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Croissance en France : le PIB recule de 0,1 % et les prévisions 2026 vont être abaissées

Économie
taux de croissance économique France 2024 à 2026

Le PIB français recule de 0,1 % au T1 2026, la Banque de France abaisse ses prévisions de croissance pour 2026

La Banque de France s'apprête à revoir à la baisse ses perspectives économiques pour 2026. Son gouverneur, François Villeroy de Galhau, a confirmé le 1er juin que les nouvelles prévisions de croissance qui seront publiées à la mi-juin seront inférieures à celles présentées en mars. Cette révision intervient après la publication des derniers chiffres de l'Insee, qui font état d'un recul du produit intérieur brut (PIB) de 0,1 % au premier trimestre.

taux de croissance PIB France 2024 à 2026

Une prévision de croissance remise en cause par le début d'année

François Villeroy de Galhau a indiqué que la Banque de France publierait plusieurs scénarios économiques afin de tenir compte des nombreuses incertitudes qui pèsent actuellement sur l'économie mondiale. « La Banque de France publiera, comme nous l'avions fait au mois de mars, plusieurs scénarios différents. Parce qu'il faut bien dire qu'il reste beaucoup d'incertitudes sur la durée du conflit au Moyen-Orient, sur ce qui va se passer sur le prix du pétrole », a-t-il déclaré.En début d'année, l'institution tablait sur une croissance de 0,9 % pour 2026. Plus récemment, François Villeroy de Galhau estimait que l'évolution du PIB pourrait finalement se situer dans une fourchette comprise entre 0,3 % et 0,9 % selon les scénarios retenus.

« Les prévisions de croissance 2026 seront, compte tenu de cette mauvaise surprise du premier trimestre, révisées en baisse par rapport à celle que nous avions publiée en mars », a ajouté le gouverneur.

Le PIB français recule de 0,1 % au premier trimestre

Selon les données publiées par l'Insee, l'économie française a reculé de 0,1 % au premier trimestre 2026 après une progression de 0,2 % au quatrième trimestre 2025.

La demande intérieure a contribué négativement à l'activité. La consommation des ménages, qui représente plus de la moitié du PIB, a diminué de 0,2 % après une hausse de 0,3 % au trimestre précédent. Les dépenses en énergie ont chuté de 2,4 %, tandis que les dépenses alimentaires ont reculé de 0,6 %. Les services continuent néanmoins d'afficher une progression modérée de 0,2 %.

L'investissement s'est également détérioré. La formation brute de capital fixe recule de 0,6 % après une légère progression de 0,2 % fin 2025. Le secteur de la construction reste particulièrement fragilisé avec une baisse de 1,7 % des investissements. Les investissements des ménages diminuent quant à eux de 1,5 %, confirmant la persistance des difficultés du marché immobilier.

Le commerce extérieur pénalise fortement la croissance

Après avoir soutenu l'activité en 2025, le commerce extérieur constitue l'un des principaux facteurs de faiblesse en ce début d'année.

Les exportations françaises reculent de 3,5 % après une hausse de 0,9 % au trimestre précédent. Cette baisse est largement imputable au secteur aéronautique. Les importations diminuent également de 0,9 %, mais dans une moindre mesure.

Au total, la contribution du commerce extérieur à la croissance ressort négative à hauteur de 0,9 point de PIB.

Cette dégradation est toutefois compensée en partie par une reconstitution des stocks. Après deux trimestres de déstockage, les variations de stocks apportent une contribution positive de 1 point de PIB contre une contribution négative de 0,7 point au trimestre précédent.

Une activité contrastée selon les secteurs

Du côté de l'offre, la production totale progresse légèrement de 0,1 %.

L'industrie manufacturière affiche une certaine résistance avec une hausse de sa production de 0,6 %. À l'inverse, la construction poursuit son recul avec une baisse de 1,3 %. Les services marchands ralentissent à +0,1 %, tandis que les services non marchands progressent de 0,4 %.

La situation des ménages apparaît également contrastée. Le revenu disponible brut augmente de 0,6 %, porté par la progression des prestations sociales et de la masse salariale. Toutefois, cette hausse est absorbée par l'accélération des prix à la consommation. Le pouvoir d'achat global stagne et recule de 0,1 % lorsqu'il est rapporté à l'unité de consommation.

Dans ce contexte, les ménages continuent de privilégier l'épargne. Le taux d'épargne atteint 17,9 % du revenu disponible brut contre 17,7 % au trimestre précédent. Le taux d'épargne financière progresse également à 9 %, un niveau record.

Les entreprises et les finances publiques sous pression

Les entreprises voient leur situation financière se dégrader sous l'effet de la remontée des coûts énergétiques. Le taux de marge des sociétés non financières recule de 32,5 % à 31,7 % de leur valeur ajoutée. Malgré cette baisse, il demeure supérieur à son niveau moyen observé avant la crise sanitaire.

L'investissement des entreprises résiste davantage. Le taux d'investissement des sociétés non financières reste stable à 22,7 % de leur valeur ajoutée. Leur taux d'autofinancement progresse de 85,3 % à 87,7 %.

Les finances publiques connaissent en revanche une nouvelle dégradation. Le déficit des administrations publiques passe de 4,3 % du PIB au quatrième trimestre 2025 à 5,1 % du PIB au premier trimestre 2026.

Un acquis de croissance limité pour 2026

À l'issue du premier trimestre, l'acquis de croissance pour l'année 2026 ne s'élève qu'à 0,4 %, alors que l'économie française avait progressé de 0,9 % sur l'ensemble de l'année 2025.

La faiblesse de la demande intérieure, le recul des exportations, les difficultés persistantes du secteur immobilier, le maintien d'un niveau d'épargne élevé et les incertitudes liées au conflit au Moyen-Orient compliquent la trajectoire de croissance française.

François Villeroy de Galhau quitte par ailleurs ses fonctions de gouverneur de la Banque de France ce 1er juin. Il sera remplacé par Emmanuel Moulin, ancien secrétaire général de l'Élysée.

Sources : Reuters via Boursorama, Le Figaro, Cercle de l'Épargne.

La croissance française atteint 0,9 % en 2025 malgré un ralentissement en fin d’année

La croissance économique française a atteint 0,9 % en 2025, selon la première estimation publiée par l’Insee dans le cadre des comptes nationaux trimestriels. Un résultat supérieur aux prévisions initiales du gouvernement, qui tablaient sur une progression de 0,7 %, malgré un net ralentissement de l’activité au quatrième trimestre.

Sur les trois derniers mois de l’année, le produit intérieur brut progresse de 0,2 %, après une hausse de 0,5 % au troisième trimestre. Ce ralentissement marque une inflexion de la dynamique observée au cours de l’année, sans toutefois remettre en cause la trajectoire annuelle.

Un soutien de la demande intérieure malgré un investissement en retrait au T4 2025

Au quatrième trimestre, la demande intérieure finale hors stocks ralentit légèrement, mais continue de soutenir la croissance. La formation brute de capital fixe progresse de 0,2 %, après +0,7 % au trimestre précédent, traduisant un net ralentissement de l’investissement. À l’inverse, la consommation des ménages accélère modérément, avec une hausse de 0,3 % après +0,1 %.

Au total, la demande intérieure finale contribue positivement à la croissance du PIB à hauteur de +0,3 point au quatrième trimestre, contre +0,4 point au trimestre précédent.

Sur l’ensemble de l’année 2025, la demande intérieure finale hors stocks contribue à hauteur de +0,7 point à la croissance, portée par la consommation des ménages et des administrations publiques. L’investissement, après une contribution négative en 2024, se stabilise globalement, avec une progression annuelle de 0,2 %.

Un commerce extérieur favorable en fin d’année mais négatif sur l’ensemble de 2025

Le commerce extérieur apporte de nouveau un soutien marqué à la croissance au quatrième trimestre, avec une contribution de +0,9 point après +0,5 point au trimestre précédent. Cette amélioration résulte d’un net repli des importations, en baisse de 1,7 %, tandis que les exportations ralentissent fortement à +0,9 % après +3,2 %.

Sur l’ensemble de l’année, la situation est inverse. Après deux années de contribution positive, le commerce extérieur pèse sur la croissance en 2025, avec une contribution négative de -0,5 point. Les exportations progressent de 1,4 %, en ralentissement par rapport à 2024, tandis que les importations rebondissent de 2,9 %.

Des variations de stocks fortement pénalisantes en fin d’année

La contribution des variations de stocks est fortement négative au quatrième trimestre, à hauteur de -1,0 point après -0,4 point au troisième trimestre. Ce déstockage concerne notamment les produits aéronautiques et navals, ainsi que les produits pétroliers raffinés, dans un contexte de livraisons importantes en fin d’année.

Une production globale en perte de vitesse au T4 2025

La production totale de biens et services marque nettement le pas en fin d’année, avec une progression limitée à 0,1 % au quatrième trimestre après +0,8 % au trimestre précédent. Les services marchands ralentissent, pénalisés notamment par les transports et les services d’information-communication.

La production industrielle se replie légèrement, avec une baisse de 0,2 %, tirée par un recul marqué dans l’automobile, où plusieurs usines ont été à l’arrêt à l’automne. À l’inverse, sur l’ensemble de 2025, la production des biens se redresse légèrement, notamment dans l’industrie manufacturière, après une année 2024 en retrait.

Une consommation des ménages en progression modérée

La consommation des ménages accélère légèrement au quatrième trimestre, avec une hausse de 0,3 %. Les dépenses en biens fabriqués progressent de 0,5 %, portées par un rebond de l’habillement-textile et des produits pétroliers raffinés. En revanche, la consommation alimentaire reste stable.

Sur l’ensemble de l’année, la consommation des ménages ralentit toutefois par rapport à 2024, avec une progression de 0,4 % après +1,0 %, dans un contexte marqué par un niveau d’épargne élevé, proche de 19 % du revenu disponible.

Des perspectives 2026 accueillies favorablement par le gouvernement

Ces chiffres ont été salués par le ministre de l’Économie, Roland Lescure, qui a évoqué « une croissance robuste » et un « bon départ pour 2026 ». Selon lui, les entreprises ont été au rendez-vous en 2025, notamment en matière d’exportations et d’investissement.

L’Insee anticipe une progression du PIB de 0,3 point sur chacun des deux premiers trimestres de 2026. Pour autant, les fragilités budgétaires demeurent. La trajectoire de réduction du déficit public reste incertaine, celui-ci devant rester au-dessus de 5 % du PIB selon plusieurs estimations, malgré l’adoption attendue du budget 2026.

Sources : Insee, Capital

D'autres actualités économiques en France

Retour sur la croissance au T3 2025

L’Insee a annoncé ce jeudi 30 octobre 2025 que le produit intérieur brut (PIB) français avait progressé de 0,5 % au troisième trimestre, après +0,3 % au trimestre précédent. Ce rythme, parmi les plus élevés enregistrés ces dernières années, dépasse largement les prévisions initiales et surprend par son ampleur.

Ce niveau de croissance n’avait plus été observé depuis 2023. L’économie française, marquée depuis plusieurs trimestres par un climat politique tendu, a pourtant résisté aux incertitudes liées à la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024 et à la chute du gouvernement en septembre 2025.

Malgré ce contexte, le ministre de l’Économie Roland Lescure a salué une « performance remarquable » et une croissance solide « malgré les soubresauts politiques et les incertitudes internationales ».

Un rebond soutenu par l’investissement des entreprises

Le dynamisme du troisième trimestre s’explique en partie par le rebond de l’investissement, notamment celui des entreprises. Leurs dépenses d’équipement ont augmenté de 0,9 %, un niveau inédit depuis plus de deux ans.
Ce regain d’investissement s’inscrit dans un contexte où les entreprises ont bénéficié d’un relâchement des contraintes d’offre héritées de la pandémie, permettant d’accroître la production industrielle et la productivité globale.

Cette tendance pourrait cependant être fragilisée à moyen terme par les incertitudes fiscales et réglementaires, ainsi que par la prudence budgétaire observée au sein du gouvernement dans la préparation du budget 2026.

Des exportations en forte hausse, moteur principal du PIB

Les exportations françaises ont enregistré une progression de 2,2 % au troisième trimestre, leur plus forte hausse depuis deux ans. Cette dynamique a été portée par la vigueur des secteurs aéronautique, pharmaceutique et de l’armement, contribuant à une augmentation de 0,9 % du commerce extérieur sur la période.

Dans le détail, les livraisons de matériels de transport, notamment d’avions, ont tiré la croissance vers le haut, tandis que les importations ont légèrement reculé de 0,4 %, renforçant mécaniquement la contribution du commerce extérieur à la croissance.
Selon l’Insee, cette performance résulte du rétablissement des chaînes d’approvisionnement et de la fin progressive des pénuries de composants et de main-d’œuvre qui limitaient encore la production industrielle au début de l’année.

Une consommation des ménages toujours en retrait

Si les exportations et l’investissement ont porté la croissance, la consommation des ménages reste modeste. Elle n’a progressé que de 0,1 % au troisième trimestre, au même rythme que le trimestre précédent.
Le moral des Français demeure affecté par l’inflation passée, l’incertitude politique et les débats budgétaires sur la taxation des hauts revenus. La demande intérieure, pilier traditionnel de la croissance française, peine ainsi à retrouver sa dynamique d’avant-crise.

La baisse de la consommation alimentaire a été compensée par un léger rebond de la consommation d’énergie, mais l’ensemble traduit une prudence persistante des ménages, freinés par un pouvoir d’achat sous pression.

Une performance qui pourrait être difficile à prolonger

À moins d’un retournement brutal au quatrième trimestre, la France devrait atteindre une croissance annuelle proche de 0,8 %, légèrement supérieure aux 0,7 % initialement prévus par le gouvernement.
Cependant, plusieurs économistes jugent cette embellie fragile. Les tensions politiques internes, la remontée du chômage en Europe et le ralentissement du commerce mondial pourraient freiner la dynamique à l’approche de 2026.

L’adoption rapide d’un budget 2026 cohérent et stabilisateur sera déterminante pour maintenir la confiance des entreprises et des ménages. Sans cela, le rebond observé à la fin de l’été 2025 pourrait n’être qu’une parenthèse dans un cycle économique toujours incertain.

Sources : Ouest-France, Le Monde, Le Figaro

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