La Fed et la BCE prêtes à resserrer encore leur politique monétaire ?


Comme tous les mercredis, Julien Quistrebert décode les marchés pour Club Patrimoine.
Aux États-Unis, l’activité et l’emploi ouvrent la voie à de nouvelles hausses de taux de la Fed
Commencons avec les chiffres américains. Il y a eu pas mal de données macro qui sont tombées et globalement plutôt positives.
Effectivement, l'activité américaine reste toujours aussi forte. Si l'ISM manufacturier a été un petit peu en dessous des attentes, ça reste extrêmement solide. Comme on l'imagine, les dépenses autour des data centers continuent d'expliquer une grande partie de cette dynamique. La bonne nouvelle plutôt, c'est du côté des services. On a une amélioration qui se poursuit avec un ISM autour de 55 et des nouvelles commandes au plus haut depuis 3 ans. Donc clairement des bons indicateurs. Et puis surtout, le chiffre qui a marqué en fin de semaine dernière, c'est l'emploi avec 162 000 créations au mois d'août, des révisions sur juin-juillet et un secteur privé, en dehors de la santé, qui a recruté près de 100 000 personnes. Ces chiffres qu'on n'avait pas vus depuis assez longtemps. Donc voilà, on voit en tout cas que les chiffres sont plutôt bien orientés. Ça ouvre évidemment la porte à la Fed pour augmenter ses taux. C'est vrai que Kevin Warsh avait été un peu plus ambigu pendant Jackson Hole, il s'est rattrapé par la suite pour éviter justement les tensions sur les taux longs. Donc le marché s'attend maintenant entre 2 et 3 hausses de taux de la Fed sur un an.
Une nouvelle sortie de Donald Trump voulant un peu faire pression sur la Fed. Ça rajoute à l'incertitude politique américaine qui est déjà assez haute.
C'est vrai, on s'approche des mi-termes, donc la pression sur Trump, évidemment, elle grossit. Hors Bourse, on est clairement dans un enlisement avec le prix de l'essence et du diesel qui est au plus haut aux États-Unis, ce qui est évidemment assez négatif pour lui. Donc nouvelle sortie, il a interpellé la Fed : si vous ne baissez pas vos taux, je vais me lancer dans de nouvelles guerres commerciales avec certains pays. Voilà, encore une façon de remettre une pression, donc c'est un petit peu absurde, mais on voit bien derrière aussi la logique, c'est que l'État américain s'est beaucoup endetté sur des obligations à court terme. Il y a à peu près 7 000 milliards de bons du Trésor qui vont devoir être remboursés sur un an. Si vous augmentez les taux de 75 bp comme c'est attendu, effectivement ça fait près de 50 milliards de dollars. Vous me direz, c'est un déficit additionnel, en une année ça ne change plus grand-chose. Mais voilà, en tout cas tout ça va dans le sens d'une fuite en avant un petit peu du côté du gouvernement américain. Heureusement pour eux, l'activité économique reste extrêmement solide.
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En Europe, la remontée de l’inflation renforce les anticipations de hausse des taux de la BCE
On va passer côté européen maintenant avec une hausse des taux qui, là, semble bien en vue.
La BCE a prévenu le marché, donc même chose, 2 hausses de taux attendues d'ici, alors là pour le coup, d'ici la fin de l'année, 25 points de base certainement sur le mois de septembre. Une inflation sur le mois d'août qui est repartie, 3,3 %, plus haut depuis le début de la guerre en Ukraine. Bon, le point positif quand même, c'est qu'on voit que l'inflation des services n'a pas accéléré, elle reste autour des 3 %, donc c'est un plus bas depuis avril, ce qui milite en tout cas pour l'absence de second tour. Voilà, bon, ça n'empêchera pas la BCE de vouloir continuer à avancer dans ce sens-là, c'est-à-dire des hausses de taux puisqu'elle reste très inquiète sur le sujet inflationniste, dans un environnement où finalement l'activité européenne aussi résiste assez bien, moins qu'aux États-Unis, mais quand même elle résiste. Et donc, du coup, ils ont la porte ouverte pour continuer à remonter ces taux.
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Au Japon, le yen reste sous pression face à la remontée des taux américains
On termine avec le Japon et toujours pas mal de pression autour du yen et des échanges côté américain.
Bessent qui refait une sortie cette nuit pour indiquer qu'il était là pour défendre le yen et que les traders qui essaieraient de jouer la baisse du yen se trouveraient sur leur chemin. On rappelle l'enjeu pour les Américains. Le Japon, c'est le plus gros détenteur de dettes américaines. Plus d'un trillion. Donc toujours la même chose, il faut défendre et empêcher que les taux longs remontent trop fortement.
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