Marchés : l’emploi américain déçoit, la pression monte en France

Comme tous les mercredis, Julien Quistrebert décode les marchés pour Club Patrimoine avec la série Décodages
On va commencer par la donnée macro de la semaine. C'était l'emploi américain. Qu'est-ce qu'il fallait en retenir ?
Ce sont des chiffres qui ont été assez décevants. 29 000 créations. On attendait 90 000. On a eu aussi des révisions sur cet été. Et puis un chômage qui atteint les 4,2 %. La seule bonne nouvelle, j'irais, c'est peut-être les créations dans le secteur privé qui sont positives. Mais on reste dans un environnement pour l'emploi qui est un petit peu difficile. Donc c'est vrai que ça va un petit peu rassurer les investisseurs, peut-être, sur les risques de hausse de taux de la Fed.
Mais en parallèle, en ce début de semaine, on a beaucoup de placements du côté du Trésor américain, en tout cas une enchère aujourd'hui sur près de 39 milliards, 22 milliards dès demain sur le 30 ans, ce jeu de vie, donc ça fait des chiffres assez importants et on voit un besoin américain qui s'envole et qui atteint des plus hauts sur 24 ans.
Donc ça met de la pression évidemment sur le marché actions.
On enchaîne avec la France, toujours les mêmes maux, mais qui semblent un peu s'accentuer
Tout à fait, les spreads qui ne cessent de s'écarter vis-à-vis de l'Allemagne, 140, 150 BP. On arrive sur des niveaux quand même de stress assez importants et toujours pas de réaction du côté de la Banque centrale. Donc le marché va certainement continuer à tester. On a des discours évidemment sur le budget. On a eu le budget économique aussi présenté par Marine Le Pen, qui semble ne pas avoir beaucoup convaincu le marché. Donc on a toujours ces tensions qui sont assez fortes et, au-delà de ça, on a l'inflation sur la zone euro qui accélère, 3,8 % en septembre contre 3,2 % en août. L'énergie, bien sûr, plus 18 % sur un an et un pic d'inflation, en tout cas sur l'énergie, qui est attendu pour début 2027.
Donc un environnement qui reste assez difficile et des banques centrales qui sont dans une situation un petit peu complexe puisque remonter les taux dans cet environnement, ça paraît évident. Il y a un gros risque évidemment de casser la croissance. D'ailleurs, dans ce cadre, on attendra aussi ce soir les publications des minutes de la Fed.
Pour terminer, un petit mot sur votre positionnement sur vos différents fonds chez Tailor AM
On est resté sur une posture, je dirais, en tout cas sur la partie obligataire, assez prudentielle d'un point de vue de la sensibilité, avec des durations toujours courtes. On a toujours du risque de crédit parce que la rémunération nous semble intéressante. Pas de volonté encore à ce stade d'augmenter la sensibilité. Sur les actions, je dirais qu'on a un positionnement relativement neutre avec un biais sur les émergents, un peu de sous-pondération sur le CAC et sur l'Europe, réduction d'exposition au secteur bancaire au vu du risque souverain.
Voilà, donc un petit peu de prudence, même si on reste quand même assez optimiste sur les perspectives de résultats et de croissance bénéficiaire des entreprises.
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