Résilience économique, mais empilement des facteurs de stress

Par Dorval AM
Les enquêtes sur le climat des affaires publiées en octobre et le début de la saison des résultats confirment, à ce stade, le scénario d’une économie mondiale résiliente. Toutefois, les nouvelles tensions sur les prix de l’énergie, la crise de la dette française et les inquiétudes liées au financement de l’IA alimentent les doutes des investisseurs.
Malgré un léger recul en octobre, les résultats préliminaires des enquêtes PMI auprès des pays développés confirment le diagnostic de résilience de l’économie mondiale (graphique 1). Encore à ses débuts, la saison des résultats des entreprises cotées au troisième trimestre 2026 semble également s’inscrire dans ce scénario.

La crise énergétique demeure toutefois le principal vent contraire pour l’économie mondiale, et les tensions s’intensifient. Grâce aux routes secondaires, les flux pétroliers en provenance du golfe Persique sont presque revenus à leur niveau de février, malgré le blocage du détroit d’Ormuz. Les prix du pétrole sont néanmoins remontés nettement au-dessus de 100 dollars, ceux des produits dérivés — dont le diesel — restent très tendus, et le prix du gaz naturel en Europe peine à se stabiliser (graphique 2). Les incertitudes géopolitiques et la course au restockage expliquent probablement l’essentiel de ces tensions. Après les élections américaines de mi-mandat, prévues le 3 novembre 2026, les investisseurs seront particulièrement attentifs aux signes d’apaisement ou, au contraire, de durcissement des conflits en Iran et en Ukraine.

Le stress financier s’accentue également parmi les acteurs les plus fragiles. L’écart de taux à 10 ans entre la France et l’Allemagne a atteint 175 points de base, tandis que les primes de risque des « maillons faibles » du secteur américain de l’IA, comme CoreWeave et Oracle, ont continué de progresser. Dans ce contexte, les marchés financiers mondiaux sont passés en mode « aversion au risque » depuis le début du mois. Selon l’indicateur de Goldman Sachs, cette aversion reste modérée, mais elle atteint son niveau le plus élevé depuis la crise des droits de douane d’avril 2025 (graphique 3).

Outre les élections américaines, plusieurs événements importants pourraient accroître ou, au contraire, atténuer la perception du risque dans les prochaines semaines : le budget 2027 et les tensions sociales en France, les réunions de la Fed le 28 octobre et de la BCE le 29 octobre, la poursuite de la saison des résultats d’entreprises, les publications des agences de notation, ainsi que la confirmation — ou non — de l’introduction en Bourse d’Anthropic en novembre.
Au sein de ses stratégies Global Macro, Dorval AM a poursuivi la réduction de son exposition aux actions (amorcée à la fin du mois d’août) et renforcé ses positions en actifs obligataires refuges, notamment en Bunds allemands et en Treasuries américains.
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