“Une semaine charnière pour jauger l’économie américaine”
Une volatilité persistante portée par les tensions géopolitiques
Commençons par le récap de la semaine. Qu'est-ce qu'il fallait retenir ?
La semaine dernière, les marchés américains ont encore été marqués par une forte volatilité, largement dictée par l'actualité géopolitique. C'est vrai qu'en l'absence de catalyseurs macro-majeurs, les investisseurs sont concentrés sur l'évolution du conflit au Moyen-Orient, la remontée du prix du pétrole et les pressions persistantes sur les grandes valeurs de la tech.
En début de semaine dernière, le marché a tenté un rebond porté par des espoirs d'une désescalade, mais l'optimisme s'est rapidement estompé face à des annonces contradictoires et ravivant les incertitudes. Au final, le bilan est contrasté. Les petites capitalisations ont rebondi, mettant fin à plusieurs semaines de baisse, tandis que les grands indices américains ont enchaîné une cinquième semaine consécutive de replis. Une rotation sectorielle en faveur des valeurs dites value qui ont surperformé les valeurs de croissance pour la troisième semaine d'affilée.
Les indicateurs américains au cœur de l’attention des marchés
Pour la semaine à venir, on attend toujours beaucoup de volatilité. Qu'est-ce qu'il faut surveiller ?
La semaine à venir sera écourtée par le vendredi Saint, mais restera riche en enseignements. Le principal rendez-vous sera le rapport sur l'emploi américain publié vendredi. Les attentes pointent vers une reprise modérée des créations de postes après une contraction en février avec un taux de chômage stable autour des 4,4%. Un indicateur clé pour jauger la solidité de l'économie dans un contexte qui demeure incertain. D'ici là, plusieurs statistiques importantes seront également publiées. Aujourd'hui, les investisseurs surveilleront la confiance des consommateurs ainsi que les offres d'emploi.
Deux indicateurs essentiels pour évaluer la dynamique de la demande du marché du travail. Mercredi, l'attention se portera sur les ventes au détail et l'indice ISM manufacturier attendu en zone d'expansion, confirmant une activité industrielle résiliente. Côté entreprises, la saison des résultats touche à sa fin avec quelques publications à suivre, notamment dans la consommation et l'alimentaire. Les résultats du groupe comme Nike, McCormick, Conagra ou encore Lamb Western permettront de prendre le pouls de la demande et des marges dans un environnement encore inflationniste avant le début de la nouvelle période de publication.
Jerome Powell face aux limites de la politique monétaire
On va maintenant passer à l'intervention de Jerome Powell à Harvard. Qu'est-ce qu'il faut retenir de cette intervention ?
Le président de la Réserve fédérale s'est exprimé hier à l'université Harvard en indiquant que la Banque centrale ne disposait pas d'outils capables de produire des effets significatifs à court terme face à un choc énergétique. Il a souligné que ces chocs sont généralement transitoires, tandis que la politique monétaire a plutôt tendance à agir avec des délais variables et s'inscrit dans une perspective plus long terme. Il a également profité de cette occasion pour exprimer la volonté du comité d'un retour durable à l'inflation vers les 2%, un niveau qui avait été presque atteint fin 2024.
Par la suite, il a dit que la Fed avait dû faire face à différentes mesures protectionnismes sous l'administration Trump, notamment les droits de douane qui ont contribué, selon lui, à une remontée temporaire de l'inflation, proche des 3% en rythme manuel, avec une reprise progressive de sa décrue. Selon lui, cet épisode inflationniste lié aux tarifs reste limité et ponctuel, avec un impact qu'il estime entre 0, 5 et 1 point de pourcentage sur l'inflation.
Il a aussi longuement insisté sur la nécessité d'avoir une Fed indépendante de toute politique et il a terminé en indiquant que son mandat doit théoriquement s'achever en mai prochain, mais pourrait être prolongé le temps que son successeur, Kevin Warsh, obtienne la validation du Sénat.
Une décision historique sur les billets de banque américains
Aux États-Unis depuis le 19e siècle. Une décision historique vient d'être annoncée à l'approche du 250e anniversaire du pays.
Pour la première fois, la signature d'un président en exercice donc Donald Trump figurera sur les billets de banque américains. Concrètement, les futurs billets de 100 dollars intégreront sa signature à côté de celle du secrétaire au Trésor Scott Bessent. Les premiers billets de 100 dollars devraient être imprimés dès le mois de juin, avant une généralisation progressive à l'ensemble des coupures. Jusqu'à présent, seul le secrétaire au trésor et le trésorier des États-Unis signaient les billets. Cette décision marque donc une rupture importante avec plus de 160 ans de tradition. Au final, cette annonce dépasse le simple cadre technique. Elle traduit une démarche politique et symbolique forte à un moment clé de l'histoire des États-Unis.
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