Ormuz : un cap, une péninsule…un PIC ! Christian Bito (ESSEC et SLGP)

Analyses de marchés
Christian Bito
Podcast L'humeur hebdo, Chistian Bito

Une fermeture du détroit d’Ormuz au cœur des tensions de marché

Tel Cyrano, notre nez d'investisseur avisé, nous masquerait-il la réalité face à la fermeture du détroit d’Ormuz ? Sujet crucial puisque Donald Trump vient de lancer un ultimatum. Pour le découvrir, un peu de calcul qui explique la réaction des bourses. Les banques centrales viennent d'opter pour une position défensive. La fermeture du détroit d’Ormuz va provoquer un pic des prix qui justifie leur prose. C'était prévisible.

En revanche, ce qui est très surprenant, c'est la révision de leur prévision de croissance et d'inflation. Les cours du gaz et du pétrole en Europe ont doublé en un mois. Le poids dans les composantes des différents indices d'inflation est d'environ 5 à 8%. En 2022, avec de telles hausses des prix, l'inflation avait doublé, passant de 5 à 10%, soit 5% de plus en 6 mois.

Or, la BCE pense que l'inflation en 2026 passera de 1,9% à 2,6%. Soit pour calculer un si faible impact, une hausse des cours de l'énergie sur l'année que d'environ 10%. Donc après un pic, elle pense qu'un retour vers 70 dollars le baril se ferait dans 3, 4, 5 mois, pas plus. Pour la Fed, l'inflation est actuellement à 2,4%, elle ne monterait qu'à 2,7%.

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Un impact économique limité sur la croissance en zone euro

Idem pour la croissance. En zone euro, le PIB est d'environ 16 000 milliards de dollars. La zone importe 13 millions de barils jour. Une hausse de 30 dollars du prix du baril coûtera donc environ 300 millions par jour soit sur un an 365 fois plus, donc 100 milliards de dollars environ.

Si cette dépense est entièrement absorbée par la consommation et les entreprises, cela diminuerait la croissance du PIB de 0,6%, c'est-à-dire 100 milliards rapportés à nos 16 000 milliards. Or, là aussi, les perspectives sont beaucoup moins pessimistes puisque la BCE pense que la croissance passerait de plus 1,2% à 0,9%, soit moins 0,3% et non moins 0,6%.

Ce qui signifie que les consommateurs pourraient, dans ces hypothèses, prélever sur leur épargne afin de payer pour partie la hausse des prix de l'énergie et aussi que la crise ne durerait que de 4 à 6 mois et non 12 dans notre calcul. Pour la Fed, la croissance est même revue à la hausse de 2,3 à 2,4% pour 2026. Les dépenses militaires et là aussi une durée courte du conflit expliqueraient ce relatif optimisme.

Donc, un pic et non un choc ? Tout dépendra des développements sur le terrain, mais déjà les taux longs se sont bien tendus à 3,75% pour le 10 ans français en clôture vendredi dernier. Enfin, chez nous, nous serons protégés par un nouveau porte-avions, un des plus grands du monde. 10 milliards d'euros d'investissement. Mais au fait, comment va-t-il s'appeler déjà ?

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