Faillites d’entreprises : 69 000 défaillances attendues en 2026

Économie
defaillances d'entreprises T3 2021 à 2025

69 000 défaillances d’entreprises attendues en 2026 selon BPCE

La menace d’une nouvelle vague de faillites plane sur l’économie française. Selon les projections dévoilées le 10 février par les économistes du groupe BPCE, le nombre de défaillances d’entreprises pourrait atteindre 69 000 procédures en 2026. Un chiffre supérieur au record déjà historique de 2025, établi à 68 500 faillites, et très proche des 68 650 recensées par l’Insee et la Banque de France l’an dernier.

Pour José Bardaji, directeur des études et de la prospective du groupe bancaire, plusieurs facteurs expliquent ce maintien à un niveau élevé : « La croissance va être mesurée en 2026, proche de son potentiel de 1 %. On arrive sur les derniers mois de remboursement de la dette Covid. Il reste énormément d’aléas liés aux incertitudes géopolitiques. Ce qui peut entraîner beaucoup de volatilité. »

Entre tensions géopolitiques, guerre commerciale, incertitudes budgétaires et marchés financiers instables, les signaux macroéconomiques demeurent fragiles. Julien Laugier, économiste à BPCE, souligne que « il n'y a plus d’explosion effrénée de défaillances mais le niveau demeure élevé ». La dynamique de rattrapage post-Covid semble désormais laisser place à une phase de normalisation sous contrainte.

Un impact direct sur l’emploi et le climat économique

Ce contexte intervient alors que le chômage poursuit sa progression. Les derniers chiffres de l’Insee indiquent un taux frôlant les 8 % de la population active en 2025. À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la question des faillites d’entreprises et de leurs conséquences sociales est scrutée de près par le ministère de l’Économie.

Une réunion s’est tenue le 10 février à Bercy autour du ministre des PME, Serge Papin, afin d’évaluer les leviers d’action face à cette situation. L’enjeu est double, limiter les défaillances et contenir leurs effets sur l’emploi, en particulier dans les territoires les plus exposés.

La Charte de confiance : une mobilisation générale pour inverser la courbe

Face à près de 70 000 défaillances enregistrées en 2025, Serge Papin a lancé une « mobilisation générale » et présenté une « Charte de confiance » visant à renforcer l’anticipation des difficultés des entreprises. « On veut inverser la courbe des défaillances », a-t-il affirmé.

Issue d’un tour de France du médiateur du crédit et du médiateur des entreprises, la charte repose sur une idée simple : agir dès le premier signal faible. Retard dans le dépôt des comptes, impayés bancaires, fiscaux ou sociaux doivent déclencher une prise de contact proactive avec le dirigeant afin de l’orienter vers les dispositifs d’accompagnement.

Pour Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises, « si l'entrepreneur ne va pas vers les outils, il faut que nous allions vers l'entrepreneur ». Hassiba Kaabêche, médiatrice nationale du crédit, insiste sur le message central : « aucune entreprise ne doit rester seule face aux difficultés ».

Les 35 signataires, organisations patronales, fédérations bancaires, assureurs-crédit, avocats, experts-comptables et commissaires aux comptes, s’engagent notamment à sensibiliser les dirigeants dès la création de leur entreprise à l’importance de l’anticipation. La « boîte à outils du dirigeant », accessible en ligne, recense les dispositifs de détection précoce et de soutien.

Les conseillers départementaux aux entreprises en difficulté, présents dans chaque direction départementale des Finances publiques, doivent devenir un point d’entrée universel. L’expérience de certaines entreprises sorties de redressement judiciaire souligne l’importance d’un accompagnement coordonné et précoce. Selon Jean-Luc Moya, médiateur du crédit dans le Var, lorsque les entreprises saisissent suffisamment tôt les tribunaux de commerce, « dans 70 % des cas on trouve une solution ». À l’inverse, en cas d’intervention tardive, « dans 70 % des cas c'est un redressement ou une liquidation judiciaire ».

Le gouvernement entend également soutenir une proposition de loi visant à déplafonner les amendes infligées aux entreprises mauvaises payeuses, aujourd’hui limitées à 2 millions d’euros. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a par ailleurs relevé une situation « très inégalitaire », les PME étant « de bien meilleurs payeurs » que les grandes entreprises.

Dans un environnement économique marqué par une croissance modérée, des tensions internationales persistantes et un accès au financement plus exigeant, 2026 s’annonce comme une année charnière pour le tissu entrepreneurial français. La capacité des dispositifs d’anticipation à contenir la hausse des défaillances constituera un indicateur clé de la résilience des PME et ETI face aux chocs à venir.

Sources : La Tribune, AFP, Boursorama

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Un record de défaillances d’entreprises en France au 3e trimestre 2025

Le groupe Altares a recensé 14 371 défaillances d’entreprises en France au 3e trimestre 2025, soit une hausse de 5,2 % par rapport à la même période de 2024. Ce chiffre représente un record pour une période estivale, avec près de 6 800 procédures ouvertes sur le seul mois de septembre, un niveau qui n’avait plus été observé depuis 2009.
L’étude souligne que le reflux des défaillances observé en début d’été a été freiné par un mois de septembre plus sévère qu’attendu. La tendance reste ainsi orientée à la hausse depuis cinq ans, passant de 5 311 cas en 2021 à 14 371 en 2025.

défaillances d'entreprises sur 5 ans 2021 à 2025

Une évolution contrastée selon le type de procédure

Les liquidations judiciaires directes représentent 9 730 cas au troisième trimestre, en progression limitée de +3 % sur un an. Les redressements judiciaires, eux, augmentent de 11 % pour atteindre 4 310 cas, tandis que les sauvegardes progressent de 12 % (331 cas).
Ces deux dernières procédures totalisent désormais près d’un tiers des défaillances, contre moins d’un quart en 2021 et 2022. Cette part croissante traduit une évolution vers des solutions favorisant la continuité d’activité et la préservation de l’emploi. Près de 52 000 postes sont menacés au troisième trimestre, dont 20 600 directement liés à une liquidation judiciaire.

Les petites entreprises en première ligne

Les microentreprises de moins de 3 salariés concentrent près des trois quarts des défaillances, soit 10 500 cas, en hausse de 6 % par rapport à 2024. Les TPE de 3 à 5 salariés montrent une résistance relative (-3 %), mais celles de plus de 5 salariés enregistrent une hausse de +9 %.
Les PME de 10 à 19 salariés dérapent nettement (+13 %), tandis que les entreprises de plus de 20 salariés s’alignent sur la moyenne du trimestre (+5 %). Parmi elles, 46 structures de plus de 100 salariés ont fait défaut, menaçant 10 000 emplois. Au total, 50 700 entreprises ont défailli depuis le début de l’année, soit 1 600 de plus qu’à la même période en 2024.

Des écarts marqués selon les secteurs d’activité

La construction et le commerce de détail montrent une relative stabilité. Le secteur de la construction totalise 3 505 défaillances, soit une hausse limitée de 2 %, avec un bâtiment stable (2 860 cas) et un gros œuvre en amélioration (-4 %).
Le commerce enregistre 3 007 défauts (+2 %), avec une situation favorable dans le détail alimentaire (-6 %), l’équipement du foyer (-5 %) et les magasins multi-rayons (-20 %). En revanche, la parfumerie, l’optique et la pharmacie affichent une forte dégradation (+40 %).
L’industrie manufacturière reste sous tension avec une hausse de 17 %, particulièrement marquée dans la métallurgie-mécanique (+54 %), la maintenance (+19 %) et la récupération de déchets (+33 %).
Les services aux entreprises enregistrent 2 045 défaillances (+9 %), notamment dans le nettoyage de bâtiments (+35 %) et la sécurité (+20 %).
Les activités agricoles (+27 %) et celles de la santé humaine et action sociale (+37 %) sont également fortement touchées.

Des disparités régionales significatives

Certaines régions se trouvent en nette difficulté : Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire, Centre-Val de Loire et Corse affichent des hausses sensibles de défaillances. À l’inverse, la Bretagne, la région PACA et le Grand Est enregistrent une baisse du nombre de défauts d’entreprises.

De grandes entreprises désormais concernées

Les difficultés ne se limitent plus aux TPE. Selon l’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS), 1,7 milliard d’euros ont été versés depuis le début de l’année 2025 pour garantir les salaires des salariés d’entreprises en difficulté, soit une hausse de 5,7 %.
Ce montant traduit une montée des situations complexes et lourdes, notamment dans l’industrie, premier secteur en nombre de salariés accompagnés. Les procédures collectives d’entreprises industrielles de plus de 50 salariés ont bondi de 75 % entre 2024 et 2025, confirmant la diffusion des défaillances vers des structures de plus grande taille.

Source Altares

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