Croissance de la France : le PIB stagne au T2 2026

L’économie française a stagné au deuxième trimestre 2026, après un recul de 0,2 % au trimestre précédent. À ce stade, l’acquis de croissance pour l’ensemble de l’année s’établit à 0,3 %.
Du côté des ménages, la situation se dégrade davantage. Leur pouvoir d’achat par unité de consommation recule de 0,6 %, après une baisse de 0,2 % au premier trimestre. Dans le même temps, le taux d’épargne diminue nettement, passant de 17,9 % à 17,2 % du revenu disponible brut.
Pour les entreprises, la situation reste en revanche stable. Le taux de marge des sociétés non financières se maintient à 31,5 % de leur valeur ajoutée, au même niveau qu’au premier trimestre.

En complément de lecture, publié le 30 juillet 2026 :
L'économie française retrouve une légère croissance au 2ème trimestre 2026. Selon la première estimation publiée par l'Insee, le PIB progresse de 0,2 % entre avril et juin, porté par le rebond des exportations et une reprise modérée de la consommation des ménages. Une performance conforme aux anticipations de la Banque de France, mais légèrement inférieure aux prévisions initiales de l'institut statistique.
Un rebond attendu, mais inférieur aux prévisions
Le produit intérieur brut français a progressé de 0,2 % au 2ème trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent, dans un contexte international très incertain. Elle reste en revanche inférieure à l'anticipation de 0,3 % que l'Insee avait établie après un recul de 0,1 % attendu au 1er trimestre.
Six trimestres en dents de scie
Après une contraction de 0,1 % au 4ème trimestre 2024, le PIB avait progressé de 0,2 % au 1er trimestre 2025, puis accéléré à 0,4 % au 2ème trimestre 2025 et jusqu'à 0,6 % au 3ème trimestre 2025. Le mouvement s'est ensuite retourné : +0,2 % au 4ème trimestre 2025, puis une stagnation complète à 0,0 % au 1er trimestre 2026. Le rebond de 0,2 % du 2ème trimestre ramène ainsi la croissance à son niveau de la fin 2025, sans retrouver le rythme observé un an plus tôt.
Consommation et exportations portent le trimestre
Le 2ᵉ trimestre a été tiré notamment par les exportations et par un léger rebond de la consommation des ménages. La demande intérieure finale hors stocks a contribué à hauteur de +0,1 point à l'évolution du PIB, après -0,2 point au 1er trimestre. La dépense de consommation des ménages a progressé de 0,2 %, après un recul de 0,3 % sur les 3 premiers mois de l'année, portée par les biens fabriqués et les services. Les ménages ont en revanche réduit leurs achats de produits alimentaires, et nettement diminué leur consommation de produits pétroliers raffinés et d'énergie. La consommation des administrations publiques a également progressé, de 0,4 % après 0,3 %.
Côté production, l'activité totale de biens et de services s'est redressée, en hausse de 0,3 % après un trimestre stable. La production de l'industrie manufacturière a en revanche nettement ralenti, à +0,1 % après +0,5 %, tandis que celle des services marchands hors construction a accéléré.
Un investissement toujours orienté à la baisse au premier semestre
Le 1er trimestre 2026 avait été marqué par un repli généralisé de la formation brute de capital fixe, de 0,4 %, après +0,3 % au trimestre précédent. Ce recul touchait l'ensemble des agents : -0,2 % pour les entreprises non financières, -0,7 % pour les ménages et -0,7 % pour les administrations publiques. Le commerce extérieur avait, lui, fortement pesé sur la croissance du 1er trimestre, avec une contribution de -0,7 point : les exportations s'étaient repliées de 3,8 % et les importations de 1,7 %. Ce point de départ dégradé donne au rebond du 2ᵉ trimestre un caractère de rattrapage partiel plutôt que d'accélération structurelle.
Les stocks, variable d'ajustement du trimestre
La contribution des variations de stocks à l'évolution du PIB s'est inversée entre les 2 trimestres : elle est devenue négative, à -0,6 point au 2ᵉ trimestre 2026, après avoir apporté +0,9 point de soutien au 1er trimestre. Ce basculement signifie qu'une partie de la croissance observée début 2026 provenait d'un gonflement des stocks, non de la demande finale, et qu'une partie du ralentissement affiché au 2ᵉ trimestre reflète au contraire un déstockage. Pour un lecteur professionnel du patrimoine, cette mécanique rappelle qu'un chiffre de croissance trimestriel isolé se lit toujours à la lumière de ses composantes : demande intérieure, commerce extérieur et stocks n'évoluent pas au même rythme, et leur combinaison peut masquer ou amplifier le signal macroéconomique sous-jacent.
Source : Insee
Lire aussi : Croissance mondiale : le FMI abaisse sa prévision à 3 % pour 2026
En complément de lecture, publié le 8 juillet 2026 :
Le gouvernement a une nouvelle fois revu à la baisse ses perspectives économiques pour 2026. À l'occasion d'un comité d'alerte des finances publiques réuni sous l'autorité du Premier ministre Sébastien Lecornu, le ministre de l'Économie Roland Lescure a annoncé que la croissance française est désormais attendue à 0,7 %, contre 0,9 % lors de la précédente prévision publiée en avril.
Cette révision intervient alors que l'exécutif tente de maintenir son objectif de réduction du déficit public à 5 % du PIB cette année. Mais le ralentissement de l'activité, conjugué à une dette publique toujours plus élevée et à un contexte international dégradé, complique encore davantage l'équation budgétaire.
Le gouvernement abaisse une nouvelle fois sa prévision de croissance
Il s'agit de la deuxième révision à la baisse de la prévision de croissance depuis le début de l'année.
Selon Roland Lescure, cette correction tient compte d'un début d'exercice moins favorable qu'anticipé, en partie lié à la loi spéciale ayant retardé l'adoption du budget, mais aussi aux conséquences du contexte géopolitique international, notamment du conflit au Moyen-Orient.
Le ministre a toutefois souligné que certains indicateurs demeurent plus favorables, en particulier l'évolution de l'inflation et de la consommation des ménages.
Cette nouvelle estimation de 0,7 % rejoint désormais celles de plusieurs institutions économiques. L'Insee, le Fonds monétaire international (FMI) et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) anticipent également une croissance de 0,7 % en 2026, tandis que la Banque de France retient une prévision plus prudente de 0,5 %.
Un ralentissement qui complique l'assainissement des finances publiques
Cette révision intervient dans un contexte budgétaire particulièrement tendu.
La France a enregistré en 2025 un déficit public de 5,1 % du PIB, l'un des plus élevés de la zone euro, derrière la Belgique. Dans le même temps, la dette publique a atteint 3.536,1 milliards d'euros à la fin du premier trimestre 2026, soit 117,5 % du PIB.
Le gouvernement maintient pour l'instant son objectif de ramener le déficit à 5 % du PIB en 2026. Mais une croissance plus faible réduit mécaniquement les recettes fiscales attendues et rend l'effort budgétaire plus difficile à réaliser.
La situation économique est également affectée par les répercussions du conflit au Moyen-Orient, qui ont pesé sur l'activité au cours des derniers mois.
Le comité d'alerte des finances publiques au cœur du pilotage budgétaire
La révision des prévisions économiques a été présentée lors du comité d'alerte des finances publiques.
Créée en 2025, cette instance associe le Parlement, les représentants des collectivités territoriales, de la Sécurité sociale, des partenaires sociaux ainsi que plusieurs membres du gouvernement afin d'améliorer le suivi de l'exécution budgétaire.
Autour du Premier ministre Sébastien Lecornu étaient notamment réunis les ministres de l'Économie Roland Lescure, des Comptes publics David Amiel, du Travail Jean-Pierre Farandou, de la Santé Stéphanie Rist et de l'Aménagement du territoire Françoise Gatel.
Cette réunion devait permettre au gouvernement d'actualiser ses hypothèses macroéconomiques et de préciser les orientations retenues pour les prochains mois.
De nouvelles économies budgétaires sont attendues
Le ralentissement économique renforce les interrogations sur la capacité du gouvernement à atteindre ses objectifs budgétaires.
En avril, l'exécutif avait déjà annoncé 6 milliards d'euros d'économies supplémentaires afin de compenser les effets du conflit au Moyen-Orient sur les finances publiques.
Ces mesures comprenaient notamment 4 milliards d'euros d'économies sur les dépenses de l'État et 2 milliards d'euros dans la sphère sociale.
Le gouvernement a ensuite précisé ces arbitrages avec 3,2 milliards d'euros de gels de crédits, 847 millions d'euros d'annulations de crédits ainsi que la décision de ne pas compenser la hausse du Smic du 1er juin par des allégements supplémentaires de cotisations pour les entreprises.
Le ministre chargé des Comptes publics, David Amiel, a toutefois indiqué à plusieurs reprises que ces premières mesures pourraient ne pas suffire et que de nouvelles économies seraient probablement nécessaires.
Les parlementaires appellent à un effort budgétaire plus important
Plusieurs responsables politiques estiment que les ajustements annoncés jusqu'à présent devront être renforcés.
Le rapporteur général du budget au Sénat, Jean-François Husson (Les Républicains), a qualifié la situation des finances publiques de particulièrement préoccupante, évoquant une dette devenue structurellement problématique.
Le rapporteur du budget à l'Assemblée nationale, Philippe Juvin (Les Républicains), estime également que la progression de la dette constitue désormais un risque majeur. Selon lui, le ralentissement de la croissance et l'évolution des prix impliqueraient un effort supplémentaire compris entre 10 et 12 milliards d'euros d'économies.
Quelques jours auparavant, le président du Sénat Gérard Larcher avait lui aussi estimé qu'environ 6 milliards d'euros d'économies supplémentaires devraient être trouvés.
Des indicateurs économiques contrastés
La révision de la croissance intervient alors que plusieurs indicateurs publiés au printemps ont confirmé le ralentissement de l'économie française.
Le produit intérieur brut (PIB) s'est contracté de 0,1 % au premier trimestre 2026, renforçant les inquiétudes sur la dynamique de l'activité.
Dans le même temps, l'inflation a évolué de manière plus contrastée. Après avoir atteint 2,4 % sur un an en mai, elle est redescendue à 1,8 % en juin, dans le sillage de l'accord conclu entre l'Iran et les États-Unis mettant fin aux hostilités.
Pour l'exécutif, l'amélioration récente de l'inflation constitue un signal encourageant, mais elle ne suffit pas à compenser les effets du ralentissement économique sur les finances publiques.
Le budget 2027 s'annonce déterminant
Au-delà des ajustements immédiats, le gouvernement prépare désormais les arbitrages qui accompagneront le projet de loi de finances pour 2027.
L'exécutif a indiqué que le comité d'alerte devait permettre de fixer un cap budgétaire en actualisant les prévisions de croissance, d'inflation et d'évolution des dépenses publiques.
Dans un contexte de croissance plus faible que prévu et de finances publiques sous tension, les prochaines décisions budgétaires seront déterminantes pour tenter de maîtriser le déficit et contenir la progression de la dette publique.
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