“Guerre en Iran : un espoir de rebond ?” Marina Garlatti, Tailor AM

Analyses de marchés
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Un rebond des marchés malgré les tensions géopolitiques en Iran

“Guerre en Iran : un espoir de rebond ?” Marina Garlatti, Tailor AM L'actualité reste centrée autour de la guerre en Iran. Ce qui est un peu surprenant en ce début de semaine, c'est le retournement des marchés. Comment on peut expliquer ce vol de face ?

Pour remettre un peu le contexte, avant ça, on a eu plusieurs séances consécutives de baisse des actions, avec un baril de Bren qui s'est installé au-dessus des 100 dollars. Dans les grandes lignes, Donald Trump avait menacé de frapper les centrales électriques iraniennes si le détroit d'Ormuz n'était pas réouvert. Évidemment, l'Iran n'a pas voulu céder, il n'était pas même prêt à riposter de la même manière. En plus de ça, il reste la question de savoir si les États-Unis vont envoyer des troupes au sol ou non. Ces éléments renforcent les craintes sur la durée du conflit et ça, ça s'est ressenti sur les marchés. Action, taux, pétrole, même l'or. Effectivement, tout ça s'est retourné très rapidement après le tweet de Donald Trump évoquant des discussions avec l'Iran. Ça a été un mouvement assez fort. Ça a été démenti, ce fameux tweet. Le rebond a perdu en intensité au FID de la journée. Les marchés ont quand même fini en hausse, sachant qu'ils avaient ouvert à moins d'heures. Donc ça envoie un message quand même assez clair, le marché veut rebondir. Alors, il y a des facteurs techniques, on a un positionnement très prudent aujourd'hui des hedge funds avec beaucoup de positions short, ce qui contribue donc à accélérer les rebonds. Mais plus largement, le scénario dominant aujourd'hui reste celui d'une issue dans un délai raisonnable et on a toujours aussi cette idée que les banques centrales seront là si besoin, qui rassure.

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Des banques centrales en attente face à l’incertitude inflationniste

Les banques centrales sont beaucoup intervenues la semaine dernière. Qu'est-ce qu'il faut retenir de toutes ces déclarations ?

Globalement, le message est simple, elles attendent et elles observent. Pourquoi ? Elles ont peu de visibilité sur la durée du conflit, donc c'est impossible aujourd'hui de mesurer l'impact réel sur l'inflation. Alors ce qui ressort quand même assez largement, c'est qu'elles disent être en meilleure position qu'en 2022, pour deux raisons, les taux directeurs sont aujourd'hui plus élevés qu'en 2022, et puis le marché du travail est beaucoup moins tendu, et donc ça, ça leur donne plus de marge de manœuvre. Du côté de la BCE, pas de changement, le taux de dépôt reste à 2%, mais par contre les nouvelles projections sont assez parlantes. L'inflation pour 2026 a été révisée à la hausse de 1, 9% à 2, 6% et à l'inverse, la croissance a été revue à la baisse de 1, 2% à 0, 9%. Dans ce contexte-là, le marché price désormais une à deux hausse de taux cette année pour la BCE.

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La Fed entre ralentissement économique et incertitudes sur l’inflation

Pour finir avec la Fed, est-ce qu'on peut toujours attendre les baisses de taux qui étaient un petit peu anticipées en ce début d'année ?

Déjà, si on regarde les dots, les projections des membres du FOMC, on a encore une baisse de taux qui est prévue en 2026 et une autre en 2027. Si on regarde la croissance américaine, on a aujourd'hui des signaux plutôt faibles. La croissance du T4 a été fortement revue à la baisse. Pour rappel, on était en plein shutdown, donc c'est assez logique, mais on note quand même un ralentissement de la consommation des ménages. Par contre, notable de la réunion de la FED la semaine dernière, c'est qu'elle a relevé ses prévisions de croissance pour les années à venir, avec comme hypothèse sous-jacente une plus forte croissance de la productivité. En parallèle, on a toujours ce gros point d'interrogation sur l'inflation. Là, les prix à la pompe aux États-Unis ont fortement augmenté, environ plus de 30% depuis le début du conflit. Forcément, ça limite le pouvoir d'achat et on a des prix à la production qui, eux aussi, sont ressortis au-dessus des attentes. La conclusion de tout ça, comme l'a répété Powell d'ailleurs la semaine dernière, c'est qu'on ne sait pas. Tout va dépendre de la durée du choc pétrolier.

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