Bilan touristique 2025 : la France confirme sa place de première destination mondiale

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En 2025, la France consolide sa position de première destination touristique mondiale. Avec 102 millions de visiteurs internationaux, soit deux millions de plus qu’en 2024, l’Hexagone reste le pays le plus visité au monde. Surtout, l’impact économique du tourisme s’intensifie : les recettes touristiques internationales atteignent 77,5 milliards d’euros, en hausse de 9 % sur un an.

Le solde de la balance des paiements s’établit à 20,1 milliards d’euros, confirmant la contribution nette du tourisme à l’économie nationale.

Cette performance intervient après une année 2024 déjà exceptionnelle, marquée par l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris et la réouverture de Notre-Dame de Paris. Le bilan 2025 montre toutefois que la dynamique dépasse l’effet des grands événements internationaux.

Une fréquentation élevée et une progression de la dépense moyenne

Les 102 millions de visiteurs internationaux ont généré 743 millions de nuitées en hébergement marchand et non marchand, en progression de 2 % par rapport à 2024. Les clientèles européennes représentent 76 % des flux.

Dans l’hébergement marchand, la hausse est plus marquée : 261,2 millions de nuitées, soit +7,5 % sur un an. La dépense moyenne par touriste international progresse de 7 % pour atteindre 760 euros par séjour.

La consommation touristique intérieure poursuit sa trajectoire haussière et s’élève à 222 milliards d’euros en 2025.

Les clientèles européennes, notamment italiennes, espagnoles, belges et néerlandaises, confirment leur dynamisme. L’Allemagne enregistre une progression de 9 %. Les clientèles nord-américaines progressent de plus de 10 %, en particulier en provenance des États-Unis. Les flux asiatiques restent en retrait par rapport à la période pré-Covid mais affichent un rebond, avec un marché japonais plus dynamique que le marché chinois.

Un marché domestique solide malgré la progression des départs à l’étranger

La France demeure la destination privilégiée des Français. En 2025, 835 millions de nuitées sont enregistrées en hébergement marchand et non marchand. Dans les hébergements marchands, les nuitées progressent de 3 %, portées par la location touristique (+6,6 %) et l’hôtellerie de plein air (+4 %).

Les régions du Sud, Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Nouvelle-Aquitaine, concentrent plus de 50 % des nuitées annuelles des Français.

Parallèlement, les Français voyagent davantage à l’étranger : 248 millions de nuitées hors de France et 57,4 milliards d’euros de dépenses, en hausse de 4 %.

Un écart stabilisé avec l’Espagne en matière de recettes

Si la France reste leader mondial en nombre de visiteurs, l’écart avec l’Espagne en matière de recettes internationales se stabilise. L’Espagne affiche 105 milliards d’euros de recettes touristiques internationales. L’écart relatif se réduit légèrement, passant de -38 % en 2024 à -36 % en 2025.

La progression des recettes plus rapide que celle de la fréquentation traduit une amélioration de la création de valeur par visiteur.

Tourisme durable et empreinte environnementale : des indicateurs consolidés

Le bilan 2025 intègre pour la première fois un chiffrage consolidé de l’empreinte écologique du secteur. Selon le bilan d’émissions de gaz à effet de serre produit par l’ADEME, le tourisme représente 11 % des émissions dans l’inventaire national, dont les trois quarts liés aux transports.

La consommation énergétique du secteur reste stable malgré l’augmentation de l’offre d’hébergement. Le tourisme représente 0,85 % de la consommation électrique globale du pays.

La consommation d’eau atteint en moyenne 240 litres par nuitée dans l’hôtellerie et 183 litres dans l’hôtellerie de plein air.

L’objectif affiché est de faire du tourisme durable un avantage compétitif et de positionner la France comme première destination mondiale en matière de tourisme durable d’ici 2030.

Investissements : sortie d’un cycle exceptionnel

Après un cycle d’investissement soutenu entre 2022 et 2024, avec une moyenne annuelle de 21 milliards d’euros, les investissements touristiques atteignent 18,7 milliards d’euros en 2024. Ce repli s’inscrit dans une phase de normalisation après les dispositifs post-Covid et la remontée des taux d’intérêt.

La montée en gamme de l’offre se poursuit néanmoins : la part des établissements 4 et 5 étoiles progresse de 22 % dans l’hôtellerie entre 2019 et 2025, et les emplacements 5 étoiles dans l’hôtellerie de plein air augmentent de 30 %.

Les professionnels anticipent pour 2025 des perspectives favorables, soutenues par un portefeuille de projets solide et une attractivité territoriale durable.

Des perspectives encourageantes pour 2026

Les premiers indicateurs 2026 sont orientés positivement. Les réservations aériennes à trois mois sont en forte hausse par rapport à 2025, notamment en provenance du Mexique (+19 %), de la Chine (+17 %) et du Canada (+7 %). En Europe, l’Espagne affiche également une progression de 8 %.

Les taux d’occupation prévisionnels indiquent une hausse de 1,3 point sur l’ensemble des hébergements pour la saison 2025-2026.

L’objectif demeure inchangé : atteindre 100 milliards d’euros de recettes touristiques d’ici 2030.

Sources : Ministère chargé du Tourisme, Direction générale des Entreprises, Atout France, Banque de France – Bilan touristique 2025

Retour sur Juillet 2025 quand la France avait perdu sa 1ère place mondiale au profit de l’Espagne

Au début de l’été 2025, alors que les chiffres consolidés de l’année 2024 confirmaient le franchissement du seuil symbolique des 100 millions de visiteurs internationaux, une mise en garde publique a marqué le débat sectoriel. Le 3 juillet 2025, lors d’un colloque organisé avec Régions de France, Dominique Marcel, président de l’Alliance France Tourisme, déclarait : « La France n’est plus le leader mondial du tourisme. »

L’alerte ne portait pas sur la fréquentation, qui restait exceptionnelle, mais sur la performance économique. Avec 71 milliards d’euros de recettes touristiques en 2024, la France se classait au 4e rang mondial en valeur générée, derrière l’Espagne (126 milliards d’euros), les États-Unis et la Chine. Le déclassement se jouait donc non sur le volume de visiteurs, mais sur la dépense moyenne par séjour.

« Ce qui compte, ce n’est pas seulement le nombre de touristes, mais leur niveau de dépense », insistait Dominique Marcel. La stratégie centrée historiquement sur les flux montrait ses limites dans un environnement international où la création de valeur par visiteur devient un indicateur clé de compétitivité.

L’analyse mettait en lumière plusieurs facteurs : des séjours souvent courts, une perception de la France comme étape dans un circuit européen plus large, une offre partiellement vieillissante et une concentration géographique des flux. Les clientèles françaises, qui génèrent près des deux tiers des recettes domestiques, apparaissaient également insuffisamment valorisées dans la stratégie globale.

L’effet Jeux olympiques de Paris 2024 avait certes dopé la fréquentation et renforcé l’image internationale du pays, mais les professionnels soulignaient que la question de la montée en gamme et de l’allongement des séjours relevait d’un enjeu structurel et non conjoncturel.

Sources : ABC Bourse, Le Figaro, France Info

Retour sur le tourisme en 2024 : une fréquentation en haussière grâce aux Jeux olympiques

L’année 2024 a marqué un tournant pour le tourisme français. Portée par l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris et par le retour massif des visiteurs étrangers, la France a franchi pour la première fois le seuil des 100 millions de visiteurs internationaux. Les indicateurs publiés à l’époque par l’Observatoire national du tourisme confirmaient une dynamique estivale particulièrement soutenue, avec une large majorité de professionnels anticipant une activité en hausse ou stable par rapport à 2023.

Les grandes villes hôtes des épreuves olympiques, au premier rang desquelles Paris, ont enregistré une progression significative des taux d’occupation hôteliers. Les métropoles concernées par les compétitions ont bénéficié d’un afflux marqué de visiteurs internationaux, tandis que les zones littorales, notamment sur la côte Atlantique et en Méditerranée, ont confirmé leur attractivité structurelle.

Le retour des clientèles étrangères a constitué l’un des moteurs majeurs de cette reprise. Les marchés américain, espagnol, allemand et britannique ont affiché une nette progression. Le marché nord-américain, en particulier, s’est distingué par un niveau de dépense élevé, contribuant fortement aux recettes touristiques de l’année.

Toutefois, cette embellie n’a pas bénéficié de manière homogène à l’ensemble des territoires. Les destinations rurales et de moyenne montagne, qui avaient profité d’un regain d’intérêt durant la période post-Covid, ont observé un ralentissement relatif de leur fréquentation, au profit des zones urbaines dopées par l’effet JO et des destinations balnéaires. Certaines régions ont également signalé des tensions ponctuelles sur les réservations en fin de saison estivale.

Avec le recul, l’effet Jeux olympiques apparaît comme un accélérateur conjoncturel puissant. Il a contribué à renforcer l’image internationale de la France et à soutenir la fréquentation en 2024. Néanmoins, comme l’ont montré les classements internationaux publiés la même année, cette performance en volume ne s’est pas traduite par un leadership en matière de recettes, la France se classant derrière l’Espagne en valeur générée.

L’année 2024 s’impose ainsi comme un moment charnière : elle a démontré la capacité d’attraction exceptionnelle du pays, tout en mettant en lumière les défis structurels du secteur, notamment l’allongement de la durée de séjour, la montée en gamme de l’offre et la meilleure répartition territoriale des flux.

Sources : Ouest-France, Le Figaro

Lire aussi : Bilan du tourisme en France en 2024

Voir aussi :

Le tourisme haut de gamme à Paris : une nouvelle opportunité éligible au 150-0 B ter

Le tourisme en France de 2019 à 2023

Après l’effondrement brutal observé en 2020, avec des arrivées mensuelles tombées à des niveaux proches de zéro au printemps et une saison estivale très dégradée, la trajectoire se redresse nettement en 2022, sans toutefois retrouver totalement les volumes d’avant-crise. En 2023, la dynamique s’approche très fortement du niveau de référence de 2019 : la saison estivale dépasse même légèrement les performances pré-pandémiques en juillet et août, avec plus de 8 millions d’arrivées mensuelles. Sur la période de janvier à septembre 2023, l’écart avec 2019 n’est plus que de –1 %, confirmant une normalisation presque complète des flux touristiques internationaux. La saisonnalité demeure marquée, avec un pic estival et un recul prononcé à l’automne, mais la courbe 2023 montre que la France a pratiquement effacé le choc sanitaire en matière de fréquentation étrangère.

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Source : Statista

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