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Christian Bito

Pétrole et gaz, les prix reculent avec l’espoir de paix

Économie

Des prix du pétrole tirés vers le bas par l’espoir d’un accord de paix

Les prix du pétrole ont fléchi mardi, les inquiétudes liées à une offre excédant la demande en 2026 l’emportant sur les craintes persistantes concernant les exportations russes toujours soumises aux sanctions. Le Brent a perdu 0,5 % à 63,04 dollars le baril et le West Texas Intermediate a reculé au même rythme pour s’établir à 58,56 dollars. La veille, les deux références avaient progressé, portées par l’absence de perspective concrète de résolution du conflit entre la Russie et l’Ukraine. Les traders avaient alors limité leurs anticipations d’un retour sans entrave du pétrole russe sur les marchés mondiaux.

Même si les expéditions russes restent un sujet d’inquiétude, les prévisions globales pour l’an prochain tablent sur une croissance de l’offre supérieure à celle de la demande. Les experts jugent que les niveaux actuels restent vulnérables dans un contexte de surabondance. Les sanctions visant Rosneft et Lukoil, ainsi que les interdictions de vendre en Europe des produits raffinés issus de brut russe, poussent certains raffineurs indiens à réduire leurs achats. Face à des débouchés plus restreints, la Russie cherche à accroître ses exportations vers la Chine.

L’équilibre offre-demande fragilisé par les anticipations d’excédent en 2026

Les inquiétudes des marchés restent surtout concentrées sur la perspective d’un déséquilibre accru entre l’offre et la demande l’an prochain. Deutsche Bank anticipe un excédent d’au moins deux millions de barils par jour en 2026, sans perspective claire de retour à un déficit même à l’horizon 2027. L’absence de résolution du conflit russo-ukrainien continue d’influencer les cours, car un accord pourrait entraîner la levée des sanctions, libérant des volumes actuellement restreints.

Les prix bénéficient toutefois d’un soutien lié aux anticipations de baisse des taux d’intérêt américains. Plusieurs membres de la Réserve fédérale se sont dits favorables à une telle mesure lors de la réunion des 9 et 10 décembre. Des taux plus bas pourraient soutenir la croissance économique et renforcer la demande mondiale de brut. Le marché pétrolier se retrouve ainsi dans un bras de fer entre une surabondance dictée par la prudence et l’espoir d’une amélioration de la demande portée par une politique monétaire plus souple.

Le rôle des négociations diplomatiques et l’impact des sanctions américaines

Les échanges asiatiques ont confirmé mardi une tendance à la baisse, en raison de la perspective d’un accord de paix négocié par les États-Unis entre la Russie et l’Ukraine. Bien que les pertes aient été limitées, les prix restent soumis aux incertitudes géopolitiques. Les États-Unis et l’Ukraine travaillent à un plan global visant à mettre fin au conflit, une démarche confirmée après les discussions tenues à Genève. Une version remaniée du projet américain, affirmant le respect de la souveraineté ukrainienne, a renforcé les attentes d’un tournant diplomatique.

Les sanctions américaines contre Rosneft et Lukoil, parmi les plus strictes imposées à ce jour, ont également nourri les mouvements baissiers. L’impact potentiel de ces restrictions demeure surveillé de près. Elles réduisent les voies d’exportation disponibles pour la Russie et compliquent l’approvisionnement de certains acheteurs. Les tensions au Moyen-Orient ont peu soutenu les prix, même si des violations du cessez-le-feu à Gaza ont été rapportées.

Le marché du gaz européen baisse à son tour sous l’effet des négociations

Les cours du gaz européen ont également reculé, tombant sous les 30 euros le mégawattheure pour la première fois depuis mai 2024. Le contrat TTF néerlandais a atteint 29,200 euros avant de se stabiliser légèrement au-dessus de ce seuil. Les négociations engagées entre les États-Unis, l’Ukraine et les pays européens ont nourri l’espoir d’un allègement des tensions sur l’approvisionnement. Parallèlement, la forte croissance des importations de gaz naturel liquéfié compense la baisse des volumes russes transitant par l’Ukraine, tandis que les prévisions météorologiques annoncent un net réchauffement susceptible de diminuer la demande.

Une baisse marquée depuis janvier et des effets économiques pour l’Europe

Le Brent est passé lundi sous les 62 dollars le baril, loin des 82 dollars observés en début d’année. Cette évolution reflète l’anticipation d’un retour massif du pétrole russe en cas d’accord de paix et l’entrée de l’Opep+ dans une stratégie d’augmentation de sa production. Pour les consommateurs, la baisse constitue un soulagement, notamment pour les automobilistes. Les entreprises françaises fortement consommatrices de carburant en bénéficient également. Une hausse de 20 % du prix du pétrole se traduirait par une baisse de 0,2 point du PIB français selon BSI Economics. Si le cours du Brent n’influence pas fortement les prix de l’électricité, il demeure déterminant pour les secteurs dont l’activité repose sur l’usage intensif de carburant.


Source : Lefigaro, Latribune, Zonebourse

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