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Les Français sont-ils prêts à investir dans la production cinématographique et audiovisuelle française ? Basma CHAIB, Balkis Patrimoine

2
Jun
2022

Le cinéma est l’un des loisirs préférés des Français. En 2020, les dépenses culturelles et de loisirs des ménages pèsent plus de 10 milliards d’euros selon l’INSEE. Le secteur a été fortement ralenti par la crise sanitaire mais les salles de cinéma ont su prendre leur revanche avec 96 millions d’entrées en 2021.

Pour soutenir la création cinématographique et audiovisuelle française, les Français ont la possibilité depuis 1985 d’investir dans des parts de société de financement de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuelle que l’on appelle Sofica.

En 2020, les Sofica ont permis de soutenir 169 œuvres : 138 œuvres cinématographiques (122 fictions, 4 films d’animation et 12 documentaires) et 31 œuvres audiovisuelles (12 fictions, 14 œuvres d’animation et 5 documentaires) pour un montant total de 57 millions d’euros.

Pour attirer les Français vers ce support, l’État propose une réduction d’impôt alléchante au taux de 30 %, 36 % ou 48 % (sous certaines conditions) sur le montant investi dans la limite de 25% du revenu net global et de 18.000 euros par an.

Autres dispositifs importants de défiscalisation, le Fonds Commun de Placement dans l’Innovation (FCPI) ou encore le Fonds d’Investissement de Proximité (FIP) en vue de soutenir les PME et ETI françaises. Ces deux supports, tout aussi risqués que les Sofica, bénéficent d’une réduction d’impôt à hauteur de 25 % du montant investi dans la limite de 12.000 euros pour une personne seule et de 24.000 euros pour un couple marié.

Les réductions d’impôt Sofica, FCPI ou FIP sont inclus dans le plafonnement global des niches fiscales à 10.000 euros (emploi d’un salarié à domicile, garde d’enfants, investissement locatif Pinel, investissement forestier).

Investir dans une Sofica s’avère un placement risqué principalement du fait de l’incertitude du succès rencontré par les œuvres financées. La perte totale du capital est assurée si le public n’est pas réactif aux diffusions. Selon un spécialiste, le risque porte tant sur la distribution que sur la production des œuvres. Il faut savoir que durant la période d’immobilisations des fonds, les investisseurs perçoivent très peu d’intérêts, voire de rendements. Ainsi, le retour sur investissement peut être faible et limité. Certains spécialistes estiment une espérance de rendement de 2 % par an, avantage fiscal inclus. Par ailleurs, l’absence de marché secondaire rend cet investissement illiquide. Les performances des FCPI et FPI sont très aléatoires pouvant aller d’une perte de 21,80% (avantage fiscal inclus) à un gain de 55,08 %.

Les Sofica doivent disposer de deux agréments, un de Bercy et un du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Chaque année, il en ressort une liste réduite, 12 en 2022, pour laquelle les français peuvent investir pour bénéficier d’une réduction fiscale. Cette dernière est publiée sur le site du CNC. Les oeuvres de sociétés de gestion spécialisées telles que Cinémage 17 et Sofitvcine 10 y figurent régulièrement. En 2021, l’enveloppe totale agréée a connu une augmentation de 16% pour s’établir à 73 millions d’euros.

Les distributeurs de Sofica sont majoritairement des banques privées qui réservent ces produits à un nombre limité de clients mais il est possible d’investir via des réseaux de conseillers en gestion de patrimoine ou des sites spécialisés. Union Financière de France (UFF) reste aujourd’hui le premier distributeur de Sofica en France.

Avec un ticket d’entrée de 5.000 euros, les parts souscrites dans une Sofica doivent être bloquées pendant au moins cinq ans tout comme les FCPI ou FIP. Les frais d’entrée et de sortie sont inexistants, quant aux frais de gestion, ils avoisinent les 1,70% en moyenne. La revente des parts interviendra à la liquidation de la société. Selon Morningstar, les frais d’entrée maximum des véhicules FCPI, FIP sont en moyenne de 4,68% et les frais de gestion maximum annuels s’élèvent en moyenne à 3,57%.

L’investissement dans les Sofica, FCPI ou FIP n’échappe pas à la règle de la diversification en termes de durée et d’émetteurs en vue d’une optimisation. Supports plébiscités et fortement risqués, il convient d’être vigilent sur la quote-part alloué qui ne doit pas dépasser 10% du patrimoine financier.

 

 

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