pour les postes à responsabilité.

Par ricochet, cela va influencer les attitudes individuelles avec l’intériorisation par beaucoup de femmes de ces stéréotypes de genre alimentant ainsi une interrogation sur leur légitimité, une difficulté à se mettre en avant dans les évolutions de salaires et de carrières. Donc s’il y a encore peu de femmes aux postes de direction, c’est aussi parce les femmes sont elles-mêmes freinées par leurs propres idées reçues. D’où l’importance de la formation et de la sensibilisation pour aider hommes et femmes à déconstruire ces stéréotypes de genre et à s’en affranchir.

Pourtant, les dernières découvertes en neurosciences montrent que notre cerveau n’a pas de sexe. Les bébés ont au départ les mêmes capacités cognitives quel que soit leur genre. C’est plus tard que l’environnement social va les remodeler et que parents et enseignants vont par exemple encourager et récompenser fréquemment le comportement perfectionniste et agréable des filles, sans en comprendre les conséquences. Souvent, c’est juste parce que cela rend plus simple la vie des parents et des enseignants. Dans une salle de classe animée ou bruyante, qui ne veut pas d’enfants qui colorent dans les cases, suivent les instructions, et ne causent pas de problèmes ? Mais le perfectionnisme empêche et désinhibe la prise de risque ce qui peut rendre les filles plus prudentes que les garçons à qui nous laissons plus la possibilité d’affûter cette prise de risque développant ainsi une plus grande confiance en eux.

Comme le dit justement Carol Dweck, professeur de psychologie sociale à l’Université Stanford : « Si la vie était à l’image d’une salle de classe, les femmes seraient les dirigeantes incontestées de ce monde.» Or le monde de l’entreprise récompense les personnes qui prennent des risques et rebondissent ce qui manquent malheureusement aux femmes plus tard dans leur vie professionnelle. C’est pourquoi, améliorer les processus de recrutement pour promouvoir la diversité dans les entreprises ne sera pas suffisant si les entreprises ne se soucient pas également de mettre en place un accompagnement en termes de leadership auprès des femmes, pour les aider à prendre conscience de leurs talents et dépasser leurs croyances afin de « briser ce plafond de verre » parfois illusoire…

« Les femmes ne sont pas des victimes, elles agissent sur le changement et conduisent le progrès mais elles ont besoin que nous leur donnions juste une chance de le prouver… »

Hanane Carmoun

Fondatrice Brain Me Up Consulting – Cabinet de conseil et formation en Management & Performance

Fondatrice du Cercle pheWomenal® – Coaching en Leadership Féminin

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Hanane Carmoun

Les relations humaines, l’intelligence collaborative et la recherche d’une performance durable ont été les trois piliers qui m’ont guidée tout au long de mes dix-sept années de progression dans le secteur de la Finance, dans les différentes fonctions de direction commerciale et marketing que j’ai occupées.

 

Ces qualités ont été essentielles pour moi dans la réussite des différentes missions qui m’ont été confiées par les structures entrepreneuriales comme par les grands groupes internationaux qui m’ont fait confiance. Forte de cette passion pour l’humain et de cette bonne connaissance des organisations et des enjeux du métier, j’ai décidé de donner un nouvel élan à mes aspirations profondes en accompagnant les sociétés financières à relever les nouveaux défis managériaux de notre temps sur des sujets majeurs tels que : Le leadership, l’intelligence adaptative, Les softskills ou la motivation et la cohésion des équipes…

 

En effet, dans un monde en pleine mutation où le rythme de la transformation s’accélère, face à l’incertitude due à la crise sanitaire actuelle et aux nouvelles attentes des jeunes générations en terme de sens, la capacité à s’adapter en milieu professionnel n’a jamais été autant d’actualité.

 

Tout l’enjeu pour les entreprises sera d’accompagner ses managers dans cette époque où les anciennes postures doivent être adaptées au contexte actuel et aux perspectives de demain.

 

J’intègre à ma démarche de formation et de coaching les derniers apports de l’Approche Neurocognitive et Comportementale (ANC) pour une meilleure compréhension de nos motivations et mécanismes de prise de décisions. L’ANC se base sur plus de 30 ans de recherches en neurosciences et d’expertise terrain au service de la performance en entreprise.

 

Hanane totalise plus de 17 ans d’expérience professionnelle dans le secteur de la finance et du développement commercial auprès d’une clientèle institutionnelle et de la distribution.

 

Après avoir débutée en 2001 sa carrière au sein des équipes commerciales de JP Morgan Asset Management au Luxembourg, elle rejoint en 2008 BNP Paribas Securities Services pour prendre en charge le développement commercial de la clientèle institutionnelle.

 

En 2016, elle prend la responsabilité commerciale et marketing de la société de gestion Sanso IS. Elle participe à la réalisation de la fusion des entités Amaîka AM, Cedrus AM et 360Hixance AM qui ont donné naissance en 2017 à la société de gestion Sanso IS, spécialisée dans l’Investissement Socialement Responsable.

 

Hanane Carmoun a rejoint Raymond James Asset Management International en septembre 2018, en tant que Directrice du Développement Commercial et Marketing pour construire et déployer la stratégie de vente et de communication de l’expertise gestion d’actifs du groupe Raymond James en Europe.

 

Hanane est diplômée d’un Master en management et gestion des entreprises de l’Université Nanterre Paris X.

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