Pétrole : sous 100 dollars après la trêve, déjà de retour vers 97 dollars

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Le signal est clair : les marchés ne croient pas, ou plus vraiment, à la solidité du cessez-le-feu. Et comme souvent dans ce type de séquence, tout se lit dans le pétrole. À peine passée sous les 100 dollars après l’annonce de la trêve entre Washington et Téhéran, la référence mondiale Brent est repartie à la hausse, franchissant de nouveau les 97 dollars le baril. Le brut américain suit le même chemin. Un retournement rapide, presque brutal, qui traduit un basculement du sentiment de marché en l’espace de quelques heures.

Sous les 100 dollars puis rebond : le pétrole dicte le tempo

Ce mouvement n’a rien d’anecdotique. Il reflète une inquiétude grandissante quant à la réalité de l’apaisement au Moyen-Orient. Car derrière la trêve, les tensions restent intactes, voire s’intensifient. Le détroit d’Ormuz reste largement fermé par l’Iran. Tant que cette artère stratégique n’est pas rouverte, les marchés considèrent que le risque est toujours présent, voire imminent. Dans le même temps, les frappes israéliennes au Liban, particulièrement meurtrières, ravivent les craintes d’un embrasement régional. Le cessez-le-feu apparaît dès lors comme une parenthèse fragile plutôt qu’un véritable tournant.

Des marchés actions suspendus au prix du baril

Les marchés actions ont immédiatement réagi. En Europe, l’ouverture s’est faite dans le rouge : le CAC 40, l’Euro Stoxx 50 et le DAX reculent autour de 0,3 %, tandis que Londres limite légèrement la baisse. Les valeurs sensibles, comme LVMH, pèsent sur les indices.

Même tonalité en Asie, où la plupart des places ont terminé en repli. Tokyo, Séoul, Hong Kong ou Shanghai enregistrent des baisses marquées. L’euphorie de Wall Street la veille, portée par l’annonce du cessez-le-feu, semble déjà loin.

Car au fond, les investisseurs ne regardent plus vraiment les déclarations politiques. Ils observent le pétrole. Et pour l’instant, le message est sans ambiguïté : la situation reste instable.

Il y a encore 24 heures, pourtant, le scénario était tout autre. Les marchés avaient salué la trêve avec enthousiasme. À Paris, le CAC 40 s’envolait, porté par la chute des prix de l’énergie et la détente des taux.

Le recul du pétrole avait alimenté l’espoir d’un choc énergétique évité. Dans la foulée, les anticipations de hausse de taux par la Banque centrale européenne s’étaient nettement repliées, les investisseurs écartant temporairement le risque inflationniste.

Certaines valeurs, notamment dans le transport aérien, avaient fortement rebondi, profitant de la baisse attendue des coûts du carburant. À l’inverse, les groupes pétroliers avaient été pénalisés.

Mais cette séquence n’aura duré qu’un temps. Le rebond du pétrole efface déjà une partie de ce scénario.

Un marché de l’énergie encore loin de la normalisation

Au-delà des réactions immédiates, les fondamentaux restent fragiles. Même en cas de maintien de la trêve, le retour à la normale sur les marchés de l’énergie prendra du temps.

La production pétrolière a été fortement affectée dans la région, certains pays ayant réduit drastiquement leurs volumes. Redémarrer ces installations ne se fait pas instantanément. Plusieurs mois seront nécessaires dans certains cas.

Les contraintes logistiques compliquent également la situation. Des centaines de navires restent bloqués autour du détroit d’Ormuz, ralentissant la reprise des flux. Et même lorsque ces derniers reprendront, ils ne retrouveront pas immédiatement leur niveau d’avant-crise.

Côté gaz, les perspectives sont encore plus incertaines. Certaines infrastructures ont été endommagées, ce qui pourrait prolonger les tensions sur ce marché bien au-delà de la période de conflit.

Sources : Boursorama, Capital, Les Echos

Au 7 avril 2026, le pétrole dépasse 110 dollars alors que l’ultimatum de Donald Trump sur l’Iran ravive les craintes de stagflation

Le pétrole Brent dépasse les 110 dollars le baril, atteignant 111,53 dollars, en hausse de plus de 50 % depuis le début du conflit. Cette progression rapide reflète l’anticipation d’un choc durable sur l’offre énergétique mondiale. L’Iran maintient sa position en refusant un cessez-le-feu temporaire, privilégiant une résolution durable du conflit. Selon Vasu Menon, « toute mise en œuvre des menaces de cibler l’infrastructure électrique de l’Iran marquerait une escalade significative », avec un risque accru de perturbation des installations énergétiques dans le Golfe.

Les marchés actions mondiaux évoluent dans un climat de forte nervosité, alors que l’échéance fixée par Donald Trump à l’Iran pour parvenir à un accord approche. Cette date butoire, attendue dans la nuit de mardi à mercredi, place les investisseurs dans une posture attentiste. Depuis le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran fin février, les marchés sont secoués par les incertitudes géopolitiques. La fermeture du détroit d’Ormuz, point clé du transit énergétique mondial, alimente les inquiétudes sur l’inflation et les chaînes d’approvisionnement. Les contrats à terme sur actions américaines reculent, tandis que les marchés asiatiques montrent des signes d’hésitation après un début de séance plus favorable.

Face à ces incertitudes, les investisseurs privilégient des positions défensives. Le dollar se maintient à des niveaux élevés, proche de ses récents sommets, confirmant son statut de valeur refuge dans ce contexte. Kyle Rodda souligne que « les acteurs du marché ne peuvent pas faire grand-chose d'autre qu'attendre et voir », illustrant le manque de visibilité à court terme. Les marchés oscillent entre espoir d’un accord et crainte d’une escalade militaire, ce qui limite les prises de position directionnelles.

Le conflit ravive les craintes de stagflation, combinant inflation élevée et ralentissement de la croissance. La hausse des prix de l’énergie exerce une pression directe sur les coûts de production et sur la consommation. Aux États-Unis, les données récentes montrent un ralentissement du secteur des services, tandis que les coûts des intrants enregistrent leur plus forte hausse depuis plus de treize ans. Dans ce contexte, les anticipations de politique monétaire évoluent. Les marchés n’anticipent plus de baisse des taux de la Réserve fédérale cette année, traduisant l’impact du choc énergétique sur les perspectives économiques.

Les tensions dans le détroit d’Ormuz entraînent déjà des ajustements concrets dans les flux énergétiques mondiaux. Taïwan a ainsi décidé de rediriger une partie de ses approvisionnements en pétrole brut vers les ports saoudiens de la mer Rouge afin de contourner les perturbations. Près de 46 % des flux sont désormais réacheminés via ces routes alternatives, le reste étant complété par des achats sur le marché au comptant. Cette stratégie permet à l’île de maintenir un niveau de stocks stratégiques supérieur à 140 jours, malgré sa forte dépendance au Moyen-Orient, qui représentait près de 70 % de ses importations en 2025.

D’autres économies asiatiques suivent une approche similaire. La Corée du Sud prévoit notamment de déployer plusieurs navires vers le port de Yanbu pour sécuriser ses approvisionnements en contournant Ormuz, tout en multipliant les initiatives diplomatiques auprès des pays producteurs. Ces ajustements illustrent l’ampleur du choc en cours sur les chaînes d’approvisionnement énergétiques, avec des conséquences déjà visibles sur les prix et les coûts pour les entreprises, notamment dans l’industrie et le transport.

Source :Reuters, La Tribune avec AFP

Au 19 mars 2026, le baril de Brent évolue autour de 110 à 113 dollars

Le marché pétrolier reste sous forte tension, alimenté par l’intensification des frappes sur les infrastructures énergétiques au Moyen-Orient. Le baril de Brent évolue autour de 110 à 113 dollars, après avoir brièvement bondi de plus de 5 % dans les échanges asiatiques, tandis que le WTI se situe proche des 98 à 100 dollars. Cette hausse rapide, de l’ordre de +40 à +50 % depuis le début de l’année, reflète l’intégration d’un risque géopolitique majeur, notamment lié aux attaques en Iran, au Qatar et dans la région du Golfe, ainsi qu’aux incertitudes persistantes autour du détroit d’Ormuz. Dans ce contexte, la volatilité reste élevée et les marchés anticipent un risque accru de tensions inflationnistes si les perturbations de l’offre devaient se prolonger.

Au 9 mars 2026, les prix du pétrole dépassent les 100 dollars le baril

Les prix du pétrole se ‌sont envolés lundi sur le marché asiatique, dépassant la barre des 100 dollars le baril (86,57 euros) et atteignant leur plus haut niveau depuis mi-2022, une série de grands producteurs réduisant leurs approvisionnements et les perturbations du transport maritime dans le détroit d'Ormuz se poursuivant dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Le Brent grimpe de 17,28% à 108,71 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) ⁠de 16,19% à 105,62 dollars vers 06h36 GMT, réduisant légèrement les gains enregistrés ‌plus tôt dans la journée, respectivement d'environ 29% et 31%.

prix pétrole décembre 2025 à mars 2026

Les réductions de production de plusieurs pays producteurs

L'Irak et le Koweït ont commencé à réduire leur production de pétrole, s'ajoutant aux réductions précédentes de gaz ‌naturel liquéfié (GNL) du Qatar. Selon les analystes, les Émirats arabes unis ⁠et l'Arabie saoudite devraient également réduire leur production sous peu.

La production irakienne provenant de ses principaux champs pétrolifères du sud a chuté de 70% pour atteindre seulement 1,3 ⁠million de barils ‌par jour, le pays étant incapable d'exporter du pétrole via le détroit ⁠d'Ormuz, ont déclaré dimanche trois sources industrielles.

Les stocks de brut ont en outre ‌atteint leur capacité maximale, selon un responsable de la compagnie pétrolière publique ⁠Basra Oil Company.

Kuwait Petroleum Corporation a pour sa part commencé ⁠à réduire sa production ‌de pétrole samedi et a déclaré un cas de force majeure sur les expéditions, sans toutefois préciser l'ampleur de la réduction ‌de production.

Bapco Energies a quant à elle déclaré lundi un cas de force majeure à la suite d'une récente attaque contre sa raffinerie à Bahreïn.

Le contexte géopolitique au Moyen-Orient accentue les tensions sur les prix

La nomination de Mojtaba Khamenei pour succéder à son père l'ayatollah Ali Khamenei à la tête de l'Iran a également ⁠contribué à la hausse des prix, la décision de Téhéran risquant de provoquer la colère du président américain Donald Trump, qui avait précédemment réitéré son souhait de participer au processus de sélection du nouveau dirigeant iranien.

Les marchés financiers redoutent un choc pétrolier

Alors que la guerre en Iran entame sa deuxième semaine, les conséquences sur l'économie mondiale, via la hausse du gaz et du pétrole, l'inflation importée et le ralentissement du commerce mondial, deviennent peu à peu tangibles. Sans pouvoir encore parler de choc pétrolier, l'inquiétude gagne les marchés financiers.

Source Boursorama

Rédigé le mardi 4 mars 2026 :

Au mercredi 4 mars 2026, la situation s’est encore tendue dans le détroit d’Ormuz. Le trafic maritime y a fortement chuté, plusieurs compagnies suspendant leurs traversées, tandis que l’Iran affirme désormais exercer un« contrôle total » sur ce passage stratégique. Dans les faits, de nombreux analystes évoquent une fermeture de facto du détroit, même si aucun blocus officiel n’a été proclamé.

Rédigé le mardi 3 mars 2026 :

Un marché pétrolier sous tension après les perturbations dans le détroit d’Ormuz

Après près de trois jours d’escalade militaire dans le Golfe, la réaction des marchés pétroliers reste vive mais, pour l’instant, contenue selon plusieurs spécialistes. Si les cours ont nettement progressé, ils évoluent encore autour de niveaux historiques qui ne constituent pas, à ce stade, un choc comparable aux précédents épisodes majeurs.

prix du pétrole après attaque Iran

Pour Patrice Geoffron, professeur à l’université Paris-Dauphine et directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières, le véritable point de bascule interviendrait si les prix s’installaient durablement vers 90 ou 100 dollars le baril. Il rappelle néanmoins que la configuration mondiale est moins vulnérable qu’en 1973, en raison de la diversification des approvisionnements, de la montée en puissance des Amériques et de l’existence de stocks stratégiques plus importants.

Jacques Percebois, professeur émérite à l’Université de Montpellier, estime également qu’un baril durablement au-delà de 90 à 100 dollars constituerait un véritable choc. À titre de comparaison, le Brent avait dépassé 147 dollars en 2008 et frôlé les 140 dollars en 2022 au début de la guerre en Ukraine.

Anthony Morlet-Lavidalie, économiste à Rexecode, nuance : les niveaux actuels restent proches des moyennes historiques. Il parle d’un choc géopolitique, mais pas encore d’une « déflagration » sur les prix.

Le scénario d’un baril à trois chiffres dépend de la durée du conflit

Les analystes convergent sur un point : la trajectoire du pétrole dépendra avant tout de l’ampleur et de la durée du conflit.

Une fermeture prolongée des flux énergétiques, ou des attaques ciblant directement les infrastructures pétrolières et gazières de la région, changeraient radicalement la donne. « Si l’Iran décidait d’attaquer les infrastructures pétrolières, on rentrerait dans un autre monde », souligne Patrice Geoffron. La remise en état de complexes énergétiques nécessiterait des délais bien plus longs qu’une simple interruption temporaire du trafic maritime.

Certaines projections évoquent alors un Brent pouvant approcher 130 dollars, comme en 2022. Mais ces scénarios restent conditionnés à un enlisement durable du conflit.

Les annonces d’augmentation de production de l’Opep pourraient ne pas suffire en cas de perturbation prolongée. Les volumes supplémentaires annoncés restent modestes au regard des flux qui transitent habituellement par la région. Par ailleurs, même si des infrastructures terrestres existent pour contourner certaines routes maritimes, leurs capacités restent limitées par rapport aux volumes concernés.

Le gaz et l’électricité sous surveillance

La tension ne concerne pas uniquement le pétrole. L’annonce d’interruptions sur la production de gaz naturel liquéfié dans la région a également fait réagir les marchés européens. Les contrats à terme ont progressé, même si les niveaux restent encore éloignés des records de 2022. Pour l’Europe, le risque réside surtout dans une hausse prolongée des prix au moment où les stocks doivent être reconstitués pour l’hiver prochain.

Enfin, plusieurs observateurs rappellent qu’une envolée excessive des prix serait difficilement soutenable pour l’économie mondiale. Un baril durablement au-dessus de 100 dollars aurait des effets sur l’inflation, la consommation et la croissance.

Sources : Reuters, Public Sénat

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Frappes américaines en Iran : implications pour les marchés

Rédigé le lundi 2 mars 2026 :

Guerre en Iran : vers une flambée durable des prix du pétrole ?

Les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran et la riposte de Téhéran ont immédiatement secoué les marchés de l’énergie. À l’ouverture des échanges en Asie, les prix du pétrole ont flambé, ravivant le spectre d’un choc pétrolier susceptible d’alimenter l’inflation mondiale et de peser sur la croissance. Le baril de Brent, référence internationale, a bondi jusqu’à 82 dollars à l’ouverture, soit une hausse de 13 %, avant de modérer ses gains autour de 80 dollars. Le WTI américain progressait de plus de 8 %, autour de 72 dollars. Vendredi encore, le Brent évoluait à 72 dollars, déjà soutenu par une prime de risque géopolitique, loin des 61 dollars observés en début d’année.

« Je m'attends à ce que les cours du pétrole évoluent entre 85 et 90 dollars » a affirmé Amena Bakr, spécialiste de l’Opep+ et du Moyen-Orient chez Kpler. D’autres analystes n’excluent pas un passage au-delà de 100 dollars en cas d’escalade durable.

Le détroit d’Ormuz, épicentre du risque énergétique mondial

Au cœur des inquiétudes figure le détroit d’Ormuz, passage stratégique reliant le Golfe à l’océan Indien. Environ 20 millions de barils de brut y transitent quotidiennement, soit près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole liquide. Plus de 80 % des flux énergétiques passant par Ormuz sont destinés aux marchés asiatiques.

Lire aussi : Les routes maritimes les plus stratégiques pour le pétrole

Après l’attaque de navires au large des Émirats arabes unis et d’Oman, l’Organisation maritime internationale a appelé les compagnies à éviter la zone. Les principaux armateurs, dont MSC et Maersk, ont suspendu leurs passages. Les primes d’assurance ont fortement augmenté, rendant le transit quasi-impossible. Si le détroit n’est pas officiellement fermé, il est considéré de facto bloqué.

« Des infrastructures alternatives au Moyen-Orient peuvent être utilisées pour contourner les flux transitant par le détroit, mais l’impact net demeure une perte effective de 8 à 10 millions de barils d’offre de pétrole brut », souligne Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy.

Même sans interruption totale de production, la hausse des primes de risque, les détours logistiques et la réévaluation des assurances suffisent à maintenir les prix à des niveaux élevés.

L’Iran, producteur stratégique au cœur des tensions

L’Iran figure parmi les dix plus grands producteurs mondiaux, avec environ 3,1 millions de barils par jour. Il exporte entre 1,3 et 1,5 million de barils quotidiens, dont plus de 80 % vers la Chine. Ses réserves figurent parmi les plus importantes au monde. Des frappes visant directement ses infrastructures pétrolières pourraient avoir des conséquences durables. Dans l’immédiat, les raffineurs chinois seraient particulièrement exposés. Plus largement, une perturbation prolongée affecterait l’ensemble des marchés asiatiques, principaux destinataires des flux transitant par Ormuz. Face à la crise, l’Arabie saoudite, la Russie et six autres membres de l’Opep+ ont annoncé une hausse de leurs quotas de production de 206 000 barils par jour pour avril. Un signal d’apaisement, mais jugé insuffisant par plusieurs analystes au regard de l’ampleur des volumes potentiellement menacés.

Lire aussi : La production pétrolière du Venezuela au cœur des ambitions de Donald Trump

Voir aussi : États-Unis, pétrole et Doctrine Monroe : l’arrestation de Maduro change-t-elle la donne ?

Vers un troisième choc pétrolier ?

En théorie, les pays membres de l’OCDE disposent de stocks stratégiques équivalents à 90 jours d’importations. Le Japon, dont 95 % des approvisionnements pétroliers proviennent du Moyen-Orient, a indiqué ne pas prévoir de libération immédiate de ses réserves, qui représentent 254 jours d’importations nettes. Plusieurs pétroliers à destination du Japon restent toutefois bloqués dans le Golfe.

Lire aussi : Année noire pour l’or noir

L’expérience de 2022, lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, rappelle que le franchissement du seuil des 100 dollars s’accompagne souvent d’un cycle inflationniste prolongé. Les prix du gaz naturel liquéfié pourraient également bondir, le Qatar étant un acteur clé du marché mondial, et un cinquième du commerce mondial de GNL transitant lui aussi par Ormuz.

« Le talon d’Achille du président Donald Trump, ce sont les prix pétroliers élevés », observe Michelle Brouhard, analyste chez Kpler. Dans un contexte préélectoral aux États-Unis, la hausse des prix de l’énergie pourrait peser politiquement autant qu’économiquement.

Pour les entreprises, les effets potentiels sont multiples : hausse des prix à la pompe, renchérissement des coûts de transport maritime et aérien, pression sur les marges industrielles.

« Si c’est de trois jours, ce n’est pas grave, mais si c’est sur la durée, alors là, oui, ce sera un effet récessif supplémentaire », résume Eric Dor, professeur à l’IESEG School of Management.

Les marchés actions pourraient réagir négativement, notamment dans les secteurs du transport aérien, du tourisme et du maritime, tandis que la défense et certains producteurs d’énergie pourraient bénéficier de la tension.

L’ampleur du choc dépendra désormais de la durée et de l’intensité du conflit. Une désescalade rapide permettrait une normalisation partielle des flux et des primes de risque. En revanche, un embrasement régional ou des attaques ciblant directement les installations pétrolières pourraient propulser le baril bien au-delà de 100 dollars, ravivant le spectre d’un troisième choc pétrolier aux conséquences macroéconomiques majeures.

Sources : Le Figaro, AFP, France 24, Reuters, Franceinfo

Les analyses de marchés

Rédigé le 15 novembre 2026 :

Un essor mondial des énergies renouvelables

Les énergies renouvelables progressent à un rythme plus soutenu que les énergies fossiles. Le rapport annuel World Energy Outlook 2025 met en avant la dynamique du solaire photovoltaïque, dont la croissance dépasse celle de toutes les autres sources majeures d’énergie. Cette tendance se maintient malgré les inflexions de politiques climatiques observées aux États-Unis.

L’AIE décrit trois scénarios :
– celui fondé sur les politiques actuellement en vigueur,
– celui des mesures nécessaires pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050,
– et un scénario médian intégrant les engagements déjà annoncés par les États.

Dans cette dernière hypothèse, les États-Unis afficheraient en 2035 environ 35 % de capacités renouvelables en moins qu’attendu précédemment, sans freiner pour autant la dynamique mondiale des énergies vertes.

La Chine demeure à la fois premier marché et premier producteur d’équipements, assurant entre 45 % et 60 % du déploiement mondial au cours de la prochaine décennie, quel que soit le scénario. Ce leadership conforte sa place centrale dans la transition énergétique mondiale.

Pic du charbon et stabilisation du pétrole autour de 2030

Dans le scénario médian, la demande mondiale de charbon atteindrait un sommet avant de reculer, tandis que celle de pétrole se stabiliserait aux environs de 2030. Le gaz naturel continuerait, lui, de croître dans les années 2030, porté par les politiques américaines révisées et des prix plus compétitifs.
Deux ans plus tôt, l’AIE envisageait un pic simultané pour l’ensemble des énergies fossiles. L’évolution récente des politiques publiques conduit désormais à une trajectoire différenciée selon les sources.

L’agence a réintroduit un scénario fondé sur les politiques actuelles, abandonné en 2020 dans un contexte d’optimisme autour de la transition énergétique. Cette approche, jugée plus prudente, prévoit que la demande de pétrole et de gaz pourrait continuer à croître jusqu’en 2050. Elle suscite de vives critiques chez les défenseurs du climat, qui y voient un signal politique plutôt qu’économique.

Basée à Paris, l’AIE fait face à la pression de Washington depuis le retour de Donald Trump à la présidence. L’administration américaine, plus favorable aux énergies fossiles, encourage la production pétrolière et gazière nationale. Le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, a qualifié d’« absurde » la perspective d’un pic de la demande mondiale et menacé de revoir la participation américaine à l’agence.

Créée en 1974 pour aider les pays industrialisés à affronter les chocs pétroliers, l’AIE a progressivement évolué vers la modélisation de scénarios compatibles avec la neutralité carbone. Elle précise aujourd’hui que les trajectoires proposées ne constituent pas des prévisions, mais des options politiques possibles. Le directeur Fatih Birol appelle à concilier sécurité énergétique, accessibilité et lutte contre le changement climatique.

Malgré la progression des renouvelables, aucun des scénarios ne permet de limiter le réchauffement à 1,5 °C d’ici 2100. Le scénario le plus ambitieux reste au-delà des objectifs fixés, tandis que les trajectoires plus conservatrices pourraient mener à près de 3 °C.
L’AIE rappelle que l’année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée et souligne les risques croissants pour les infrastructures : plus de 200 millions de foyers ont subi des pannes en 2023, dont 85 % liées aux réseaux électriques.

Une COP30 décisive pour l’orientation mondiale

Réunis à Belém, les négociateurs de la COP30 devront choisir quelle voie énergétique le monde adoptera pour les prochaines décennies. L’agence estime que le secteur devra s’adapter aux risques climatiques et technologiques tout en accélérant l’électrification, la maîtrise des métaux critiques et l’accès universel à l’énergie.

Sources : Boursorama, Challenges, ZoneBourse

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Le marché du pétrole n’a pas réagi durablement aux tensions militaires entre Israël et l’Iran. Après une brève poussée à 92 dollars pour le Brent au moment de la riposte iranienne, les prix sont retombés sous les 82 dollars dans les jours suivants. Cette accalmie rapide s’explique par l’absence de menace directe sur les infrastructures pétrolières, les frappes ayant ciblé des zones militaires. Le baril s’est ainsi inscrit dans une trajectoire baissière, les investisseurs considérant que le conflit ne perturberait pas l’approvisionnement global.

cours pétrole
Source Prix du baril

La détente des prix du pétrole a été perçue comme un signal positif par les marchés financiers. Wall Street a clôturé en hausse le 13 juin, en partie grâce au repli du brut. Une baisse des coûts énergétiques soutient les marges des entreprises et allège les pressions inflationnistes, ce qui favorise la détente sur les taux d’intérêt. L’indice Nasdaq a ainsi progressé de 0,34 %, le S&P 500 de 0,23 %, et le Dow Jones de 0,18 %, surfant sur l’effet d’une énergie meilleur marché.

Au-delà du contexte géopolitique, les cours sont tirés vers le bas par des facteurs économiques structurels. L’offre mondiale demeure abondante, avec une production robuste de la part des pays non membres de l’OPEP, en particulier les États-Unis. En parallèle, la demande ralentit, notamment en Chine, où les perspectives de croissance sont revues à la baisse. Ce déséquilibre offre-demande empêche toute consolidation haussière durable, même en période de tension régionale.

Les réductions de production annoncées par l’OPEP+ n’ont pas suffi à soutenir durablement les prix. Les marchés doutent de la capacité du cartel à stabiliser les cours face à l’expansion continue de la production américaine. De plus, l’absence de discipline parfaite entre les membres du groupe rend ces coupes moins crédibles sur le long terme. En conséquence, les investisseurs restent prudents face aux annonces du cartel.

L’analyse graphique publiée par XTB confirme la dynamique négative. Après avoir cassé le support des 84,5 dollars, le Brent évolue sous les 82 dollars, dans un mouvement de repli net. Les prochains seuils techniques identifiés se situent à 80 dollars, puis à 75 dollars. Ces niveaux sont renforcés par une pression vendeuse accrue, les opérateurs spéculant sur la faiblesse persistante de la demande mondiale.

Le comportement des acteurs de marché accentue cette instabilité. Dès que les tensions géopolitiques semblent se calmer, les investisseurs prennent leurs bénéfices, ce qui amplifie les corrections. Ce phénomène contribue à la volatilité chronique des cours, avec des hausses de court terme vite effacées. Pour l’heure, les perspectives restent orientées à la baisse, sauf événement majeur modifiant les équilibres physiques du marché.

Sources : Capital, XTB, Boursorama

Les cours du pétrole brut ont reculé ces dernières semaines, avec un Brent qui s’échange autour de 82 dollars le baril, contre plus de 90 dollars fin mars. Ce repli s’explique par une combinaison de facteurs économiques et géopolitiques, qui fragilisent les perspectives de croissance de la demande mondiale.

Les marchés anticipent une consommation plus modérée, notamment du côté de la Chine, dont le rebond post-Covid reste moins dynamique qu’attendu. À cela s’ajoutent les incertitudes liées aux tensions commerciales, notamment les nouveaux droits de douane annoncés par les États-Unis, qui alimentent la prudence des opérateurs.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a abaissé ses prévisions de croissance de la demande pétrolière mondiale pour 2025. Elle n’anticipe plus qu’une progression de 1,2 million de barils par jour, contre 1,3 million dans son estimation précédente.

Cette révision traduit un environnement économique mondial moins porteur, marqué par le ralentissement en Chine, la désinflation dans les pays développés, et une transition énergétique progressive qui modifie les usages énergétiques.

Les tensions commerciales alimentées par la politique américaine, notamment les nouvelles barrières tarifaires sur les produits européens et chinois, pèsent sur les anticipations. Les échanges internationaux de biens et de services, gourmands en énergie, pourraient ralentir, contribuant à faire pression sur la demande de pétrole.

Les marchés pétroliers réagissent à cette incertitude géopolitique : le spectre d’un commerce mondial moins fluide, couplé à des perspectives économiques prudentes, incite les investisseurs à revoir à la baisse leurs anticipations de prix à court terme.

Pour l’économie française, la baisse des prix du pétrole représente un facteur de soutien. Elle permet de contenir l’inflation, notamment via les prix à la pompe, les coûts logistiques ou encore les intrants énergétiques pour les entreprises. Les effets sur les ménages, via un allègement de la facture carburant, peuvent favoriser le pouvoir d’achat et stimuler la consommation.

Du côté des entreprises, une énergie moins chère permet d’alléger les charges, notamment dans les secteurs intensifs en transport ou en production industrielle. Ce facteur, combiné à un reflux général des tensions sur les prix, pourrait contribuer à un environnement macroéconomique plus stable.

Sources : Libération, Le Figaro

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Retour sur le mois de mars 2025 : un pétrole volatil :

En mars, le marché pétrolier connaît actuellement une forte volatilité, influencé par des tensions géopolitiques, des accords internationaux et des préoccupations sur la production future. Entre l’escalade des conflits au Moyen-Orient, la baisse des prix après une entente entre les États-Unis et la Russie, et les difficultés des producteurs de schiste américains, l’industrie pétrolière fait face à de nombreux défis.

​Au 14 mars 2025, le cours du Brent était d'environ 70,01 dollars le baril.  Les prévisions pour le 19 mars 2025 estiment un cours à 71,99 dollars, avec une fourchette comprise entre 68,39 et 75,59 dollars.

cours pétrole 19 mars 2025
source Prix du baril
cours du pétrole et prévisions par jour
source Tauxde

Les tensions en mer Rouge et à Gaza font grimper les prix

Les récentes attaques des rebelles Houthis contre des navires commerciaux en mer Rouge ont eu des répercussions immédiates sur le marché pétrolier. La mer Rouge étant une route maritime stratégique pour le transport du pétrole, ces perturbations ont contribué à une hausse des prix du brut. Ces tensions, aggravées par la situation à Gaza, alimentent les craintes d’un élargissement du conflit au Moyen-Orient, une région clé pour l’approvisionnement énergétique mondial.

Un accord USA-Russie provoque un repli des prix

Après cette flambée des prix, un accord temporaire entre les États-Unis et la Russie sur un cessez-le-feu énergétique a apporté une accalmie. Cette entente a permis aux marchés de se stabiliser, entraînant une baisse des cours du pétrole. Cette situation illustre l’influence majeure des décisions diplomatiques sur l’évolution des prix de l’or noir.

Les inquiétudes des producteurs de schiste aux États-Unis

En parallèle, les producteurs américains de pétrole de schiste tirent la sonnette d’alarme. Avec des coûts de production en hausse et des réserves de plus en plus difficiles à exploiter, ils anticipent un ralentissement de la production qui pourrait fragiliser l’offre mondiale à moyen terme. Certains experts du secteur estiment que les niveaux de prix actuels ne suffisent plus à garantir une rentabilité durable, ce qui pourrait provoquer des tensions sur le marché à l’avenir.

Entre l’instabilité géopolitique, les fluctuations des prix et les difficultés structurelles du secteur pétrolier, l’avenir du marché reste incertain. Si les tensions actuelles continuent de peser sur l’offre, les décisions politiques et économiques prises dans les prochains mois seront déterminantes pour l’évolution des cours du pétrole.

Sources : Forbes, Le Figaro, ZoneBourse

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