Semi-conducteurs : l’accord entre Washington et Taïwan suscite une réaction ferme de Pékin

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L’accord commercial conclu entre les États-Unis et Taïwan autour des semi-conducteurs marque une nouvelle étape dans la recomposition des chaînes de valeur technologiques mondiales, tout en ravivant les tensions géopolitiques avec la Chine. Annoncé jeudi par le département du commerce américain, ce texte prévoit un développement massif de la production de puces sur le sol américain, en contrepartie d’un abaissement des droits de douane imposés aux produits taïwanais.

Un accord stratégique autour de la production de semi-conducteurs

Dans le détail, l’accord ramène les droits de douane appliqués aux produits taïwanais de 20 % à 15 %, les alignant sur ceux déjà consentis aux produits japonais et européens. En échange, les entreprises taïwanaises du secteur des semi-conducteurs s’engagent à investir « au moins 250 milliards de dollars » aux États-Unis afin d’y développer leurs capacités de production, notamment pour les puces avancées. Un montant équivalent de garanties de crédit doit également être mobilisé pour « renforcer l’écosystème et la chaîne d’approvisionnement en semi-conducteurs aux États-Unis », selon le communiqué du département du commerce.

« Notre objectif est d’amener 40 % de la chaîne d’approvisionnement taïwanaise en semi-conducteurs ici, aux États-Unis », a déclaré le secrétaire au commerce américain, Howard Lutnick, lors d’un entretien accordé à CNBC, soulignant l’enjeu de « sécurité nationale » que représente ce secteur pour Washington.

Une opposition ferme de la Chine

Pékin a rapidement réagi en exprimant son opposition « systématique et résolue » à cet accord. « La Chine s’oppose résolument à tout accord ayant des implications en matière de souveraineté ou un caractère officiel, signé entre des pays ayant des relations diplomatiques avec la région chinoise de Taïwan », a déclaré Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, appelant les États-Unis à « respecter scrupuleusement le principe d’une seule Chine ».

La Chine considère Taïwan comme une partie intégrante de son territoire et voit dans ce rapprochement commercial un facteur supplémentaire de crispation dans une relation déjà marquée par une rivalité stratégique croissante entre Pékin et Washington.

Un enjeu industriel et géopolitique majeur pour Taïwan

Taïwan occupe une position centrale dans l’industrie mondiale des semi-conducteurs. L’île produit plus de la moitié des puces à l’échelle mondiale et presque la totalité des plus avancées, utilisées notamment dans les smartphones et les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle. Cette domination technologique est souvent qualifiée de « bouclier de silicium », susceptible de renforcer la sécurité de l’île en dissuadant toute tentative de blocus ou d’invasion.

Côté taïwanais, l’accord est salué comme une réussite diplomatique et industrielle. Le Premier ministre, Cho Jung-tai, a félicité les négociateurs pour avoir « réussi un coup de maître » après des discussions qualifiées de « durement gagnées ». Le texte prévoit également un soutien de Taïwan aux investissements américains dans les secteurs des semi-conducteurs, de l’intelligence artificielle, des technologies de défense, des télécommunications et des biotechnologies.

Des effets directs sur les droits de douane et les échanges commerciaux

L’accord prévoit que les produits taïwanais, y compris ceux soumis à des taxes sectorielles comme les pièces automobiles, l’ameublement ou le bois de construction, ne soient pas taxés au-delà de 15 %. Les médicaments génériques, leurs principes actifs, les ressources naturelles non disponibles aux États-Unis ainsi que les composants pour l’aviation bénéficieront, quant à eux, d’une exonération totale de droits de douane.

Début 2025, le géant taïwanais TSMC avait déjà annoncé un investissement supplémentaire de 100 milliards de dollars aux États-Unis. Selon Washington, l’entreprise a acquis des terrains et pourrait renforcer encore sa présence en Arizona dans le cadre de cet accord.

Sources : Le Monde, Libération, Challenges, AFP

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