Retour
Économie

Erasmus Gestion : l’économie fait preuve d’une résilience inattendue

icone de calendrier
17
Oct
2023
Erasmus Gestion : l’économie fait preuve d’une résilience inattendue

« L’économie fait preuve d’une résilience inattendue » c’était plus ou moins le début de notre lettre du 11 juillet, mais aussi celle début avril de la fin du premier trimestre.

Le ralentissement ou même la récession que certains attendaient n’arrivent pas et même, sous l’influence de la vigueur des Etats-Unis la croissance mondiale de 2023 a été revue à la hausse alors que le chômage est au plus bas en Europe.
Cette situation économique satisfaisante n’est pas une bonne nouvelle pour les marchés financiers : elle est la cause première d’un ralentissement de l’inflation plus lent qu’espéré et, partant, d’un long maintien par les banques centrales de leurs taux directeurs à des niveaux élevés.

L’attraction des produits obligataires est renforcée et symétriquement la valorisation des marchés actions réduite.
L’arbitrage au profit des produits obligataires entraîne par un système de vases communicants des rachats sur les produits actions qui ont conduit au cours de ce troisième trimestre à un recul des indices boursiers. Voici ce que cela donne pour nos produits :

Les dernières statistiques en zone euro semblent toujours indiquer qu’un ralentissement est devant nous. Les entreprises arrivent à maintenir leur activité car elles bénéficient de carnets de commandes à des niveaux élevés mais ceux-ci se remplissent désormais plus lentement à la suite de l’affaiblissement de la demande.

Et en Europe, en dépit d’un taux de chômage à 6,4% qui est au plus bas depuis 20 ans, la consommation commence à ralentir car les ménages épuisent peu à peu le surcroît d’épargne qu’ils avaient accumulé durant la période des confinements liés au covid. Heureusement les entreprises ont toujours besoin de main d’œuvre et embauchent. Quelques craquements apparaissent cependant, notamment sur le front de l’immobilier. Avec la hausse des taux hypothécaires, les ventes d’immobilier résidentiel sont en fort recul depuis le début de l’année et l’absence ou la faiblesse des acheteurs fait reculer les prix. Dans ce domaine nous n’en sommes sans doute qu’au début puisque la hausse des taux longs a accéléré ces dernières semaines.

Il en est de même pour l’immobilier de bureaux ou commercial et maintenant ce sont plusieurs dizaines de SCPI qui ont dû procéder à des baisses de valeurs, certaines entre 15 et 20%, depuis le début de l’année.

Nous n’attendons pas de bonnes surprises lors de la publication des résultats des entreprises pour leur troisième trimestre qui commence cette semaine. Mais nous n’attendons pas non plus d’accident : les analystes et économistes ayant anticipé une arrivée plus rapide d’un ralentissement/ récession ont du au cours de l’été revoir à la hausse leurs attentes de résultats pour le troisième trimestre et la fin de l’année. Selon nous, la plupart des résultats seront conformes et ne devraient pas déclencher de dynamique de marché.

La situation américaine est incontestablement meilleure que celle européenne avec une croissance revue vers le haut mais en même temps les taux longs américains, du fait de ce qui précède, sont à des niveaux records. La Federal Reserve et les investisseurs ont besoin de nouveaux signaux rassurants qui confirmeraient que la banque centrale n’aura plus besoin de relever ses taux directeurs ces prochains mois, et qu’elle pourra même au contraire envisager de les baisser en T2-2024 alors qu’aujourd’hui les marchés de futures n’anticipent pas de baisse des taux directeurs de la Fed avant la seconde moitié de l’année.

Avec des statistiques encore trop contrastées, il est encore trop tôt pour rassurer durablement les investisseurs financiers et alimenter un mouvement durable de rechute soutenu des taux souverains et du dollar. Toutefois ce mouvement se matérialisera les prochains mois à mesure que les statistiques continueront de rassurer.

Du côté de la Chine et de l’Asie, la situation déçoit. Pour la Chine, les troisième et quatrième trimestres devraient apporter une modeste amélioration de la situation après un deuxième trimestre décevant. Les nouvelles mesures de stimulation économique prises par le gouvernement devraient plus que compenser le recul plus important qu’anticipé de l’activité immobilière qui affecte à la fois les ménages dans leur désir d’accession à la propriété, l’activité et l’emploi.

On peut cependant commencer à tirer une conclusion de la situation de l’économie chinoise post covid. L’élévation du niveau économique de l’activité et la croissance de l’emploi ne connaîtront plus de rythme moyen effréné qui a été celui des 20 dernières années mais se rapprocheront en tendance de la croissance observée en occident. Dès lors, si la Chine restera un partenaire commercial important des autres parties du monde, elle ne constituera plus la locomotive qu’elle a pu être par le passé pour la croissance mondiale. A titre d’illustration, voici les attentes du bureau Oxford Economics pour la croissance chinoise : 2021 8,5%, 2022 (covid) 3,0%, 2023 5,1%, 2024 4,6%, 2025 4,5% et 2026 4,5%. C’est bon mais le rythme ralentit.

Autrement dit, ce ne sera pas la croissance qui va tirer les marchés actions vers le haut d’ici la fin de l’année.

S’il peut y avoir une nouvelle dynamique des marchés, elle ne pourra venir que d’une baisse de taux d’intérêts longs, américains et européens. Et pour cela il est nécessaire que de nouveaux succès soient enregistrés sur le front de l’inflation.

C’est la condition pour avoir une fin d’année satisfaisante.

>> Lire l’article

Partager :

À découvrir

Graph du jour

Découvrez notre sélection de graphiques

Contributeurs

Club patrimoine
Discover the vision of the financial media of tomorrow
Pour aller plus loin

Inscrivez-vous à la newsletter
Club Patrimoine

Parcourez nos catégories