Un rapport sur l’emploi américain d’avril 2026 très mitigé

Par Bastien Drut, CPRAM
Les créations d’emplois américaines résistent malgré un ralentissement du marché du travail
L’enquête auprès des entreprises est un peu meilleure que prévu, avec 115 000 créations d’emplois non-agricoles en avril. Les chiffres de février et de mars sont revus respectivement à la baisse de 23 000 et à la hausse de 7 000. In fine, ce rapport indique 99 000 emplois de plus.
46 000 des 115000 créations d’emplois proviennent du secteur des services à l’éducation et à la santé. C’est le 2ème mois consécutif que le secteur privé hors santé crée des emplois : cela n’était tout simplement pas arrivé depuis près d’un an et demi ! Cependant, il est probablement trop tôt pour parler de réelle stabilisation.
Pour le 4ème mois consécutif, les emplois dans l’intérim sont en très légère augmentation. Cela évoque également une stabilisation.
L’indice de diffusion qui mesure la répartition des créations des emplois selon les secteurs sur les 3 derniers mois reste faible mais remonte à son plus haut niveau depuis mars 2024.
Le salaire horaire moyen ne progresse que de 0,16% en avril, soit un chiffre faible. Sur un an, il progresse de 3,6%. La variation 3 mois annualisée du salaire horaire moyen se trouve à son plus bas niveau depuis 2021.
Le nombre d’heures travaillées dans le secteur privé progresse après deux mois de contraction : il n’est en hausse que de 0,3% sur un an.
Le taux de chômage américain et le sous-emploi se dégradent en avril 2026
L’enquête auprès des ménages est plutôt mauvaise.
Le nombre de chômeurs augmente de 134 000 sur le mois et le nombre de personnes indiquant travailler baisse de 225 000. Il s’agit du 4ème mois de suite que le nombre de personnes employées baisse.
Le taux d’emploi tombe à 59,1%, soit le plus bas niveau depuis 2021.
Le taux de sous-emploi (U6) remonte pour le 2ème mois de suite à 8,2%.
L’écart entre les deux enquêtes est abyssal en 2026 : l’économie aurait créé 304 000 emplois en ce début d’année mais le nombre de personnes se disant employées aurait baissé de près de 1,4 millions… C’est totalement incohérent.
La Fed pourrait conserver le statu quo face aux signaux contradictoires de l’emploi américain
Ce rapport sur l’emploi est déroutant : l’enquête auprès des entreprises tend à montrer une stabilisation (davantage de créations d’emplois en dehors de la santé) mais l’enquête auprès des ménages est mauvaise (4ème mois consécutif de baisse du nombre de personnes se disant employées et hausse du taux de sous-emploi). Le fait que le doute soit permis sur la direction du marché du travail est un argument pour que la Fed campe sur son statu quo un bon moment.
Par Bastien Drut, CPRAM
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Job report de mars 2026 : un rapport à prendre avec des pincettes
Publié le 07 avril 2026
L’enquête auprès des entreprises indique 178 000 créations d’emplois non-agricoles en mars. Les chiffres de janvier et mars sont revus respectivement à la hausse de 34 000 et à la baisse de 41 000. In fine, c’est 171 000 emplois de plus indiqués par ce rapport.
Le secteur des services à l’éducation et à la santé crée 91 000 emplois et représente une nouvelle fois l’essentiel des créations d’emplois.
C’est la 3ème année de suite que les surprises de créations d’emplois sont énormes et très positives (vers 100 000) en mars alors que les créations d’emplois non ajustés en mars sur les dernières années sont nettement plus faibles que sur les 20 dernières années. Il n’y a probablement à voir dans cette surprise positive une incapacité à désaisonnaliser…
Le salaire horaire moyen progresse de 0,24% en mars et de 3,5% en glissement annuel, soit le chiffre le plus faible depuis mai 2021
L’enquête auprès des ménages est nettement moins favorable que celle auprès des entreprises, car 64 000 personnes de moins se disent employées.
L’écart entre les deux enquêtes du rapport est énorme : en 2026, l'économie aurait créé 205 000 emplois mais 1,1 millions de personnes de moins se disent employées.
Le nombre de chômeurs baisse de 332 000 sur le mois, ramenant le taux de chômage à 4,3%, mais cela est à associer avec la très forte baisse de la population active sur le mois (-396 000). En réalité, sur les derniers trimestres, la population en dehors de la population active augmente plus vite que la population totale. C’est un phénomène extrêmement rare, qui a surtout été observé lors de la crise covid.
Le rapport sur l’emploi de mars est à prendre avec des pincettes car la différence de message entre l’enquête auprès des entreprises et celle auprès des ménages est énorme et car il existe très probablement des problèmes de désaisonnalisation une nouvelle fois. On retiendra néanmoins que les salaires connaissent leur plus faible progression depuis 5 ans et que la population inactive progresse plus vite que la population totale, ce qui est très inhabituel et témoigne de la faiblesse de la dynamique sur le marché du travail.
Source Cpram, par Bastien Drut, Responsable de la stratégie et des études économiques
Job report de Janvier 2026 : des révisions annuelles massives, inédites depuis 2009
Publié le 12 février 2026
Le rapport de l’emploi de janvier intègre les révisions annuelles du nombre d’emplois. Le nombre d’emplois à fin décembre 2025 est révisé à la baisse de 1,029 million : il s’agit de la révision la plus négative depuis 2009 et la Grande crise financière. Dans ce contexte, il est difficile de qualifier ce rapport de favorable.
Au total, l’économie américaine n’aurait créé que 181 000 emplois en 2025, un niveau historiquement faible pour une année d’expansion économique.
Un marché du travail tiré artificiellement par le secteur de la santé
L’enquête auprès des entreprises fait état de 130 000 créations d’emplois non-agricoles en janvier. Toutefois, le seul secteur des services de santé en explique 137 000. Hors santé, 7 000 emplois ont été détruits sur le mois.
Sur les six derniers mois, le secteur privé hors santé n’a créé que 1 800 emplois. Un chiffre extrêmement faible qui confirme l’essoufflement de la dynamique sous-jacente.
La révision annuelle plus importante que prévu a pu accentuer l’erreur de prévision sur les créations d’emplois de janvier.
Des écarts statistiques majeurs entre les différentes enquêtes
Les divergences entre indicateurs sont particulièrement marquées. Pour les créations d’emplois dans le secteur privé, l’écart mensuel avec le rapport ADP est le plus important depuis plus d’un an : +172 000 selon le rapport officiel contre +22 000 pour ADP. Une incohérence notable.
Par ailleurs, l’emploi intérimaire progresse pour le deuxième mois consécutif, une situation inédite depuis quatre ans.
L’enquête auprès des ménages présente également des anomalies. Les rapports de janvier intègrent habituellement les révisions démographiques, mais celles-ci seront finalement prises en compte le mois prochain.
Autre divergence majeure : depuis septembre, l’enquête « ménages » indique que 864 000 personnes supplémentaires se déclarent employées, tandis que l’enquête « entreprises » ne recense que 79 000 créations d’emplois sur la même période. Un rapport de 1 à 11 qui alimente le scepticisme.
Chômage et salaires : des signaux contrastés
Le nombre de chômeurs recule pour la deuxième fois consécutive, ramenant le taux de chômage à 4,3 %. La baisse du chômage, soit –141 000 personnes, est toutefois concentrée sur les 16–24 ans avec –333 000. Un effet de désaisonnalisation ne peut être exclu.
Le salaire horaire moyen progresse de 0,4 % sur le mois, au-dessus des +0,3 % attendus, mais la hausse de décembre est révisée à la baisse à +0,1 %. En glissement annuel, la progression ressort à 3,7 %, l’un des niveaux les plus bas observés ces dernières années.
Une dynamique de l’emploi affaiblie, sous surveillance de la Fed
Comme souvent en janvier, la lecture du rapport est rendue complexe par les révisions et ajustements méthodologiques. Cette édition 2026 se distingue par l’ampleur des révisions négatives, les écarts importants entre enquêtes « entreprises » et « ménages », les divergences avec le rapport ADP et la forte volatilité du chômage des jeunes.
Au-delà des effets techniques, le constat demeure : la dynamique de créations d’emplois a été historiquement faible en 2025 et quasi nulle dans le secteur privé hors santé. Dans ce contexte, la Réserve fédérale devrait maintenir une posture prudente.

Source : CPR Asset Management
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