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Économie

Meeschaert AM : 2023, le retour du rendement

5
Jan
2023

Bilan 2022

Sortie de la crise sanitaire, guerre en Ukraine, inflation, ralentissement économique, l’année 2022 s’est avérée particulièrement complexe sur les marchés financiers avec une conjonction de facteurs défavorables tant pour les actions que pour les obligations. Rares sont les années durant lesquelles ces classes d’actifs affichent toutes deux des performances négatives. Le caractère inédit du bilan de 2022 ne s’arrête pas là :

- le taux 10 ans français clôture à 3,12%, soit une hausse de 292 bps, retrouvant les niveaux de 2011
- les obligations gouvernementales libellées en euro ont largement sous-performé (-18,22%) les autres classes d’actifs obligataires (obligations d’entreprises Investment Grade : -13,94%) et les indices actions (CAC 40 Total Return : -6,71%)
- les rendements sur l’Investment Grade (4,15%) sont 2 fois plus élevés qu’au plus fort de la crise sanitaire (2%)

Qu’en est-il du haut rendement dans ce contexte ?

La classe d’actifs a également souffert de l’environnement défavorable mais sa moindre sensibilité aux taux d’intérêt et son rendement embarqué supérieur a permis au High Yield de mieux résister malgré les épisodes de volatilité (ICE BofA Euro High Yield Index : -11,47%).

Perspectives obligataires pour 2023

Taux souverains

Sans nul doute, la thématique des pressions inflationnistes sur l’économie mondiale persistera en 2023. Les récentes données outre-Atlantique laissent toutefois entrevoir la possibilité d’une inflexion prochaine en zone euro, mais le degré de décélération de la hausse des prix demeure très incertain. La trajectoire de l’inflation poussera la BCE à conserver, en début d’année, un discours très restrictif avec la poursuite de son resserrement monétaire.

Entre durcissement des conditions monétaires et dégradation progressive des indicateurs macroéconomiques, se pose désormais la question de l’ampleur du ralentissement économique en 2023 : récession forte ou soft landing ? Parmi tous les risques qui pèsent sur l’économie mondiale, l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur les entreprises et sur la consommation des ménages devrait continuer de peser l’an prochain.

Au premier semestre 2023 et dans la continuité des prochaines hausses de taux de la BCE, les taux souverains en zone euro seront toujours sous pression, à l’image du mouvement enregistré en décembre 2022. Il nous semble néanmoins probable que l’essentiel du mouvement de hausse des taux sur les obligations d’État ait désormais été réalisé. Ceux-ci devraient désormais évoluer dans une fourchette [2% - 3%] sur le 10 ans allemand au cours des prochains mois. Leur évolution dans la 2 nde partie de l’année est plus incertaine, elle sera fonction à la fois du recul de l’inflation et de l’ampleur de la récession.


Dettes d’entreprise

Face à la volatilité probable des taux souverains, les obligations d’entreprise se présentent comme une opportunité d’investissement très intéressante à l’aube de 2023, et ceci, pour plusieurs raisons. Leur sensibilité aux taux d’intérêt est inférieure à celle des obligations souveraines, à 4,64 pour l’Investment Grade et à seulement 3,11 sur le High Yield (une année sans nouvelles émissions). Quant au rendement, il a fortement progressé avec des primes de risque qui se sont écartées en anticipation d’un ralentissement économique.

Avec 166 bps de rendement supplémentaire (vs État) sur l’Investment grade, contre 97 bps en début d’année, la dette d’émetteurs bien notés dispose d’un portage suffisamment attractif (4,15%) pour absorber tout ou partie d’une hausse des taux.


Quant au segment du haut rendement, il sera plus sensible à la dégradation des conditions économiques mais les primes de risque ont d’ores et déjà progressé de 200 bps cette année. Si une récession de grande ampleur peut continuer de peser sur ces primes, les rendements absolus sont également désormais élevés (7,46% pour le High Yield en euro) et pourront sur l’année, limiter l’impact d’un nouvel écartement.

Il conviendra surtout :

1/ d’être prudent sur la maturité, avec une préférence pour la maturité 5 ans pour éviter les titres les plus courts (risque de refinancement) et les titres les plus longs (sensibilité élevée)

2/ d’aborder en priorité la notion de risque à travers l’exposition sectorielle, en privilégiant les secteurs les moins cycliques ou les émetteurs les plus solides des secteurs les plus sensibles à l’activité économique.

Les taux de défaut devraient progresser mais rester sur des niveaux inférieurs à 5% du fait :

1/ d’un faible besoin de refinancement en 2023 (3% du gisement arrive à échéance l’an prochain)
2/ d’une position de trésorerie au plus haut depuis 2017 chez les émetteurs
3/ d’un impact de la hausse des coûts de financement qui ne sera pas significatif à court terme


Rendement brut de frais du portefeuille modèle au 30/12/2022 : 7,40%

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