Carmignac
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Althéis
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Rivage Investment
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Principal Asset Management
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Triodos IM
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Sunny AM
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Apax by Seven2
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Christian Bito
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Natixis Investment Managers
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VEGA Investment Solutions
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Janus Henderson Investors
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H2O AM
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Ginjer AM
Léonard Cohen
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Gérald Grant
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Althéis
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Altaroc
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Swiss Life Asset Managers France
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Inflation, croissance, chômage : les scénarios inquiétants de la Banque de France

Économie
Banque de France prévision croissance

La Banque de France a légèrement abaissé sa prévision de croissance pour 2026. Dans ses projections intermédiaires publiées hier, mercredi 25 mars 2026, l’institution centrale décrit aussi des scénarios nettement plus dégradés en cas de prolongation du choc géopolitique au Moyen-Orient. Dans l’hypothèse la plus sombre, la croissance du PIB tomberait à 0,3 % en 2026, pendant que l’inflation grimperait à 3,3 %. Pour l’économie française, le risque n’est donc pas celui d’un basculement immédiat en récession, mais bien celui d’un enchaînement plus insidieux mêlant ralentissement de l’activité, poussée des prix et fragilisation du marché du travail.

Une croissance sous pression dès 2026

Dans son scénario central, la Banque de France table désormais sur une croissance de 0,9 % en 2026, contre 1 % dans ses projections de décembre. La révision reste limitée, mais elle confirme un environnement moins porteur. Sur les prix, l’institution revoit aussi sa copie. L’inflation est désormais attendue à 1,7 % en 2026, contre 1,3 % auparavant. À ce stade, l’effet de la guerre en Iran apparaît donc encore contenu dans le scénario de référence.

La dégradation devient plus visible à l’horizon 2028. La croissance du PIB est révisée à 0,8 %, soit 0,2 point de moins que dans les précédentes estimations. Pour la Banque de France, la hausse des prix de l’énergie et le relèvement des taux d’intérêt par rapport à décembre pèseraient sur l’activité, en particulier à partir de 2027.

Lire aussi : Croissance mondiale 2026 : Goldman revoit à la baisse ses prévisions

Des scénarios noirs sur fond de choc énergétique

L’intérêt majeur de ces projections réside dans les scénarios alternatifs modélisés par la Banque de France. Dans une hypothèse défavorable, la croissance tomberait à 0,6 % et l’inflation monterait à 2,5 %. Dans le scénario le plus sombre, le PIB progresserait de seulement 0,3 %, tandis que l’inflation atteindrait 3,3 %.

Ce scénario noir repose sur une flambée durable des prix de l’énergie. Les économistes de la Banque de France précisent que le pétrole et le gaz pourraient alors atteindre respectivement 145 dollars par baril et 106,00 €/MWh au deuxième trimestre 2026, avant de rester à des niveaux durablement élevés. Cette hypothèse redessine complètement l’équation macroéconomique française, en renvoyant le pays à un choc d’offre susceptible de freiner la croissance tout en alimentant l’inflation.

Consommation, chômage : les moteurs de l’économie fragilisés

Le principal canal de transmission identifié par la Banque de France passe par le pouvoir d’achat. Le choc inflationniste affecterait à la fois la consommation et l’investissement des ménages. Or la demande intérieure reste un moteur essentiel de l’économie française. Une hausse prolongée des prix de l’énergie rognerait donc directement la capacité de dépense des ménages et pèserait sur l’activité.

Dans ce contexte, l’absence de marges de manœuvre budgétaires limite les capacités de réponse publique. Les pistes avancées portent surtout sur des contrôles dans les stations-service, une hausse de la production dans les raffineries et des mesures ciblées pour certains secteurs exposés, notamment l’agriculture, la pêche et le transport. En pratique, une part importante du coût économique du choc pourrait donc être absorbée par les ménages eux-mêmes, via une consommation affaiblie.

Le chômage remonte dans un marché du travail moins dynamique

Autre signal d’alerte, la Banque de France anticipe une remontée du chômage à 8 % cette année, contre 7,8 % dans ses précédentes projections. Ce niveau marquerait un sommet inédit hors période pandémique depuis 2020. La dégradation de l’activité et la fin progressive des dispositifs massifs de soutien à l’emploi conduisent les entreprises à ralentir leurs embauches.

Cette évolution renforce le risque d’un cercle moins favorable pour l’économie française. Une demande sous pression, une croissance affaiblie et un marché du travail moins dynamique peuvent nourrir une forme de prudence généralisée, peu propice à la reprise.

La BCE face à un dilemme entre inflation et croissance

Ces projections interviennent alors que la Banque centrale européenne a opté pour le statu quo lors de sa dernière réunion. Mais plusieurs analystes redoutent qu’une remontée des taux ne vienne encore alourdir le ralentissement de l’activité. La difficulté est évidente : si l’inflation repart à la hausse sous l’effet de l’énergie, le durcissement monétaire pourrait peser davantage sur la demande sans répondre totalement à l’origine du choc.

La Banque de France met ainsi en lumière une situation de plus en plus inconfortable pour l’économie française. Le scénario central reste encore modéré, mais les hypothèses défavorables montrent qu’un prolongement du conflit pourrait rapidement dégrader les grands équilibres macroéconomiques.

Lire aussi : Un nouveau durcissement monétaire de la BCE ?

Un choc d’incertitude aux effets durables

Au-delà des chiffres immédiats, la guerre en Iran ravive aussi le thème du choc d’incertitude. Les économistes travaillent depuis plusieurs années sur les effets de ces épisodes géopolitiques sur l’économie réelle. En France, Raul Sampognaro, économiste à l’OFCE, avait montré qu’un choc comme la guerre en Ukraine pouvait provoquer une baisse du commerce mondial des marchandises de 0,7 point en volume et un recul de la production industrielle mondiale de 0,6 point.

La comparaison a ses limites, mais elle rappelle une réalité devenue centrale pour les marchés comme pour les décideurs publics : les crises géopolitiques ne produisent pas seulement des effets sur l’énergie, elles modifient aussi les comportements d’investissement, de consommation et d’anticipation. Pour la Banque de France, le risque n’est donc plus seulement celui d’un ralentissement technique. Il est celui d’une économie française plus vulnérable à un choc externe durable, avec une croissance en berne, une inflation plus vive et un chômage orienté à la hausse.

Source : La Tribune

Lire aussi : Pétrole, inflation et résultats d’entreprises : les marchés entre tensions géopolitiques et fondamentaux toujours solides

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