Conflit en Iran et publications de la tech : les marchés sous tension


Comme tous les mercredis, Tailor AM analyse les marchés dans notre podcast Décodages. Cette semaine, Julien Quistrebert revient sur les tensions géopolitiques autour de l'Iran, les attentes des marchés avant les décisions des banques centrales et les premiers enseignements de la saison des résultats, avec un focus sur les géants de la technologie et l'intelligence artificielle.
Iran : le pétrole et l'inflation reviennent au premier plan
On va commencer par le conflit en Iran qui ne cesse de s'arrêter et de redémarrer. Toujours cette incertitude qui, évidemment, pose pas mal de problèmes de lisibilité.
Oui, tout à fait. On a ce va-et-vient, ces allers-retours incessants, le prix du baril évidemment qui fluctue en conséquence. Avec un Brent qui revient à 84 dollars ce matin après quelques jours de pause. De nouveaux tirs ont été effectués par les Iraniens. Et le sujet évidemment sous-jacent, c'est l'inflation. Donc on l'a vu, la BCE a souhaité rester en statu quo après une première hausse. C'est très vraisemblable que le mois de septembre marque une nouvelle hausse de taux si on n'a pas, en tout cas, d'accord signé avec l'Iran. Et puis, très attendue aujourd'hui, la Fed. Alors jusqu'à maintenant, le marché tablait sur un statu quo aussi. On rappelle que la Fed n'a pas encore augmenté ses taux. Là, les probabilités ont légèrement augmenté. On est à 35-40 % de probabilité de hausse de taux aujourd'hui, ce qui serait un peu une surprise puisqu'on était à 16 % encore il y a quelques jours. Voilà, donc c'est vraiment le point clé que le marché va surveiller dans un environnement où on a quelques tensions sur le marché du crédit et notamment sur la tech.
BCE et Fed : quelles conséquences pour les marchés ?
On va revenir aussi sur les banques centrales. On a eu la BCE la semaine dernière, on attend la Fed prochainement. Qu'est-ce qu'il faut retenir, pour commencer, du discours de la BCE la semaine dernière ?
Comme d'habitude, un autosatisfecit sur la politique qui est menée. Christine Lagarde a insisté sur le fait que la politique de la BCE était très lisible pour les marchés. Voilà. Bon, beaucoup d'investisseurs, dont nous, s'interrogent quand même sur l'intérêt d'augmenter ses taux courts dans cet environnement, avec une croissance quand même qui est relativement atone. Voilà. Bon, en tout cas, ils gardent le cap. Ils ont bien noté le fait que le mois de juin, il y avait une détente sur l'inflation. C'est normal puisque le prix de l'énergie avait rebaissé. Donc là, en toute cohérence, si les tensions avec l'Iran se maintenaient, ils devraient augmenter leurs taux au mois de septembre. C'est ce que le marché price. Voilà, nous, de notre côté, on espère qu'ils vont revenir à la raison et se calmer un petit peu là-dessus, puisque c'est de l'inflation importée et ça va être très difficile à juguler en augmentant ses taux directeurs.
Voilà, côté américain, évidemment, c'est la position de Kevin Warsh, qui a été nommé par Donald Trump, qui semble vouloir se détacher un petit peu de sa politique. Donc surprise potentielle sur une hausse des taux qui n'est pas totalement à écarter, comme on le disait au préalable. À surveiller de très près ce soir.
Les résultats d'entreprises restent solides malgré les incertitudes
On finit avec les publications. Il y a pas mal de choses qui sont tombées ces derniers jours, et notamment la tech, très surveillée vu les niveaux de capitalisation. Qu'est-ce qu'il faut retenir un peu de ces publications pour l'instant ?
Plutôt des publications de très bonne qualité. On a un record en termes de croissance d'EPS sur l'ensemble des zones, alors énormément tiré évidemment par les CapEx dans les technologies, mais d'une manière générale, on a de bonnes dynamiques. Le secteur bancaire, ce matin encore en Europe, que ce soit UBS, Deutsche Bank, etc., on a eu de bonnes publications. Donc, secteur financier en Europe et aux États-Unis, il y a quelques jours, tout ça est de très bonne facture. On regardera évidemment ce soir la publication de Microsoft et Meta qui sont assez attendues après la déception sur Alphabet, avec la hausse des CapEx, encore une fois, sur l'IA. Toujours la question de la monétisation avec la technologie Kimi K2 de Moonshot, l'acteur chinois qui semble concurrencer les meilleurs modèles d'Anthropic et d'OpenAI. Donc toujours beaucoup d'inquiétudes là-dessus. Hier, la nouvelle sur les technologies DUV d'ASML qui pourraient être concurrencées par un acteur chinois. Cinq machines livrées cette année, vingt machines d'ici 2027. Alors ce n'est pas la technologie la plus élevée chez ASML, c'est l'EUV qui est concurrencée, mais c'est un premier pas en tout cas vers la concurrence chinoise. Et puis toujours, en Corée, depuis plusieurs jours, la souffrance sur les sociétés de la mémoire, SK Hynix, Samsung, qui ont baissé de plus de 50 %. Le ministre coréen des Finances a même dû s'excuser auprès des particuliers pour les pertes qu'ils ont pu subir sur les ETF à effet de levier. Donc voilà, un environnement assez instable et assez logique au vu des niveaux de valorisation qui pouvaient paraître quand même assez déraisonnables.
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