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Pourquoi investir dans le Private Equity ? Par Thomas d’Hauteville (La Financière d’Hauteville)

Si comme moi, vous avez investi dans la société d’un ami qui était à la recherche de fonds propres pour son activité alors vous avez – peut être sans le savoir- fait du private equity. Le private equity (capital investissement) est à opposer aux actions cotées en bourse. Quand on investit en private equity, on investit sur des sociétés qui ne sont pas cotées et qui évoluent donc dans un univers distinct de l’univers boursier.

Il est possible d’investir en direct dans une société (celle d’un ami par exemple) ou alors via des fonds qui sélectionneront eux-mêmes les sociétés dans lesquelles investir ou encore dans des fonds de fonds. Dans le premier cas, c’est vous qui portez la responsabilité du choix de la société et dans le second cas, cette responsabilité revient à un professionnel du private equity. De la même façon qu’en bourse, vous pouvez décider seul d’acheter une action Total ou alors vous pouvez investir via les fameux fonds communs de placement ou autres OPCVM. Le niveau de risque n’est généralement pas le même et le niveau de diversification est généralement plus important via un fonds qu’en direct.

Le monde du private equity est un monde particulier car il a longtemps été réservé aux investisseurs institutionnels (organismes effectuant des placements, en valeurs mobilières ou en private equity, pour son compte ou pour le compte de tiers à une grande échelle). En effet, les tickets d’entrée peuvent atteindre plusieurs millions d’euros ce qui de facto exclue la très grande majorité des investisseurs particuliers. Depuis quelques mois, de nombreux acteurs du private equity ont commencé à ouvrir leurs fonds aux clients particuliers soit via des fonds de fonds soit via des nouvelles parts de souscription avec des minimums d’investissements revus à la baisse. Certains fonds sont accessibles dès 5.000€ et on retrouve quelques grands acteurs avec des tickets d’entrée de 100.000€. Des tickets encore importants mais qui n’ont rien à voir avec les pratiques passées. En France, le private equity représente 1% du patrimoine des ménages contre près de 15% aux USA. Il y a donc un fort potentiel de développement pour cette classe d’actifs en France.

Ce mouvement de démocratisation s’accompagne aussi d’une ouverture progressive des contrats d’assurance vie au private equity grâce notamment à la loi Pacte qui a assoupli les règles de détention de cette classe d’actifs. Longtemps absent de l’enveloppe fiscale préférée des français, le private equity commence peu à peu à trouver sa place au sein des contrats des compagnies d’assurance vie.

Pourquoi le private equity attire-t-il autant les investisseurs ?

L’objectif de chaque investisseur est évidemment de faire fructifier son capital sur le long terme. Et il est vrai que les résultats du Private Equity sont exceptionnels sur longue période avec des performances moyennes annualisées supérieures à 10% en France entre 2006 et 2020 par exemple. Comme pour tout type d’investissements, vous trouverez des fonds qui feront mieux que cette moyenne historique et d’autres qui feront nettement moins bien d’où l’importance d’être bien accompagné au moment de choisir le fonds dans lequel vous souhaitez investir.

Comme évoqué précédemment, nous ne sommes pas dans l’univers des sociétés cotées. De ce fait, il n’y a pas de valeur liquidative quotidienne comme pour une action du CAC 40. Le rapport à la volatilité et aux variations brutales de prix est donc totalement différent. En effet, la valeur liquidative d’un fonds de private equity est communiquée généralement semestriellement ou annuellement limitant ainsi le stress induit par les fortes périodes de volatilité.

En investissant dans un fonds de Private Equity, l’investisseur a aussi un sentiment de proximité plus important vis-à-vis des entreprises du fonds qu’en investissant sur des titres cotés. Généralement, les entreprises approchées par les fonds de Private Equity sont de tailles inférieures aux sociétés cotées et l’aspect entrepreneurial bien plus présent. La recherche de sens et de proximité des investisseurs particuliers sont donc comblées par ce type d’investissements.

Enfin 2 éléments renforcent l’attrait du private equity. En fonction du statut juridique du fonds, il est possible d’être exonéré d’impôt sur la plus-value au-delà de 5 ans de détention. En revanche, il n’y a pas d’exonération de prélèvements sociaux. Le deuxième élément est que le private equity est un formidable outil de diversification et de décorrélation de son patrimoine avec les autres classes d’actifs dites traditionnelles.

Quels sont les risques inhérents au private equity ?

Les fonds communs de placements ont des stratégies de gestion différentes, des styles différents. C’est le même principe pour les fonds de private equity. Les fonds n’interviennent pas, n’investissent pas tous au même moment dans la vie des sociétés. Ainsi plus, un fonds investit tôt au démarrage d’une société, plus le niveau de performance espéré sera élevé mais aussi le niveau de risque. A contrario, en investissant dans des sociétés plus matures, qui existent depuis plus longtemps, le niveau de risque et l’espoir de gains seront généralement inférieurs. Il faudra donc choisir son/ses fonds de private equity en fonction de son profil de risque et de sa sensibilité au risque. Voici les principaux stades d’investissement des fonds de private equity : le venture capital (amorçage), le growth equity (croissance), le LBO (maturité) et le distressed turnaround (déclin).

Le private equity est un investissement de long terme qui n’est pas liquide. Vous êtes engagé en général sur une durée moyenne comprise entre 5 et 10 ans. Il faut donc considérer la partie de votre patrimoine investie dans le private equity comme indisponible jusqu’au débouclage du fonds.

Il existe d’autres risques liés au private equity comme l’absence de garantie de protection de capital ou encore le risque discrétionnaire lié aux prises de participations dans les différentes sociétés.

En conclusion, dans un contexte général très favorable au private equity, cette classe d’actifs devrait continuer sa montée en puissance auprès des investisseurs particuliers et prendre une place croissante dans le patrimoine des français.

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Thomas d'Hauteville

La Financière d’Hauteville a été fondée en 2019 par Thomas d’Hauteville. Diplômé de l EM Lyon, il débute sa carrière professionnelle dans la gestion d’actifs en tant que responsable de la distribution auprès des conseillers en gestion de patrimoine indépendants chez DNCA Finance. Pendant 6 ans, il participe activement au développement et à la croissance de la société. En 2012, il décide de rejoindre M&G Investments, acteur majeur de la gestion d’actifs en Europe. Il travaillera près de 7 ans en tant que responsable de la distribution auprès d’une clientèle de conseillers indépendants, de banquiers privés et d’institutionnels en France et à Luxembourg.

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