Croissance mondiale : le scénario du FMI à 3,1 %

Dans ses perspectives de printemps, le Fonds monétaire international anticipe une progression de l’économie mondiale de 3,1 % en 2026, après 3,4 % en 2025. Cette prévision repose sur l’hypothèse d’un maintien des tensions géopolitiques sans aggravation majeure. Dans ce scénario, les prix des matières premières énergétiques enregistreraient une hausse modérée, estimée à 19 % en 2026. L’inflation mondiale atteindrait alors 4,4 %, sous l’effet du renchérissement de l’énergie et des produits alimentaires.
Un scénario dégradé avec une croissance ramenée à 2,5 %
Le FMI envisage un deuxième scénario dans lequel le conflit se prolongerait au-delà des hypothèses initiales. Dans ce cas, les prix du pétrole augmenteraient fortement, avec un baril autour de 100 dollars en moyenne en 2026. Dans cette configuration, la croissance mondiale serait ramenée à 2,5 % en 2026. L’inflation s’établirait à 5,4 %, conduisant les banques centrales à relever leurs taux directeurs.
Un scénario extrême marqué par un risque de récession
Un troisième scénario, plus défavorable, repose sur une prolongation du conflit et une hausse plus marquée des prix de l’énergie. Le prix du pétrole atteindrait alors environ 110 dollars en moyenne en 2026, avec une progression supplémentaire attendue en 2027. Dans ce contexte, les prix du gaz en Europe et en Asie augmenteraient fortement, tandis que les prix des produits alimentaires progresseraient également. La croissance mondiale serait fortement limitée, avec un risque de récession.
Des perspectives étroitement liées à l’évolution du conflit
Les prévisions du FMI reposent sur des hypothèses d’évolution du conflit au Moyen-Orient et de ses conséquences sur les marchés de l’énergie. Les écarts entre les différents scénarios illustrent la sensibilité de la croissance mondiale aux variations des prix des matières premières et à la durée des tensions géopolitiques.
En complément, Fitch annonçait son scenario sur la croissance mondiale fin mars 2026 :
Guerre en Iran : un choc sur la croissance mondiale pouvant atteindre -0,8 % selon Fitch
Fitch Ratings estime que la hausse des prix du pétrole et le recul des marchés actions constitueraient les principaux moteurs d’un choc économique mondial dans un scénario où le conflit en Iran se prolongerait jusqu’à la fin du premier semestre 2026. Dans cette hypothèse, le PIB mondial serait inférieur d’environ 0,8 % après quatre trimestres par rapport au scénario de référence publié dans le Global Economic Outlook de mars.

Pétrole et marchés actions : les deux canaux majeurs de transmission du choc
L’analyse repose sur le modèle économique mondial d’Oxford Economics, qui met en évidence deux facteurs déterminants.
D’une part, la hausse des prix du pétrole pèserait fortement sur la croissance, en particulier en Corée, au Japon et aux États-Unis. D’autre part, le recul des marchés actions aurait un impact marqué au Canada, en Corée et aux États-Unis.
Aux États-Unis, les effets de richesse liés à la baisse des marchés représenteraient environ la moitié de l’impact négatif sur le PIB dans ce scénario. Par ailleurs, plusieurs économies émergentes seraient pénalisées par l’élargissement des spreads obligataires, contribuant à un ralentissement de leur croissance.
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Une croissance mondiale nettement revue à la baisse dans un scénario adverse
Dans son scénario central de mars, Fitch anticipait une croissance du PIB réel de 2,2 % aux États-Unis, de 4,3 % en Chine et de 1,3 % dans la zone euro pour 2026, soit une croissance mondiale de 2,6 %.
Dans un scénario défavorable, la croissance américaine tomberait à 1,5 %, celle de la Chine passerait sous les 4 % et celle de la zone euro sous les 1 %.
L’impact maximal serait observé avec un décalage de quatre trimestres. Au quatrième trimestre 2026, la croissance américaine atteindrait 0,6 % en glissement annuel, contre 1,8 % dans le scénario de référence. Dans la zone euro, elle s’établirait également à 0,6 %, contre 1,5 %, tandis que la croissance mondiale serait ramenée à 1,7 %, contre 2,5 %.
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Une inflation en hausse dans un contexte monétaire prudent
Dans ce scénario, l’inflation au sein des économies du « Fitch 20 » serait supérieure de 1,3 point de pourcentage après quatre trimestres. Certains pays, comme l’Inde, la Pologne ou la Turquie, enregistreraient des hausses supérieures à 2 points.
Fitch précise toutefois que ces estimations n’intègrent pas d’éventuelles mesures budgétaires destinées à contenir la hausse des prix de l’énergie, susceptibles d’atténuer l’impact inflationniste.
Malgré ce contexte, l’agence n’anticipe pas de resserrement monétaire significatif aux États-Unis, dans la zone euro ou au Royaume-Uni. Cette position s’explique par un environnement différent de celui de 2022, marqué à l’époque par des tensions sur le marché du travail, des perturbations des chaînes d’approvisionnement et des politiques budgétaires expansionnistes.
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