Du monologue au dialogue à Davos (Financière de l'Arc)

Un esprit de dialogue au cœur du Forum économique mondial de Davos
« Un esprit de dialogue ». C’est le thème cette année du Forum économique mondial de Davos. Du 19 au 23 janvier, plus de 3 000 participants sont réunis dans la station de ski suisse de plus de 10 000 habitants, située à 1 560 mètres d’altitude, dans le canton des Grisons. Le moins que l’on puisse dire est que cette volonté initiale de réunification était mal engagée, sur fond de crise aiguë entre les alliés de l’OTAN sur le sujet de la souveraineté du Groenland. Les marchés financiers ont tout d’abord piqué du nez, sans toutefois paniquer, à la suite de plusieurs tweets de Donald Trump sur l’avenir de ce territoire et sur son souhait de voir les États-Unis posséder la plus grande île non continentale au monde « à l’amiable ou par la force », pour des enjeux de sécurité. Les premières journées ont été le théâtre d’allocutions musclées de plusieurs chefs d’État qui ont croisé le fer verbalement avec le président américain. Tout semblait perdu et les dirigeants irréconciliables, quand soudain, le 21 janvier, un projet d’accord a émergé, où le dialogue et la raison semblent avoir finalement triomphé, avec à la clé, un redressement des bourses.
La crise est-elle pour autant résolue et quelles sont les attitudes à avoir face à ces évènements géopolitiques qui vont malheureusement se multiplier ?
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Davos, le principal forum économique et politique mondial
Le Forum économique mondial, ou WEF en anglais, n’est pas un simple salon comme les autres. Il s’agit d’une fondation suisse à but non lucratif, indépendante, basée à Cologny, dominant le lac Léman et ayant le statut d’organisation internationale non gouvernementale. Selon le dernier rapport publié en septembre dernier, les revenus annuels de l’organisation au 30 juin 2025 ont dépassé les 484 millions de francs suisses. La vente des badges d’accès au forum de Davos n’est pas ouverte au public et l’inscription n’est pas libre. La fondation choisit ses membres, sélectionnés parmi des entreprises leaders mondiales, exerçant une influence stratégique importante et désireuses de contribuer aux questions globales. Les 1 000 « heureux élus » payants déboursent de 25 000 à 600 000 dollars par an pour être partenaires et faire partie de ce club fermé. Entre 200 et 300 personnes protégées internationalement sont également conviées gratuitement, dont évidemment les chefs d’État. De surcroît, environ 400 journalistes accrédités peuvent y participer sans payer. Le Forum économique de Davos est donc pendant quatre jours le centre mondial des échanges entre « grands » du monde politique ou économique. Ainsi, Arthur Mensch de Mistral AI figure parmi les personnalités influentes de la technologie, au même titre que Jensen Huang de Nvidia.
La genèse d’avancées majeures pour la planète
Depuis sa première réunion en 1971 sous l’initiative de son fondateur, l’économiste Klaus Schwab, adepte du capitalisme des parties prenantes, Davos est réputé pour avoir accompli des avancées majeures. Cela va, entre autres, de la prévention d’un conflit armé entre la Grèce et la Turquie en 1988, à la contribution à la fin de l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1990, à la contribution à l’émergence du G20 en 1998 et à la création de GAVI, alias l’Alliance du Vaccin, en 2000. Il ne faut pas oublier le manifeste de Davos actualisé de 2020, sur les principes autour de la transparence, de la lutte contre la corruption, du respect des droits humains et de la contribution fiscale équitable. Cette année, l’homme du dialogue, ayant rapproché les positions totalement divergentes entre Américains et Européens sur le sujet du Groenland, est sans aucun doute le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, ancien Premier ministre des Pays-Bas. Celui-ci a réussi à faire valider un projet d’accord sur la protection de ce territoire, qui a permis le retrait des droits de douane américains, voulus par le président américain pour en obtenir la possession.
L’impact de Davos sur les allocations d’actifs et les stratégies d’investissement
Dans notre première lettre hebdomadaire de l’année 2026, intitulée « Un shérif omniprésent en 2026 », nous avions écrit que nous devions tenir compte de la géopolitique dans nos allocations d’actifs. De ce fait, les mines d’or, les valeurs de défense, mais également celles de la santé, injustement délaissées en 2025, et de la technologie, figuraient dans nos portefeuilles en 2026. C’est d’autant plus vrai aujourd’hui que les tarifs, selon Donald Trump, ne sont pas uniquement une arme économique, mais un moyen de pression politique pour arriver à ses fins. Le locataire de la Maison-Blanche est reparti de Suisse avec de nouvelles concessions sous le bras et la création de son Conseil de la Paix. Pour autant, le cours de l’or continue de progresser malgré cette désescalade, et la volatilité des marchés devrait être plus forte ces prochains mois que celle anticipée par le prix des options. Nous restons investis sur nos positions, tout en conservant une poche de liquidités non négligeable, afin de pouvoir acheter des titres injustement délaissés dans ces périodes de tension. Cela permet de prendre des profits dans les phases d’apaisement, en attendant le prochain feuilleton géopolitique.
Par Arnaud Benoist-Vidal, Financière de l'Arc
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