Impôts de production : le retour du débat pour les entreprises françaises

Les impôts de production reviennent au centre du débat budgétaire
La question des impôts de production s’impose déjà comme l’un des sujets économiques majeurs du futur budget 2027 et de la prochaine campagne présidentielle. Selon une étude publiée par Bercy le 19 mai, ces prélèvements ont représenté 96 milliards d’euros pour les entreprises françaises en 2024, soit un montant équivalent aux recettes perçues par les finances publiques.
Ce débat marque le retour des discussions autour de la politique de l’offre menée depuis le premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Après plusieurs années de baisse de la fiscalité pesant sur les entreprises, le ralentissement des finances publiques a toutefois mis cette trajectoire en pause.
Les organisations patronales considèrent désormais qu’une nouvelle réduction devient nécessaire pour soutenir la compétitivité des entreprises françaises, notamment dans l’industrie et l’export.
Une baisse des prélèvements largement ralentie depuis 2024
Les impôts de production regroupent plusieurs taxes acquittées indépendamment de la rentabilité des entreprises, notamment les impôts fonciers, certaines contributions assises sur la masse salariale ou encore les prélèvements économiques locaux.
Selon les données publiées par Bercy, ces impôts représentaient encore 5,5 % de la valeur ajoutée des entreprises françaises en 2019. Ce ratio est retombé à 4,4 % en 2024, conséquence des réformes engagées depuis 2020, notamment la suppression progressive de la CVAE.
Toutefois, le mouvement de baisse semble désormais s’essouffler. La diminution de la CVAE a été presque entièrement compensée par la hausse des impôts fonciers, conduisant à une stabilité globale des prélèvements en 2024.
Cette évolution alimente les critiques du patronat, qui estime que les entreprises françaises restent davantage taxées que leurs concurrentes européennes sur leurs capacités de production.
Les industriels restent les principaux bénéficiaires des réformes fiscales
Les statistiques de Bercy montrent que les entreprises industrielles figurent parmi les principales bénéficiaires des baisses d’impôts engagées depuis 2020, en particulier les grands groupes.
Pour les défenseurs de la politique de l’offre, ces allègements fiscaux participent directement à l’amélioration de la compétitivité industrielle, à l’investissement productif et à l’attractivité du territoire français.
Le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI) estime notamment que ces prélèvements pénalisent les entreprises produisant en France et exportant à l’international.
La contrainte budgétaire complique toute nouvelle baisse fiscale
Le débat s’annonce toutefois particulièrement sensible dans un contexte de fortes tensions sur les finances publiques. Toute nouvelle réduction des impôts de production supposerait de trouver des recettes de compensation ou d’accentuer les efforts budgétaires de l’État.
Cette équation budgétaire pourrait opposer les partisans d’un soutien renforcé aux entreprises aux défenseurs d’un redressement plus rapide des comptes publics.
Le sujet devrait ainsi devenir l’un des principaux marqueurs économiques des discussions budgétaires de l’automne 2026 et de la future élection présidentielle.
Sources : Le Monde, Les Echos
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