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"La hausse des taux n’arrêtera pas les consolidateurs qui ont besoin de croissance" Guillaume Eymar, Cambon Partners

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1
Dec
2023
Guillaume Eymar, Associé chez Cambon Partners revient sur les changements que la hausse des taux va amener dans la dynamique de concentration du marché de la gestion de patrimoine.
"La hausse des taux n’arrêtera pas les consolidateurs qui ont besoin de croissance" Guillaume Eymar, Cambon Partners

Fanny BERTHON : Bonjour à tous et à toutes et bienvenue sur Club Patrimoine. Nous allons nous intéresser aux questions que peuvent se poser les CGP avec Guillaume Eymar. Bonjour.
 
Guillaume EYMAR : Bonjour, Fanny.
 
FB : Merci d'être avec nous. Vous êtes Associé chez Cambon Partners et nous allons nous poser les questions que la plupart des CGP peuvent se poser. Nous allons nous intéresser aux taux d'intérêt. Quelle est l'évolution des taux d'intérêt ? Est-ce qu'il y a un impact sur le marché M&A / LBO des acteurs de l'épargne ?
 
GE : Oui. Les taux d'intérêt ont augmenté et ça a forcément un impact. De la même manière que lorsque vous achetez un appartement, les taux vont jouer sur votre capacité d'acheter grand, d'acheter cher et de vous faire plaisir. C'est un petit peu la même chose lorsqu'on vend une société. Les taux ont augmenté et donc ça impact la capacité d'emprunt des acquéreurs. Le marché va se trouver dans une phase un peu crispée, même si nous sommes sur un secteur privilégié. Le secteur des services financiers, d'une manière générale, a le vent en poupe. Il y a de la récurrence, il y a de la croissance, il y a de la rentabilité. Ce sont des secteurs appréciés par les investisseurs. Mais néanmoins avec un taux élevé, forcément, petit à petit, il y a un impact sur le prix auquel se vendent les sociétés. Est-ce que l'impact est immédiat ? Peut-être pas, parce qu'il y a une inertie. Il y a encore de l'argent sur le marché, il y a encore des besoins d'investissement, et trop peu de dossiers. Donc, l'effet rareté fait que les prix se tiennent. Pendant combien de temps ? Je ne sais pas.
 
FB : Vous parliez de vente de société. Comment prépare-t-on sa société pour optimiser la vente ?
 
GE : On la prépare, souvent quelques années à l'avance. Il faut réfléchir au meilleur moment pour vendre en termes de projet. La première question à se poser : quel est son projet perso ? Est-ce que je pars à la retraite ? Est-ce que j'en ai marre et je veux changer de vie ? Et tout ça se prépare. On ne peut pas dire je veux vendre et je donne les clés. Donc, il faut être sûr d'avoir une seconde ligne de management capable de prendre la suite, de bien former les équipes. Pourquoi pas les intéresser au capital en amont et bien réfléchir à son positionnement. Un positionnement généraliste sera probablement moins intéressant qu'un positionnement de niche, que ce soit une niche sur un produit ou une niche géographique. Le prix sera plus élevé pour un spécialiste que pour un généraliste.
 
FB : Restons justement généraliste : voyons ce qui va se passer en 2024, des hypothèses. Peut-on se projeter un peu ?
 
GE : Oui. Le marché est très financiarisé. Les fonds d'investissement sont au capital de la plupart des acteurs, de la plupart des gros consolidateurs du marché, qui ont un besoin de croissance, un besoin d'investissement. Donc le marché restera actif. Nous le voyons encore. Nous avons beaucoup de mandats de vente, de courtier ou de CGP qui trouveront un acquéreur, dans de bonnes conditions de marché. Je ne vois pas le marché faiblir. Des spécialistes se sont créés et deviennent de plus en plus importants et créent une valeur stratégique par rapport aux petits généralistes habituels. Donc oui, le marché se consolide. À la fois les gros qui acquièrent les moyens, les moyens, eux-mêmes financiarisé sont des fonds d'investissement au capital qui peuvent regarder des cibles un petit peu plus petites et donc c'est important de regarder que la consolidation se fait à chacun des niveaux. 2024 devrait être encore une bonne année.
 
FB : C'est plutôt optimiste.
 
GE : Je suis très optimiste sur 2024.
 
FB : Nous vous recevrons peut-être pour voir si les prévisions étaient justes.
 
GE : Avec plaisir.
 
FB : Merci beaucoup, Guillaume.

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