Emploi américain : faut-il s’inquiéter du ralentissement ?
Commençons par notre traditionnel récap de la semaine, qu'est-ce qu'il ne fallait pas rater ?
Des inquiétudes macroéconomiques ravivées aux États-Unis
La semaine dernière a ravivé certaines inquiétudes macro-économiques aux États-Unis. Les créations d'emplois non-agricole publiées pour février ont surpris à la baisse, tandis que les prix du pétrole sont repartis à la hausse à cause du conflit au Moyen-Orient. Cette combinaison a relancé dans le marché un débat qu'on n'avait pas beaucoup entendu récemment, celui d'un risque de stagflation, c'est-à-dire une économie qui ralentit alors que l'inflation reste élevée. Dans ce contexte, le S&P a perdu 1,99 % la semaine dernière, le Nasdaq Composite 1,2 % et le Russell 2000 4,03 %.
Les analyses de marchés géopolitiques
Justement, en parlant des chiffres de l'emploi aux États-Unis, ils ont été accueillis avec plutôt de la déception vendredi dernier ?
Un rapport sur l’emploi américain plus faible que prévu
Oui, le rapport a surpris négativement. Les créations d'emplois non agricoles ont reculé de 92 000 postes en février après un chiffre de janvier révisé à la baisse à 126 000. C'est la baisse mensuelle la plus marquée depuis octobre 2022 et un résultat nettement inférieur aux attentes de marché qui anticipait encore des créations d'emplois positives. Pour autant, plusieurs facteurs temporaires semblent avoir pesé sur les chiffres du mois dernier. D'abord, un conflit social important dans le secteur de la santé avec une grève impliquant environ 31 000 employés, ce qui a contribué à la forte baisse des emplois dans ce secteur.
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Ensuite, les conditions météorologiques ont également joué un rôle. Une tempête au début du mois de février a affecté plusieurs secteurs sensibles à la météo, comme la construction, le commerce de détail ou encore l'hôtellerie-restauration. À cela s'ajoute un effet de rattrapage après un mois de janvier marqué par des conditions météo particulièrement favorables.
Un autre élément technique a aussi pesé sur les chiffres, la révision du modèle dit « birth and death » utilisé par le BLS pour estimer les créations d'entreprises. Ce modèle, désormais mis à jour avec des données plus récentes, a contribué beaucoup moins positivement aux estimations d'emplois que les années précédentes. Si on neutralise ces facteurs temporaires, la dynamique de l'emploi reste positive, mais nettement plus modérée. Les estimations suggèrent que les créations d'emplois tournent désormais autour de 20 000 postes par mois, soit un rythme légèrement inférieur au seuil nécessaire pour stabiliser le taux de chômage.
Mais ce taux de chômage, justement, il a progressé jusqu'à 4,44 %.
Une remontée du taux de chômage et des tensions persistantes sur les salaires
Oui, donc 4,44 % contre 4,32 % le mois précédent. Cette hausse reflète en partie une augmentation du nombre de personnes ayant perdu leur emploi. Dans le détail sectoriel, plusieurs secteurs ont reculé, la santé, la construction, les loisirs et l'hôtellerie-restauration. Le secteur de l'information, notamment la technologie, continue également de supprimer des postes, une tendance observée depuis plus d'un an. En revanche, un point important reste la dynamique des salaires. Les salaires horaires moyens ont progressé de 0,4 sur un mois, soit un rythme supérieur aux attentes du consensus. Cela suggère que les tensions sur le marché du travail n'ont pas totalement disparu. Au final, le message principal est assez nuancé. Le marché du travail américain ne s'effondre pas, mais il montre des signes de refroidissement progressif. Les embauches ralentissent, certaines entreprises indiquent vouloir maintenir leur effectif stable cette année, et les flux d'entrées au chômage commencent à augmenter légèrement.
On va finir avec la semaine qui arrive, il y a notamment des indicateurs macro à surveiller.
Les indicateurs macroéconomiques à surveiller cette semaine du 10/03/2026
D'abord cet après-midi avec l'indice de confiance des petites entreprises publié par le National Federation of Independent Business. Surtout, le point clé de la semaine arrivera mercredi avec la publication de l'indice des prix à la consommation de février par le Bureau of Labor Statistics. Le consensus anticipe une inflation annuelle autour de 2,5 avec une inflation cœur, donc hors énergie et alimentation, environ 2,4%. Sur un mois, les deux indices sont attendus en hausse de 0,3. Ces chiffres sont particulièrement surveillés pour voir si la désinflation se poursuit ou si la pression sur les prix reste persistante. La fin de semaine sera également riche en statistiques. Vendredi, le Bureau of Economic Analysis publiera l'indice PCE de janvier. On aura également les secondes estimations de la croissance du PIB américain pour le quatrième trimestre et parallèlement, le Bureau of Labor Statistics publiera le JOLT sur les offres d'emploi. Les économistes anticipent environ 6 680 000 postes vacants, un indicateur clé pour évaluer la tension sur le marché du travail. Enfin, l'Université du Michigan publiera son indice de confiance des consommateurs pour mars, attendu autour de 56,8, légèrement au-dessus du niveau de février.
Un dernier point rapide, les États-Unis viennent de passer à l'heure d'été, donc jusqu'au 27 mars, la séance américaine se déroulera donc de 14h30 à 21h, heure de Paris.
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