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Les facteurs qui ont dicté les tendances boursières (Astoria Finance)

6
Jun
2024
Géopolitique, macroéconomie, résultats d’entreprises et politiques monétaires, ces facteurs qui ont dicté les tendances boursières.

Bien que ces deux derniers mois aient amené leur lot de nouvelles, tantôt de bon augure tantôt de mauvaise facture, les marchés ont une nouvelle fois été soutenus par le discours accommodant des différents banquiers centraux ainsi que par la saison de publication des résultats trimestriels qui ont été encourageants. Par ailleurs, les tensions géopolitiques & commerciales persistent et se multiplient, notamment entre la Chine et les Etats-Unis, à l’aube des élections présidentielles américaines de novembre.

Un asynchronisme entre les différentes économies mondiales


Après un premier trimestre faisant état d’une économie américaine toujours résiliente, les récentes données semblent désormais pointer vers un ralentissement de l’activité, impacté par une consommation domestique moins dynamique que précédemment. Qu’il s’agisse des enquêtes ISM ou PMI les deux ont fait apparaître un essoufflement en avril, les indices ISM passant même sous la barre symbolique des 50 (seuil qui détermine si l’activité est en contraction ou en expansion). Pour autant, les PMI préliminaires de mai semblent indiquer un rebond surprenant.  Faiblesse passagère ou structurelle ? Toute la question est là. Alors que la confiance des ménages a elle aussi marqué le pas en s’inscrivant au niveau le plus bas en deux ans, les ventes au détail ont stagné, semblant indiquer que la dégradation du moral des ménages se répercute déjà sur leurs dépenses. Selon les enquêtes, les principaux sujets d’inquiétudes seraient dus aux premiers signes d’essoufflement du marché du travail ainsi qu’à la persistance des tensions inflationnistes. En effet, alors que les récents rapports de l’emploi se sont inscrits en-deçà des attentes, la perception du marché du travail (facilité à trouver un emploi) s’est détériorée pour le 4e mois d’affilée. A cela s’ajoute des demandes de hausses de salaires en déclin, une diminution de l’excès d’épargne issu de la Covid-19 ainsi que des conditions financières restrictives. L’inflation quant à elle a enfin ralenti en avril après plusieurs mois de hausse. Ainsi, en rythme annuel, l’inflation s’est inscrite à 3.4% et l’inflation sous-jacente à 3.6%, au plus bas depuis 3 ans.

A contrario, en zone euro, la situation économique reprend des couleurs avec une croissance du PIB qui a progressé de +0.3% au premier trimestre, après deux trimestres baissiers. Du coté des enquêtes, l’indice PMI composite pour le mois d’avril a surpris à la hausse en s’inscrivant à son plus haut niveau en un an, principalement tiré par la dynamique des services tandis que le secteur manufacturier reste timide. Les enquêtes préliminaires de mai ont d’ailleurs confirmé le redressement de l’activité, porté par la demande des ménages qui profite du rebond des salaires au 1e trimestre. L’inflation est, en outre, restée stable dans la zone à 2.4%.

A l’instar de la zone euro, nos voisins britanniques sont également sortis de la récession technique avec une croissance qui a rebondi plus fortement qu’attendu au 1e trimestre. Les enquêtes signalent également une accélération du dynamisme de l’activité tirée par les services. Au Japon, le constat est moins positif puisque selon les statistiques préliminaires, le PIB nippon a accusé un recul au 1e trimestre. En Chine l’activité apparaît dans l’ensemble favorable, soutenue par des mesures gouvernementales de relance, même si un léger ralentissement semble ressortir des enquêtes d’avril. Dans l’un comme dans l’autre, la demande domestique pèse toujours sur l’activité.

La BCE, en avance sur son homologue d’Outre-Atlantique ?


Dans l’ensemble, les banques centrales ont tenu des discours relativement accommodants et ont confirmé le reflux graduel des pressions inflationnistes.

A contre-courant, la Réserve Fédérale Américaine (FED) a fait état d’une absence de progrès en matière d’inflation ces derniers mois, poussant le FOMC à adopter une politique monétaire restrictive plus longtemps qu’anticipé. Jerome Powell, le président de la FED, a ainsi déclaré que les taux directeurs resteraient inchangés aussi longtemps que nécessaire. Il a toutefois créé la « surprise » en précisant qu’il n’était, à ce stade, pas envisagé que le prochain mouvement de taux soit une hausse, provoquant un soulagement chez les investisseurs qui commençaient à craindre un tel scénario. C’est donc sans surprise que la réunion de politique monétaire de mai ait débouché, à l’unanimité, sur un maintien des taux dans l’intervalle [5,25% ;5,50%] dans lequel il évolue depuis juillet dernier. Le marché table désormais sur une 1ère baisse des taux après les élections présidentielles américaines, bien qu’un mouvement soit possible d’ici juillet si la modération des pressions inflationnistes constatées en avril se poursuit.

Par ailleurs, l’institution américaine a acté un ralentissement de la baisse de la taille du bilan dès le 1er juin. Ainsi, la détention de titres du Trésor se réduira de 25Mds$ chaque mois, contre 60Mds$ actuellement.

Du côté de la BCE, l’heure n’est plus au doute : sauf surprise d’ici la réunion du Conseil des gouverneurs du 6 juin, une première baisse des taux directeurs européens semble d’ores et déjà acquise. Le cas échéant, ce serait la 1ère fois dans l’histoire de l’institution européenne qu’un mouvement, quel qu’en soit le sens, serait effectué en amont de la FED. Si la baisse des taux ne semble pas faire débat, tous les membres appellent à la prudence et se refusent à s’engager sur un rythme de baisse pour la suite.

Des marchés qui ne semblent pas savoir quelle direction prendre


Baisse des taux ? Statu quo ? Hausse des taux ? Telles ont été les interrogations des investisseurs au cours de ces deux derniers mois. Entre crainte et optimisme, les marchés ont navigué à vue. Après un très beau premier trimestre boursier, les marchés ont subi de fortes prises de bénéfices en avril dans le sillage des craintes géopolitiques, qui fleurissent de part et d’autre du globe. Pour autant, malgré la prudence plébiscitée par les banquiers centraux américains, l’annonce de la faible probabilité d’une hausse des taux a permis aux marchés mondiaux de reprendre des couleurs en mai. En outre, la saison des publications de résultats a été un facteur de soutien sur les marchés, tant en Europe qu’aux Etats-Unis où elle a été dans l’ensemble plutôt favorable. Presque toutes les grandes places affichent ainsi des performances positives, sur un mois et trois mois glissants, certaines battant encore leurs précédents niveaux historiques. Le grand gagnant du mois de mai est une nouvelle fois le Nasdaq avec une hausse de près de 7%, porté par la belle publication de Nvidia. On constate également le retour des petites et moyennes capitalisations mais également un regain d’appétence pour les valeurs chinoises, qui bien qu’elles fassent preuve de volatilité, bénéficient de l’engouement de l’annonce des nouvelles mesures de soutien à l’économie et au secteur immobilier.

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