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Analyses de marchés

L'inflation des services au coeur des préoccupations (Ofi Invest AM)

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14
Jun
2024
La baisse des prix de l’énergie, le reflux de l’inflation alimentaire et la désinflation des biens ont joué un rôle dominant dans la normalisation de l’inflation.
L'inflation des services au coeur des préoccupations (Ofi Invest AM)

Le potentiel baissier de ses composantes nous semble désormais épuisé, de sorte que le dernier kilomètre de la désinflation doit reposer unique- ment sur l’inflation des services, qui est la composante plus rigide de l’inflation. C’est le dénominateur commun aux États-Unis et en Europe (voir graphique), et c’est ce qui allonge la dernière ligne droite vers la cible d’inflation de 2 %.

Un petit pas dans la bonne direction aux États-Unis

L’inflation américaine a baissé à 3,4 % en glissement annuel en avril et le déflateur des dépenses de consommation, l’indice de référence de la Réserve fédérale américaine (Fed) pour mesurer l’inflation, est déjà sous les 3 % depuis octobre dernier, actuellement à 2,7 %. Les données de mai ont rassuré, la dynamique de court terme d’inflation des services s’est calmée, en particulier celle des services de transport (assurances et réparations automobiles) responsables de la réaccélération du début d’année. Cela semble confirmer que la récente poussée n’est pas due à la demande et que cette inflation devrait se normaliser au cours des prochains trimestres. En outre, la modération de la consommation observée au premier trimestre et en avril semble indiquer une normalisation déjà en cours. Des signes de faiblesse apparaissent chez les particuliers à faibles revenus : les données montrent que les retards de paiement sont de plus en plus fréquents pour les emprunteurs les plus endettés. Toutefois, les particuliers américains à revenus élevés ou moyens sont toujours des bilans en bonne santé. Une consommation potentiellement plus contenue devrait également contribuer à la poursuite de la désinflation.

...mais la voie reste étroite pour la Fed


Dans l’ensemble, les dernières données constituent un soulagement pour la Fed, mais seulement un petit pas dans la bonne direction. La voie reste étroite et il ne faut plus de mauvaises surprises sur le front de l’inflation pour déclencher des baisses de taux, à moins que le marché du travail ne s’avère beaucoup plus faible que prévu. La Fed pourrait alors réduire ses taux pour la première fois, probable- ment en septembre.

De la matière pour les faucons en Europe


En Europe, l’inflation des services peine à ralentir au Royaume-Uni, atteignant 5,9 % en avril, et retarde l’assouplissement monétaire de la Banque d’Angleterre. En zone Euro, l’inflation globale est passée de 2,4 % à 2,6 % en glissement annuel en mai, mais l’inflation des services remonte de 3,7 % à 4,1 %. Des effets de base défavorables en ce milieu d’année et la rigidité intrinsèque dans les prix des services ne permettront pas le reflux de l’inflation avant la fin d’année. Par ailleurs, la dynamique salariale, une variable mise en avant par la BCE, est restée élevée au 1er trimestre (4,7 % en glissement annuel vs 4,5 % au 4e trimestre 2023). Sur la base de l’indice prévisionnel des salaires de la BCE, des réponses des entreprises participant à l’enquête téléphonique de la BCE et des données sur les salaires provenant des nouvelles offres d’emploi, nous pouvons nous attendre à ce que la croissance des salaires plafonne à environ 4 % cette année et ne se normalise plus qu’à partir de 2025.

Justifie une communication prudente de la BCE


La BCE a réduit ses taux directeurs de 25 points de base, comme prévu, mais elle a naturellement évité tout pré-engagement et les décisions futures resteront fortement dépendantes des données. Néanmoins, des baisses de taux graduelles, possiblement une par trimestre, ne sont pas remises en cause, car les nouvelles projections économiques de la BCE confirment un retour de l’inflation à 2 % dans la deuxième partie de 2025.

L'Europe a voté


Selon les résultats provisoires, le Parlement européen a vu la montée des partis d’extrême droite à travers le Continent, dont les conséquences se sont déjà fait sentir en France avec les élections anticipées. Toutefois, les principaux partis pro-européens détiennent toujours la majorité absolue des sièges et pourraient encore former une « grande coalition ». Selon le calendrier, la première session plénière du nouveau Parlement pour élire le président est prévue du 16 au 19 juillet, et une autre session plénière aura lieu du 16 au 19 septembre pour élire le président de la Commission européenne. Ce n’est donc qu’à l’aube des élections présidentielles américaines que toutes les institutions européennes seront opérationnelles.

Par Ombrella Signori, Directrice de la Recherche Macroéconomique et Stratégie OFI INVEST ASM

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