Crise énergétique : la riposte européenne s’accélère

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Une crise énergétique aggravée par les tensions géopolitiques

Plus de cinquante jours après le début du conflit au Moyen-Orient, la facture énergétique continue de s’alourdir pour les Européens. La flambée des prix du pétrole, alimentée par des tensions dans cette région stratégique pour l’approvisionnement mondial, se répercute directement à la pompe et sur les coûts de l’énergie. L’Union européenne, largement dépendante des importations d’hydrocarbures, se retrouve en première ligne face à ce choc.

Dans ce contexte, la Commission européenne a présenté ce mercredi 22 avril « AccelerateEU », une série de recommandations à destination des États membres pour contenir l’impact de cette hausse sur les ménages et les entreprises. Bruxelles esquisse plusieurs pistes, dans une logique d’urgence et de transition sur le plus long terme, alors que le gouvernement français appelle « à profiter de cette crise » pour accélérer la bascule énergétique.

L’électrification comme pilier stratégique de la transition

« Aujourd’hui, nous avons des raisons impérieuses d’aller au-delà » des énergies fossiles, insiste Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de l’UE chargée d’une transition propre, juste et compétitive. Elle défend une stratégie fondée sur « l’électrification et l’efficacité » pour « réduire les vulnérabilités » de l’Union européenne. Le tout, en rendant ces solutions « accessibles pour tous », qu’il s’agisse des transports ou des équipements énergétiques.

Au cœur des propositions figure la volonté de réduire la dépendance au pétrole et au gaz. La Commission envisage notamment de modifier les règles fiscales afin que l’électricité soit taxée à un niveau inférieur à celui des combustibles fossiles. Cette orientation vise à accélérer l’adoption de véhicules électriques, de pompes à chaleur et d’équipements électrifiés.

Un plan d’action pour l’électrification doit être présenté d’ici l’été, avec des objectifs renforcés et des mesures pour lever les freins dans l’industrie, les transports et le bâtiment. En parallèle, Bruxelles souhaite encourager les investissements dans les réseaux électriques intelligents afin de faciliter l’intégration des énergies renouvelables.

Des mesures d’urgence pour protéger ménages et entreprises

Face à la hausse des prix des carburants, « plusieurs actions vont être déployées » par les États qui le souhaitent, détaille Teresa Ribera, évoquant des « mesures d’urgence » à la fois « temporaires et ciblées ». « La protection des consommateurs [...] peut inclure des régimes ciblés d’aide au revenu, des bons énergétiques et des régimes de crédit-bail social, ainsi qu’une réduction des droits d’accises sur l’électricité pour les ménages vulnérables », précise l’UE.

« Concentrons-nous sur des actions qui fournissent des avantages à court terme pour effectuer des économies à long terme », plaide le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen.

La Commission prévoit également d’accorder davantage de flexibilité aux États sur les aides publiques afin de soutenir les secteurs les plus exposés, notamment l’agriculture, la pêche et le transport routier. Les gouvernements pourraient couvrir jusqu’à 50 % des hausses de coûts liées au carburant ou aux engrais.

Sécurisation des approvisionnements et coordination européenne

« Nous devons relever les défis en travaillant de concert », insiste Teresa Ribera, mettant en avant la nécessité d’une réponse coordonnée. L’UE entend renforcer la gestion collective des stocks de gaz et coordonner les achats afin d’éviter des flambées de prix liées à des achats simultanés.

Les réserves de gaz, actuellement remplies à environ 30 %, devront atteindre 80 % avant l’hiver. Bruxelles facilitera également l’utilisation des réserves pétrolières et surveillera la capacité de raffinage pour garantir une utilisation optimale des infrastructures existantes.

Sur le kérosène, dont l’UE importe environ 40 %, des lignes directrices sont en préparation pour anticiper d’éventuelles pénuries. Elles porteront notamment sur les règles aéroportuaires et les pratiques des compagnies aériennes face à la hausse des coûts.

Un observatoire des carburants pour anticiper les tensions

Pour mieux piloter la crise, Bruxelles va créer un observatoire des carburants chargé de suivre « la production, les importations, les exportations et les niveaux de stocks », y compris sur le kérosène. L’objectif est « d’identifier rapidement les pénuries potentielles » et de déclencher des mesures adaptées afin d’assurer « une distribution équilibrée ».

« Depuis le début du conflit, les importations de combustibles fossiles ont augmenté de 24 milliards d’euros », soit « 500 millions d’euros par jour », alerte Dan Jørgensen. « Les ménages en paient le prix fort », reconnaît-il, ajoutant que « les prochains mois seront caractérisés par l’incertitude » et que la crise aura des effets « de longue haleine ».

Investissements massifs pour atteindre la souveraineté énergétique

Soutenant l’électrification et les énergies renouvelables, Teresa Ribera estime qu’il « faut investir dans ces solutions car elles nous permettront d’arriver à la souveraineté énergétique ». La Commission met en avant l’importance d’adapter les réseaux électriques et d’accélérer les projets d’énergies renouvelables.

Les besoins d’investissement sont estimés à 660 milliards d’euros par an d’ici 2030. Bruxelles entend mobiliser à la fois les financements publics existants et les capitaux privés pour accompagner cette transformation.

« Plutôt que d’acheter des combustibles, il nous faut miser sur une énergie locale pour l’avenir », conclut Dan Jørgensen.

Sources : Le Figaro, Boursorama

Lire aussi : Le dilemme de la BCE face à la crise énergétique

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