"De l’eau pour mettre le feu : l’opéra ?!"

.webp)
Comme tous les lundis, le podcast de Christian Bito "L'humeur hebdo" . Cette semaine, il revient sur la nouvelle escalade des tensions au Moyen-Orient, marquée par les menaces sur les infrastructures de dessalement et la fermeture du détroit d'Ormuz, avec leurs répercussions sur les prix du pétrole et les marchés financiers. Il analyse également le recul de l'inflation américaine, l'évolution des taux d'intérêt et les interrogations qui persistent autour des valeurs technologiques, malgré les solides résultats publiés par ASML.
L'eau devient un nouvel enjeu stratégique dans les tensions au Moyen-Orient
Ces dernières 48 heures, nous assistons à une nouvelle escalade. Au Koweït, l'Iran a visé une centrale de dessalement d'eau. Le Koweït est dépendant à plus de 90 % pour son eau de ce type d'installation. Les autres pays du Golfe le sont également à plus de 60 % en moyenne. Cette nouvelle menace sur l'eau est aussi vitale que celle sur le pétrole pour nos pays européens ou asiatiques. Mais il n'est pas évident que cette stratégie de l'eau paiera, car l'Iran serait également exposé à une attaque sur ses capacités de désalinisation.
Le pétrole remonte tandis que les marchés saluent le recul de l'inflation américaine
Une autre menace d'ailleurs sur le pétrole. Selon l'Iran, deux pétroliers auraient été victimes de mines dans le détroit d'Ormuz, à confirmer, qui reste d'ailleurs totalement fermé. Le baril de Brent est donc remonté à 88 $. Les taux longs US à 10 ans terminent à 4,55 % et les taux français à 3,93 % vendredi dernier, sans encore trop remonter, car la baisse de l'inflation CPI US à 3,5 % et l'inflation core qui revient à 2,6 % a été bien accueillie.
Les semi-conducteurs restent sous surveillance malgré les bons résultats d'ASML
En parallèle, les valeurs technologiques, les hyperscalers et autres fabricants de semi-conducteurs continuent d'inquiéter les investisseurs. SpaceX, après son décollage lors de l'introduction en Bourse record, est revenu sous son cours initial. Les investisseurs craignent que les semi-conducteurs subissent le contrecoup de la diminution des investissements colossaux en infrastructures. Pourtant, ASML, le leader des machines pour fabriquer des puces, a présenté de bons résultats avec un bénéfice en hausse de 26 % sur un an ainsi que des perspectives solides.
Des indicateurs économiques plus favorables limitent la nervosité des marchés
Le feu sur les marchés reste néanmoins encore contenu, car d'autres nouvelles économiques sont plutôt bonnes. Outre l'inflation américaine en recul, les prix à la production aux États-Unis, qui grimpaient à +6 % en mai dernier sur un an, reviennent à +5 %. Ensuite, la confiance des consommateurs américains, mesurée par l'indice de l'Université du Michigan, poursuit son redressement après un plus bas historique qui remonte au mois de mai. Les événements géopolitiques reprennent le devant de la scène. Les États-Unis comme l'Iran attachent beaucoup d'importance aux conséquences sur leurs économies, ce qui devrait influer sur l'évolution de la situation. Il y aura des hauts et des bas encore cet été.
Rétrospective du 23 mars 2026 :
Une fermeture du détroit d’Ormuz au cœur des tensions de marché
Tel Cyrano, notre nez d'investisseur avisé, nous masquerait-il la réalité face à la fermeture du détroit d’Ormuz ? Sujet crucial puisque Donald Trump vient de lancer un ultimatum. Pour le découvrir, un peu de calcul qui explique la réaction des bourses. Les banques centrales viennent d'opter pour une position défensive. La fermeture du détroit d’Ormuz va provoquer un pic des prix qui justifie leur prose. C'était prévisible.
En revanche, ce qui est très surprenant, c'est la révision de leur prévision de croissance et d'inflation. Les cours du gaz et du pétrole en Europe ont doublé en un mois. Le poids dans les composantes des différents indices d'inflation est d'environ 5 à 8%. En 2022, avec de telles hausses des prix, l'inflation avait doublé, passant de 5 à 10%, soit 5% de plus en 6 mois.
Or, la BCE pense que l'inflation en 2026 passera de 1,9% à 2,6%. Soit pour calculer un si faible impact, une hausse des cours de l'énergie sur l'année que d'environ 10%. Donc après un pic, elle pense qu'un retour vers 70 dollars le baril se ferait dans 3, 4, 5 mois, pas plus. Pour la Fed, l'inflation est actuellement à 2,4%, elle ne monterait qu'à 2,7%.
Lire aussi : “Guerre en Iran : un espoir de rebond ?”
Un impact économique limité sur la croissance en zone euro
Idem pour la croissance. En zone euro, le PIB est d'environ 16 000 milliards de dollars. La zone importe 13 millions de barils jour. Une hausse de 30 dollars du prix du baril coûtera donc environ 300 millions par jour soit sur un an 365 fois plus, donc 100 milliards de dollars environ.
Si cette dépense est entièrement absorbée par la consommation et les entreprises, cela diminuerait la croissance du PIB de 0,6%, c'est-à-dire 100 milliards rapportés à nos 16 000 milliards. Or, là aussi, les perspectives sont beaucoup moins pessimistes puisque la BCE pense que la croissance passerait de plus 1,2% à 0,9%, soit moins 0,3% et non moins 0,6%.
Ce qui signifie que les consommateurs pourraient, dans ces hypothèses, prélever sur leur épargne afin de payer pour partie la hausse des prix de l'énergie et aussi que la crise ne durerait que de 4 à 6 mois et non 12 dans notre calcul. Pour la Fed, la croissance est même revue à la hausse de 2,3 à 2,4% pour 2026. Les dépenses militaires et là aussi une durée courte du conflit expliqueraient ce relatif optimisme.
Donc, un pic et non un choc ? Tout dépendra des développements sur le terrain, mais déjà les taux longs se sont bien tendus à 3,75% pour le 10 ans français en clôture vendredi dernier. Enfin, chez nous, nous serons protégés par un nouveau porte-avions, un des plus grands du monde. 10 milliards d'euros d'investissement. Mais au fait, comment va-t-il s'appeler déjà ?
Ecouter/lire aussi : “Iran : le risque d’enlisement inquiète”
Lire aussi :
En attendant la réouverture du détroit d’Ormuz
Le recours aux liquidités est rarement la bonne réponse face aux événements géopolitiques
Contributeurs
Les indispensables de votre veille professionnelle
Graph du jour
Chaque jour, nous sélectionnons pour vous, professionnels de la gestion d'actifs, une actualité chiffrée précieuse à vos analyses de marchés.
Statistiques marchés, baromètres, enquêtes, classements, résumés en un graphique ou une infographie dans divers domaines : épargne, immobilier, économie, finances, etc. Ne manquez pas l'info visuelle quotidienne !
Zero. Un an après le « Liberation Day », les droits de douane de Trump ne rapportent plus rien

Droits de douane : les recettes de Trump tombent à zéro
Un an après le « Liberation Day », les droits de douane de Donald Trump n'ont rapporté aucune recette nette en mai. Explications sur ce retournement.
Le top 5 des graphiques les plus consultés
Un outil pratique mis à votre disposition pour découvrir et vous inscrire aux prochains événements de nos partenaires : webinars, roadshow, formations, etc.

.webp)
.webp)














.webp)


















