"L’argent ne dort jamais : vers une cotation en continu à Wall Street"

Comme tous les mardis, Eric Lafrenière chez Sunny AM fait le point sur les marchés américains dans notre podcast Good Morning America.
Commençons par le récap d'une semaine assez chargée la semaine dernière, avec une fin plutôt positive.
Nvidia et la Fed ont donné le ton aux marchés américains
La semaine dernière s'est terminée sur une note globalement positive pour les marchés américains. Le grand rendez-vous de la semaine était bien évidemment la publication de NVIDIA. Le groupe a une nouvelle fois dépassé les attentes et confirmé que la demande pour les infrastructures liées à l'intelligence artificielle restait extrêmement forte. Ces perspectives ont également rassuré les investisseurs sur la poursuite du cycle d'investissement dans l'IA, permettant au titre de progresser fortement après la publication.
Mais en fin de semaine, l'attention s'était déplacée vers Jackson Hole et le discours du président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh. Son message a été perçu comme particulièrement ferme sur l'inflation. Il a réaffirmé la priorité donnée au retour de l'inflation vers l'objectif de 2 %, entraînant une remontée des taux obligataires et une révision à la hausse des anticipations de hausse des taux lors de la prochaine réunion de la Fed. La probabilité d'un relèvement en septembre est ainsi passée d'environ 35 % avant son discours à près de 60 % ensuite et 66 % aujourd'hui.
En résumé, la semaine dernière aura donc illustré les deux principaux moteurs des marchés : d'un côté, une dynamique toujours très forte autour de l'intelligence artificielle ; de l'autre, une Fed qui reste particulièrement vigilante face à l'inflation.
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Cette semaine plusieurs thèmes à suivre, commençons avec le Moyen-Orient, toujours source d'inquiétude.
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3 thèmes devraient retenir l'attention des investisseurs.
Le premier, la situation au Moyen-Orient et son impact sur les cours du pétrole. Les tensions se sont à nouveau intensifiées ces dernières heures entre les États-Unis et l'Iran, avec une reprise des affrontements autour du détroit d'Ormuz. Cette escalade a provoqué une forte hausse des cours du pétrole, avec un Brent repassant au-dessus de 90 dollars le baril. Le sujet sera particulièrement important à suivre. Une hausse durable des prix de l'énergie pourrait alimenter la pression inflationniste et compliquer encore davantage la tâche de la Réserve fédérale.
Le deuxième thème, ce sont les données sur l'économie et surtout l'emploi américain. La semaine débutera avec le rapport JOLTS et l'ISM manufacturier, puis se poursuivra avec l'ISM des services. Mais le rendez-vous majeur sera vendredi avec la publication du rapport mensuel sur l'emploi. Le consensus attend environ 58 000 créations d'emplois en août après une baisse surprise de 23 000 en juillet, avec un taux de chômage attendu autour de 4,1 %.
Ces chiffres seront particulièrement scrutés car ils pourraient influencer directement les anticipations concernant la prochaine décision de la Fed.
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Enfin, troisième thème, les résultats d'entreprises, et là encore l'intelligence artificielle au centre du débat. Plusieurs publications importantes sont attendues, notamment Dell, Palo Alto Networks, MongoDB et Snowflake. Mais le principal rendez-vous sera sans doute Broadcom. Après les résultats très solides de NVIDIA, les investisseurs chercheront à savoir si la forte demande liée aux infrastructures d'intelligence artificielle se confirme chez les autres grands acteurs du secteur. Les perspectives de Broadcom seront donc particulièrement importantes pour mesurer la poursuite du cycle d'investissement.
En résumé, après une semaine dominée par NVIDIA et par le durcissement du discours de la Fed, les marchés devront cette semaine composer avec trois grands sujets : l'évolution des tensions au Moyen-Orient et du pétrole, la santé du marché de l'emploi et la capacité des entreprises technologiques à confirmer que le cycle d'investissement dans l'intelligence artificielle reste intact.
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Les marchés américains vont prolonger leurs horaires d'ouverture à 23 heures par jour. Qu'est-ce que ça peut changer pour ces marchés ?
Les marchés actions américains s'apprêtent à franchir une nouvelle étape. À partir du 6 décembre, le Nasdaq et le New York Stock Exchange devraient proposer près de 23 heures de cotation par jour, cinq jours sur sept. Concrètement, une nouvelle session de trading sera ouverte de 21 heures à 4 heures du matin, heure de New York, en complément des horaires traditionnels.
L'objectif est clair : mieux répondre à la demande des investisseurs internationaux, notamment en Asie, qui pourront accéder au marché américain pendant les heures de journée. Pour les places boursières, c'est évidemment une opportunité commerciale importante, mais pour les investisseurs particuliers américains, la question est beaucoup plus délicate parce que ces nouvelles heures de cotation risquent, dans un premier temps, d'être caractérisées par une liquidité plus faible. Et qui dit moins de liquidité dit potentiellement davantage de volatilité et des écarts de prix plus importants.
Un investisseur américain pourrait ainsi découvrir, une nuit, en se réveillant, une action qui a fortement bougé après une annonce importante et devoir décider s'il intervient immédiatement ou s'il attend la réouverture du marché traditionnel. Les grandes banques et les hedge funds, eux, disposent déjà d'outils et de l'expertise nécessaires pour exploiter rapidement ces mouvements de prix. Le risque est donc de voir se creuser, au moins temporairement, l'écart entre les investisseurs professionnels et particuliers. Les autorités et les opérateurs de marché ont toutefois prévu plusieurs garde-fous, notamment des limites de volatilité pouvant encadrer les mouvements de cours, ainsi qu'une interruption quotidienne d'une heure entre 20 heures et 21 heures.
Reste une question essentielle : cette protection sera-t-elle suffisante dans un marché où la liquidité sera mécaniquement plus faible ? Car derrière cette évolution se dessine déjà l'étape suivante, celle d'un marché véritablement ouvert 24 heures sur 24, sept jours sur sept. La SEC doit d'ailleurs poursuivre ses réflexions sur ce sujet. L'idée d'un marché toujours ouvert répond à une évolution logique des marchés financiers mondialisés, mais elle pose aussi une vraie question de fond : voulons-nous un marché qui permette d'investir à tout moment ou un marché qui encourage à spéculer en permanence ? Une chose est certaine, le marché actions américain est en train de perdre progressivement son horloge traditionnelle et cette transformation pourrait profondément changer la façon dont nous investissons.
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