Private equity : le tri sélectif dans le software à l’ère de l’IA

Le récent décrochage des valorisations dans le secteur du software n'est pas un simple épiphénomène boursier ni une correction technique passagère. Nous assistons à une réévaluation fondamentale des modèles d'affaires face à l'émergence de l'intelligence artificielle générative (GenAI). Ce n'est plus la croissance à tout prix qui est sanctionnée, mais l'obsolescence programmée.
L’illusion de la valeur : le logiciel « jetable » en péril
Les premières victimes de ce séisme sont les entreprises incapables de convertir les gains de productivité de l’IA en profits tangibles. Les solutions de marketing automation, d'analytics de surface ou de bureautique simple voient leurs fondations vaciller.
Des outils comme Claude ou GPT-4 ne sont plus seulement des assistants ; ils « commoditisent » des fonctionnalités qui, hier encore, justifiaient des abonnements premium. Pour ces acteurs, les signaux d'alerte sont désormais écarlates :
Taux d’attrition (churn) en hausse : Les clients réalisent qu’une simple requête (prompt) peut remplacer un logiciel dédié.
Absence de fossés technologiques (moats) : Sans barrière à l'entrée, ces solutions deviennent interchangeables.
Dépendance cyclique : Très exposés aux budgets publicitaires et marketing, ils subissent de plein fouet les arbitrages économiques.
Le logiciel mission-critical : le dernier bastion de résilience pour le private equity
À l'opposé de ce spectre, le logiciel de structure — ou « Mission-Critical » — confirme son statut de valeur refuge. Les systèmes de gestion d'entreprise (ERP), les logiciels de paie, la santé IT ou la gestion de la supply chain affichent une résilience remarquable.
Leur force ne réside pas seulement dans le code, mais dans trois piliers inaccessibles aux modèles de langage généralistes :
L'exclusivité de la donnée : Ils détiennent l'historique transactionnel et opérationnel des entreprises.
L'ancrage opérationnel : Ils sont imbriqués dans les flux de travail critiques où l'erreur n'est pas une option.
L'augmentation plutôt que la substitution : Pour ces acteurs, l'IA n'est pas un remplaçant, mais un multiplicateur de puissance qui vient enrichir une expertise métier déjà profonde.
Une fenêtre stratégique pour les fonds de private equity
En définitive, l’IA générative agit comme un révélateur de substance. Elle ne menace que les acteurs sans profondeur métier, ceux qui n'étaient que des « couches logicielles » superficielles.
Pour les investisseurs en private equity, le krach actuel ne doit pas être lu comme la fin d'un cycle, mais comme une fenêtre stratégique. C'est l'opportunité rare d'acquérir, à un prix rationnel, les véritables piliers technologiques sur lesquels reposera l'économie de demain.
Point de vue de Paul Moreno Blosseville, Président d'Opale Capital
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