“Droits de douane : un impact mesuré sur l’inflation mais plus marqué sur l’emploi”
Commençons par notre traditionnel récap de la semaine. Qu'est-ce qu'il fallait retenir ?
Les marchés actions américaines ont terminé 2025 dans un climat prudent. La dernière semaine ecourtée à quatre séances pour cause du nouvel an et un léger manque de direction. Mais qu'on se le dise, l'essentiel est quand même ailleurs. 2025 marque une troisième année consécutive de fortes hausses avec 18 % pour le S&P, 21 % pour le Nasdaq Composite. Un triplé de performances solides portés une nouvelle fois par la tech, même si décembre a montré quelques signes de rotation sectorielle.
Quels sont les événements macro à suivre cette semaine ?
Cette semaine, l'attention des investisseurs va se concentrer sur un rendez-vous majeur, le rapport sur l'emploi américain publié vendredi 9 janvier par le Bureau of Labor Statistics, le fameux non-farm payroll très attendu pour jauger la trajectoire économique. Plus tôt dans la semaine, on aura mercredi le rapport JOLTS, baromètre d'offres à d'emplois et des tensions sur le marché du travail. Les analystes tablent sur 7,7 millions de postes ouverts, soit environ un emploi disponible par chômeur, le ratio le plus bas depuis avril 2021.
Le même jour, on aura l'ISM qui va donner les PMI services attendus à 52,3 en léger repli par rapport à novembre, mais toujours au-dessus des 50 donc en expansion. Jeudi, on aura les premières estimations du troisième trimestre sur la productivité et les coûts unitaires du travail. On attend une progression de 4,7 % de productivité et de 0,5 % de hausse des coûts salariaux unitaires.
Et donc vendredi, ce fameux non-farm payroll de décembre, le marché anticipe 55 000 créations d'emplois après 64 000 en novembre et un taux de chômage à 4,5 % contre 4,6 précédemment. Sur 11 mois en 2025, les créations d'emplois ont tourné autour de 54 000 par mois, soit trois fois moins qu'en 2024. Un net refroidissement graduel mais persistant.
Une semaine calme sur le front des publications d’entreprises
Et côté micro, est-ce qu'il y a des choses à surveiller ?
Côté micro une semaine légère, on a ARR Corp qui est un équipementier aéronautique qui va publier ses résultats aujourd'hui. Mercredi, on a trois noms à surveiller, Albertson, Constellation Brands et Jefferies Financial. Tout cela reste un prélude avant la grande saison des résultats du T4 qui démarrera le 13 et 14 janvier avec les publications des grandes banques américaines.
Les droits de douane et leur impact sur l’économie américaine
Notre sujet du jour, c'est une étude de la réserve fédérale de Kansas City qui mesure l'impact des tarifs douaniers depuis qu'ils ont été appliqués. Quelles sont les conclusions de cette étude ?
En 2025, beaucoup redoutaient que les droits de douane déclenchent une flambée des prix. Finalement, ce n'est pas l'inflation qui a dérapé, mais l'emploi qui a calé. C'est ce que relève une étude récente de la Federal Reserve Bank of Kansas City. Selon les chercheurs, les hausses de tarifs auraient amputé jusqu'à 19 000 créations d'emplois par mois et ajouté 0,1 point au taux de chômage. Rien de systémique, certes, mais dans un marché du travail déjà fragile, l'effet se fait ressentir.
Et les chiffres confirment cette fébrilité. Entre avril et novembre 2025, l'économie américaine n'a créé en moyenne que 34 600 emplois par mois, très loin des 170 000 mensuels de 2024. Résultat, le chômage est passé de 4,1 en juin à 4,6 en novembre, un plus haut depuis 2021. Mais point important, cette pression devrait s'estomper progressivement en 2026 à mesure que l'incertitude commerciale se dissipe.
Pourquoi les tarifs pèsent-ils à ce point sur l'emploi ?
Parce qu'ils augmentent les coûts des entrants pour les entreprises et quand les marges se resserrent, les directions cherchent d'abord à réduire les coûts salariaux et à gagner en productivité. Les secteurs les plus dépendants des importations ont d'ailleurs enregistré les plus fortes décélérations d'embauches. Paradoxalement, le manufacturier supposé être le grand gagnant de la politique tarifaire est resté à tonnes.
Ce climat d'attentisme a aussi été nourri par l'incertitude réglementaire. Comme l'expliquait un économiste, trop de flou sur le commerce a mis les entreprises sur pause. On a déjà vu ce film après les tarifs de 2018. L'offre d'emploi avait reculé, puis les embauches avaient rebondi en 2019 avant l'arrivée du COVID.
Quelles perspectives pour l’emploi américain en 2026
Pourquoi 2026 s'annoncerait le meilleur ?
Parce que l'élément clé, ce n'est pas seulement les tarifs eux-mêmes, c'est la visibilité. Quand les entreprises comprennent enfin l'impact réel sur leurs coûts, elles réactivent leurs plans d'investissement et leurs recrutements suivent.
Un autre facteur pourrait aussi soutenir l'emploi. La Cour suprême américaine pourrait trancher dès janvier ou février sur un éventuel excès d'autorité dans l'application des tarifs. Si certains droits étaient réduits ou annulés, cela pourrait libérer davantage d'embauches. Et surtout, 2026 démarre avec un avantage majeur, le reflux de l'incertitude politique et l'absence de forte réduction des effectifs fédéraux qui ont plombé 2025. Avec le retour de la confiance, la dynamique d'embauche pourrait se normaliser autour de 100 000 emplois créés par mois, ainsi pour faire reculer lentement le chômage.
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