Déficit public : la hausse des recettes fiscales réduit le déficit à 5,4 % du PIB

Le déficit public de la France s’est établi à 5,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2025, contre 5,8 % en 2024. Ce niveau correspond à la prévision retenue dans la loi de finances de fin de gestion adoptée en décembre dernier. Les données publiées par la Direction générale des finances publiques (DGFiP) confirment que l’objectif a été tenu. Cette amélioration de 0,4 point de PIB repose en grande partie sur la progression marquée des recettes fiscales encaissées par l’administration.
610 milliards d’euros de recettes fiscales collectées par la DGFiP
Au total, les recettes fiscales collectées en 2025 atteignent 610 milliards d’euros, soit une hausse de 7,1 % sur un an. Cette progression apparaît nettement plus rapide que celle de l’activité économique. Dans la répartition de ces recettes, l’État concentre la plus grande part avec 57 % des montants collectés. Les collectivités territoriales en perçoivent 26 %, tandis que 17 % reviennent aux administrations de la Sécurité sociale.
La progression des recettes fiscales intervient dans un contexte de croissance économique plus modérée. La hausse du PIB nominal est estimée autour de 2 % en 2025. Cette situation marque un retournement par rapport aux années précédentes. En 2024, les recettes fiscales n’avaient progressé que de 1,9 % alors que le PIB augmentait de 3,2 %. En 2023, elles avaient même reculé de 0,3 % alors que la croissance nominale atteignait 6,5 %. À périmètre de recouvrement constant, c’est-à-dire hors tabac et alcool, la hausse des recettes atteint encore 6,8 % en 2025.
Impôt sur le revenu, énergie et droits de mutation en progression
Plusieurs catégories d’impôts expliquent la progression observée. Les montants collectés au titre de l’impôt sur le revenu ont augmenté, tout comme ceux liés aux taxes intérieures sur la consommation d’énergie dans le contexte de la fin du bouclier tarifaire. Les droits de mutation à titre onéreux et les droits d’enregistrement ont également contribué à la hausse des recettes fiscales.
Par ailleurs, certaines mesures spécifiques ont généré environ 8,4 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Parmi elles figurent la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) et la taxe sur les rachats d’actions.
Malgré l’amélioration du déficit public, le niveau global de prélèvements demeure élevé en France. Selon le Fonds monétaire international (FMI), les recettes publiques totales atteignent 51,9 % du PIB.
La France se situe ainsi juste derrière la Finlande, où les prélèvements représentent 53,7 % du PIB, et à égalité avec l’Autriche parmi les économies développées affichant les niveaux de recettes publiques les plus élevés.
Sources : Capital, La Tribune
Déficit public en France : trajectoire de retour sous les 3 % d’ici 2029 ?
Un déficit budgétaire de 100,4 milliards d’euros au premier semestre 2025
Selon les chiffres publiés début août par le ministère de l’Économie et des Finances, le déficit budgétaire de l’État s’élevait à 100,4 milliards d’euros au 30 juin 2025. Ce niveau, bien qu’élevé, marque une légère amélioration par rapport aux 103,5 milliards enregistrés à la même période en 2024.
Cette évolution s’explique notamment par des recettes fiscales légèrement supérieures aux prévisions, en lien avec la reprise économique, mais également par un étalement de certaines dépenses. Néanmoins, le déficit reste à un niveau structurellement élevé, illustrant la difficulté à redresser durablement les comptes publics.
Un déficit public de 5,8 % du PIB en 2024, objectif 5,4 % en 2025
En 2024, le déficit public français a représenté 5,8 % du PIB, selon Eurostat. L’exécutif vise une réduction à 5,4 % en 2025, avec pour horizon un retour sous les 3 % en 2029, conformément aux engagements européens.
Cet objectif constitue un cap politique important, mais il nécessitera des efforts budgétaires significatifs. La réduction du déficit devra s’appuyer sur une maîtrise des dépenses de fonctionnement de l’État, un contrôle des dépenses sociales et une contribution accrue des collectivités locales.

Le poids de la crise sanitaire et l’héritage budgétaire
Le creusement des déficits publics français trouve en grande partie son origine dans la crise sanitaire de 2020. Cette année-là, le PIB avait reculé de 7,9 %, contre 6,6 % pour l’ensemble de la zone euro. Le produit intérieur brut était passé de 2,43 billions d’euros en 2019 à 2,32 billions en 2020.
Les mesures de soutien mises en place pour protéger les ménages et les entreprises avaient alors porté le déficit public à près de 9 % du PIB. Depuis, le déficit a diminué mais reste structurellement élevé. La charge de la dette, accentuée par la hausse des taux d’intérêt, pèse aujourd’hui lourdement sur le budget de l’État.
Une décomposition du déficit par grands secteurs de l’administration publique
Le déficit public est composé de plusieurs volets :
- Le déficit budgétaire de l’État : il constitue la part la plus importante, avec plus de 100 milliards d’euros enregistrés dès le premier semestre 2025.
- La sécurité sociale : elle représente une part significative du déficit global, en raison notamment de la progression des dépenses de santé et de retraites. Le financement de l’Assurance maladie demeure particulièrement tendu, et la dynamique démographique accentue le déséquilibre.
- Les collectivités locales : leur contribution au déficit est plus limitée. Certaines collectivités dégagent même des excédents, mais l’hétérogénéité entre communes et régions reste forte.
- Les organismes divers d’administration centrale (ODAC) : ils regroupent différents établissements publics et contribuent marginalement au déficit global.
La Cour des comptes souligne que la réduction du déficit devra passer par des réformes structurelles touchant l’ensemble de ces blocs, et non uniquement par des économies ponctuelles de l’État.
Une comparaison défavorable avec les partenaires européens
La France demeure l’un des pays les plus déficitaires de l’Union européenne. En 2024, le déficit de la Belgique représentait 4,5 % du PIB, celui de l’Allemagne 2,8 %. À l’inverse, plusieurs pays affichaient des excédents : le Portugal (0,7 %), la Grèce (1,3 %), l’Irlande (4,3 %) et le Danemark (4,5 %).
Cet écart illustre la difficulté française à contenir ses dépenses publiques, alors même que d’autres pays ont profité de la reprise post-Covid pour rétablir leurs comptes. La comparaison met également en évidence le poids structurel des dépenses sociales françaises, parmi les plus élevées d’Europe.
Les perspectives selon la Cour des comptes
Dans son rapport publié début 2025, la Cour des comptes insiste sur la nécessité d’un ajustement budgétaire crédible et durable. Le gouvernement prévoit plus de 40 milliards d’euros d’économies en 2026. Ces efforts devront cibler la maîtrise de la dépense publique et reposer sur des choix stratégiques clairs.
La Cour alerte également sur le niveau de la dette publique, qui réduit les marges de manœuvre de l’État. La hausse des taux d’intérêt accroit le poids des charges financières, ce qui fragilise encore la trajectoire budgétaire.
L’institution souligne que le retour sous la barre des 3 % du PIB en 2029 suppose non seulement une maîtrise des dépenses, mais aussi une croissance économique soutenue. Tout ralentissement conjoncturel ou nouvelle crise pèserait sur la capacité de la France à respecter ses engagements européens.
Une trajectoire exigeante et des choix budgétaires difficiles
La réduction du déficit exigera des arbitrages délicats. Parmi les pistes évoquées figurent la limitation de la progression de la masse salariale publique, le ralentissement des dépenses de santé, et une réforme des retraites permettant de contenir l’évolution des charges de la sécurité sociale.
Les collectivités locales pourraient être mises à contribution par une réduction des dotations, même si certaines affichent déjà une situation financière tendue. L’efficacité de la dépense publique sera un axe central des réformes à venir.
Conclusion
Le déficit public français reste l’un des plus élevés de la zone euro, malgré une amélioration conjoncturelle au premier semestre 2025. La trajectoire de retour sous les 3 % du PIB d’ici 2029 représente un objectif ambitieux mais contraint. Elle nécessitera des économies structurelles, un pilotage rigoureux de la dépense publique et une croissance soutenue.
Pour les observateurs économiques et les professionnels du patrimoine, cette trajectoire conditionne la stabilité de l’environnement fiscal et budgétaire français, avec des implications directes sur la dette souveraine, les politiques fiscales et les marges de manœuvre de l’État.
Sources : Statista, Cour des comptes
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