Guerre en Iran : un choc sur la croissance mondiale pouvant atteindre -0,8 % selon Fitch
Fitch Ratings estime que la hausse des prix du pétrole et le recul des marchés actions constitueraient les principaux moteurs d’un choc économique mondial dans un scénario où le conflit en Iran se prolongerait jusqu’à la fin du premier semestre 2026. Dans cette hypothèse, le PIB mondial serait inférieur d’environ 0,8 % après quatre trimestres par rapport au scénario de référence publié dans le Global Economic Outlook de mars.
Pétrole et marchés actions : les deux canaux majeurs de transmission du choc
L’analyse repose sur le modèle économique mondial d’Oxford Economics, qui met en évidence deux facteurs déterminants.
D’une part, la hausse des prix du pétrole pèserait fortement sur la croissance, en particulier en Corée, au Japon et aux États-Unis. D’autre part, le recul des marchés actions aurait un impact marqué au Canada, en Corée et aux États-Unis.
Aux États-Unis, les effets de richesse liés à la baisse des marchés représenteraient environ la moitié de l’impact négatif sur le PIB dans ce scénario. Par ailleurs, plusieurs économies émergentes seraient pénalisées par l’élargissement des spreads obligataires, contribuant à un ralentissement de leur croissance.
Une croissance mondiale nettement revue à la baisse dans un scénario adverse
Dans son scénario central de mars, Fitch anticipait une croissance du PIB réel de 2,2 % aux États-Unis, de 4,3 % en Chine et de 1,3 % dans la zone euro pour 2026, pour une croissance mondiale de 2,6 %.
Dans le scénario défavorable, la croissance américaine tomberait à 1,5 %, celle de la Chine passerait sous les 4 % et celle de la zone euro sous les 1 %.
L’impact maximal serait observé avec un décalage de quatre trimestres. Au quatrième trimestre 2026, la croissance américaine atteindrait seulement 0,6 % en glissement annuel, contre 1,8 % dans le scénario de référence. Dans la zone euro, elle s’établirait également à 0,6 %, contre 1,5 %, tandis que la croissance mondiale serait de 1,7 % contre 2,5 %.
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Une inflation en hausse mais des banques centrales attentistes
Dans ce scénario, l’inflation au sein des économies du « Fitch 20 » serait supérieure de 1,3 point de pourcentage après quatre trimestres. Certains pays, comme l’Inde, la Pologne ou la Turquie, enregistreraient des hausses supérieures à 2 points.
Fitch souligne toutefois que ces estimations ne prennent pas en compte d’éventuelles mesures budgétaires visant à contenir la hausse des prix de l’énergie, susceptibles d’atténuer l’impact inflationniste.
Malgré ce contexte, l’agence n’anticipe pas de resserrement monétaire significatif aux États-Unis, dans la zone euro ou au Royaume-Uni. Cette position s’explique par un environnement différent de celui de 2022, marqué à l’époque par des tensions sur le marché du travail, des perturbations des chaînes d’approvisionnement et des politiques budgétaires expansionnistes.
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