"Les divisions s’intensifient au sein de la Fed"

Analyses de marchés
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Interview de Marina Garlatti chez Tailor AM par Club Patrimoine

Revenons sur la semaine dernière et notamment sur les prises de parole de la Fed et de la BCE. On va commencer par la Fed qui s'est exprimée jeudi. Qu'est-ce qu'il fallait retenir de cette intervention ?

Fed : une dernière réunion sous tension pour Jerome Powell

Réunion de la Fed jeudi dernier. C'était d'ailleurs la dernière conférence pour Jerome Powell en tant que président, même s'il va rester membre du board.

Alors, pas de grosse surprise sur la décision, on n'a pas eu de changement de politique monétaire. Par contre, le discours était très attendu dans le contexte actuel, avec les tensions au Moyen-Orient qui commencent à avoir des effets visibles sur l'économie, notamment sur l'inflation.

Puisque là l'inflation PCE remonte à 3,5 % en mars, c'est son plus haut niveau depuis mai 2023, évidemment en raison de la forte hausse des prix à la pompe. Et en parallèle, la croissance reste plutôt solide, autour de 2 % au premier trimestre, et ça c'est essentiellement lié aux dépenses d'investissement dans les domaines liés à l'intelligence artificielle.

Et donc dans ce contexte-là, avec encore beaucoup d'incertitude sur les perspectives économiques, la Fed reste attentiste, elle conserve pour le moment son biais accommodant. Et c'est ça le point vraiment important de cette réunion, c'est qu'on commence à ressentir une vraie division en interne. Il y a trois membres qui ont voté contre le communiqué et puis un membre qui a voté pour une baisse de taux. C'est assez rare que ce soit autant divisé et ça montre qu'il n'y a pas de consensus clair sur la direction à prendre. Donc c'est un environnement assez challengeant pour la prise de position de Kevin Walsh.

Côté européen maintenant, la BCE, on sent qu'on est passé assez proche d'une hausse de taux, une dynamique qui est un petit peu différente de la Fed.

BCE : une hausse des taux en juin reste envisagée

Côté BCE pour le moment pas de changement non plus, pas de changement de politique monétaire, mais effectivement on a un ton qui est un peu moins accommodant, une possibilité de hausse des taux en juin si la situation se dégrade sur le front de l'inflation, sachant qu'aujourd'hui l'inflation remonte avec la hausse des prix de l'énergie, on est à 3 % en avril, on était à 1,9 % en février.

Le marché, lui, price toujours trois hausses de taux cette année. Ça nous paraît quand même exagéré, parce qu'on a quand même une croissance qui est déjà en train de ralentir. Et puis au niveau de l'inflation, on n'a pas de boucle prix-salaire. En tout cas, les entreprises restent prudentes, elles n'envisagent pas d'augmentation salariale à ce stade, voire même un ralentissement à moyen terme. Donc pour l'instant, on n'a pas d'effet de second tour. Une hausse de taux de la part de la BCE en juin, ce serait peut-être précipité dans cet environnement-là.

On va finir avec les marchés actions, qui restent au plus haut depuis quelques semaines, malgré le contexte, malgré les banques centrales.

Marchés actions : pourquoi les indices restent proches de leurs sommets

C'est vrai qu'on a eu un mois d'avril particulièrement haussier. Les marchés actions, eux, adoptent le scénario d'un accord rapide au Moyen-Orient. Sauf que dans les faits, la situation reste quand même assez tendue. Les tensions autour du détroit d'Ormuz continuent. Les négociations n'avancent pas du tout. Et puis, on a même un regain d'escalade ces derniers jours avec une remise en question du cessez-le-feu.

Malgré ça, les marchés restent très bien orientés. Je pense qu'il y a toujours cette peur de louper le rebond, le fameux FOMO. Mais au-delà de ça, on a quand même des facteurs de soutien, je pense surtout aux résultats du T1, qui ont été plutôt bons dans l'ensemble, en particulier aux États-Unis.

Quelques chiffres pour illustrer ça. Sur les entreprises du S&P 500 qui ont publié, environ 80 % ont dépassé les prévisions en termes de bénéfices. Et la croissance des bénéfices du S&P 500 est de 25 % environ, donc le double des prévisions des analystes.

Des résultats solides, notamment dans le secteur technologique, c'est ce qui explique le rebond impressionnant du secteur, puis des semi-conducteurs en particulier. Il y a aussi un effet rattrapage, parce que ces valeurs-là ont vu leur valorisation corrigée depuis fin octobre 2025.

Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, il faut quand même garder en tête que le marché est extrêmement concentré, avec quelques valeurs qui expliquent quasiment toute la performance des indices. Ça, c'est vrai aux États-Unis, mais c'est aussi vrai en Europe. En Europe, on a ASML qui est un très gros contributeur, en plus des sociétés énergétiques depuis le début de l'année. Et donc, ça, c'est quand même un point de vigilance.

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