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Diversification, défiscalisation, les placements GFF ont-ils leur place dans le patrimoine ? Basma CHAIB, Présidente de Balkis Patrimoine

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10
Dec
2021
Diversification, défiscalisation, les placements GFF ont-ils leur place dans le patrimoine ? Basma CHAIB, Présidente de Balkis Patrimoine

Le mois de décembre est souvent marqué en France par la dernière chance d’investir dans des supports pour défiscaliser. C’est aussi la période où les français font le point sur leurs finances, ils commencent à avoir une vision claire et certaine des impôts à payer l’année suivante.

Selon l’Institut National de l’Information Géographique et Forestière, la forêt couvre actuellement 16,9 millions d’hectares soit 31% du territoire en France métropolitaine. 75% de la forêt française métropolitaine appartiennent à des propriétaires privés. La France est le 3e stock européen de bois sur pied, principalement des feuillus, avec un volume de 2,8 milliards de m3 soit une croissance de 49% entre 1985 et aujourd’hui.

Malgré le dynamisme du marché forestier et le besoin perpétuel en bois, les placements GFF restent encore méconnus du Grand Public.

Un Groupement Foncier Forestier (ou GFF) est une société civile à vocation forestière. Sa principale activité repose sur la gestion, l’exploitation et la conservation de massifs forestiers. Il est possible d’investir soit en participant directement à la création d’un nouveau groupement forestier ou soit en achetant des parts détenues par des associés du groupe. Ce qui fait de lui un support accessible avec un ticket d’entrée de 1 000 euros pour des forêts européennes et 30 000 euros pour des forêts françaises. Considéré comme un investissement de développement durable, il contribue au développement des exploitations forestières en France.

Ses atouts économiques (production de bois), écologiques (captation de CO2, biodiversité) et sociétaux (emplois) font de lui très naturellement un placement éco responsable. Selon une enquête IFOP pour UFF, 74% des Français interrogés reconnaissent l’importance de donner un sens à leur épargne. C’est un placement qui répond parfaitement à cette nouvelle quête de sens des français.

Selon la Société forestière et la Fédération nationale des Safer (sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural), la valeur du marché forestier a atteint un niveau record à 1,68 milliard d’euros (+4,9%) avec 20 280 biens vendus (+6,3%) en 2019.

Pour marquer cet engagement de gestion durable et responsable, certaines sociétés de gestion, comme France Valley, premier investisseur forestier privé reconnu en France, n’hésitent pas à se faire labelliser. Actif tangible, réel, ce placement fait partis des rares actifs qui sont décorrélés des marchés financiers, il s’agit donc d’une valeur refuge. Le rentabilité des forêts dépend du prix du bois en fonction de l’offre et la demande, et son rendement brut varie entre 1 et 3%.

Ce support atypique présente des risques naturels (tempêtes, incendies, risque phyto-sanitaires, réchauffement climatique) et des risques financiers. Certains risques naturels peuvent être couverts par des assurances. Quant aux principaux risques financiers, ils résident dans la liquidité des parts, qui n’est pas garantie, et dans la perte en capital, comme tout investissement.

De nombreux investisseurs institutionnels s’intéressent davantage à ce support car il permet d’améliorer leur bilan carbone.

La durée de détention recommandée est de 10 à 15 ans minimum pour profiter de sa croissance biologique, il s’agit donc d’un placement long terme.

Les droits d’entrée maximum sont de l’ordre de 5%. Quant aux frais de souscription, ils sont de 10% en moyenne, ils permettent de couvrir les frais juridiques, fiscaux et financiers de constitution de la SA.

En vue de soutenir le secteur, de fortes incitations fiscales ont été mises en place par l’État. Investir dans des parts de groupements fonciers forestiers permet aux contribuables de profiter d’une réduction d’impôts à hauteur de 18% ou 25% des versements selon les cas, (plafond d’investissement de 50 000 euros pour un célibataire et 100 000 euros pour un couple). Seule condition, conserver les parts pendant huit ans. Ce placement bénéficie également d’une exonération d’IFI à hauteur de 100%. A contrario, acheter une forêt en direct n’offre pas d’avantage fiscal à l’entrée.

Sur le plan successoral ou dans le cas d’une donation, une réduction de 75% des droits fiscaux sans plafonnement peut être attribuée sous certaines conditions. Cet abattement est applicable uniquement sur la valeur des forêts françaises détenues par le groupement forestier. De plus, il doit s’engager à exploiter les forêts de manière durable pour une période de 30 ans.

Rendement faible, fiscalité intéressante, le placement forestier est un placement d’avenir mais ne doit pas représenter plus de 5 à 10% du patrimoine.

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