L'Allemagne lance un programme d'investissement historique dans la défense et les infrastructures (Edmond de Rothschild AM)

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L’Allemagne s'engage dans un programme d'investissement de près de 1000 Mds€

Impensable il y a encore quelques semaines, l'Allemagne a décidé cette semaine de s'engager dans un programme d'investissement historique et d'abandonner son conservatisme fiscal en annonçant une série de mesures qui permettront de largement contourner la règle constitutionnelle du frein à l'endettement. Ce « quoi qu'il en coûte », dont nous avons détaillé les contours et les implications dans une note parue vendredi, pourrait se traduire par une augmentation des dépenses dans la défense et les infrastructures de près de 1000 Mds € sur la prochaine décennie et promet de transformer en profondeur les économies allemande et européenne.  

Si la proposition du futur chancelier F. Merz devra impérativement être votée avant le 25 mars prochain, tant que la CDU, le SPD et les Verts disposent d'une majorité des 2/3, et que des recours juridiques devant la Cour constitutionnelle ne peuvent être exclus, tout porte à croire que le texte pourra dépasser ces obstacles et donner au nouvel exécutif allemand des marges de manœuvre budgétaires colossales. Celles-ci permettront à Berlin de soutenir sa croissance mais aussi d'accroître significativement ses dépenses militaires dans un contexte géopolitique menaçant, un exemple que les autres pays européens devraient également suivre.  

Les discussions sont d'ailleurs en cours à Bruxelles au sujet d'une hausse de près de 800 Mds $ des budgets nationaux dans la défense mais posent la question du financement de celle-ci. L'envolée des taux souverains européens depuis l'annonce de F. Merz (+43 pb sur le 10 ans allemand) reflète certes l'amélioration des perspectives de croissance et d'inflation en Europe mais aussi les inquiétudes des investisseurs quant à la hausse significative des émissions de dette publique alors que les autres États affichent déjà des ratios d'endettement bien plus élevés que l'Allemagne.  

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La BCE face aux tensions sur les taux

Ces craintes n'ont guère été dissipées par la BCE cette semaine, laquelle a certes procédé à une nouvelle baisse des taux directeurs de 25 pb mais dont la présidente C. Lagarde a indiqué qu'elle ne prendrait pas part au financement de ces nouvelles émissions et que l'impact de cette relance fiscale sur la croissance et l'inflation pourraient inciter l'institution à se mettre en pause. Rappelons que la BCE poursuit par ailleurs la réduction de la taille de son bilan (Quantitative Tightening), ce qui risque d'exacerber les tensions sur les taux.  

L’incertitude persistante aux États-Unis jusqu'à l'annonce de la poilitique commerciale le 2 avril 2025

De l'autre côté de l'Atlantique, la semaine a encore une fois été marquée par le comportement erratique du président Trump, en particulier sur le sujet des tarifs douaniers sur lequel les investisseurs manquent cruellement de visibilité. Alors que des taxes à hauteur de 25% sur les importations canadiennes et mexicaines sont entrées en vigueur mardi dernier, celles-ci ont d'abord été assouplies puis totalement suspendues sur une partie des produits. Cette incertitude devrait se poursuivre au moins jusqu'au 2 avril, date à laquelle l'administration Trump doit annoncer sa nouvelle politique commerciale concernant l'ensemble de ses partenaires.  

En attendant, ceci pèse d'ores et déjà sur le moral des ménages et des entreprises et contribue à alimenter les anticipations de ralentissement de la croissance américaine au cours des prochains trimestres. Les marchés actions américains en souffrent également, avec une nouvelle chute marquée en particulier sur les petites et moyennes entreprises.  

La Chine a dévoilé sa feuille de route économique pour 2025

Enfin, il convient de noter que la Chine a dévoilé sa feuille de route économique pour 2025, avec un objectif de croissance maintenu à 5% qui envoie un message de confiance de la part des autorités. Pékin continuera en effet de soutenir sa croissance pour compenser tout choc négatif lié à la guerre commerciale, avec un accent particulier mis sur la consommation des ménages qui se traduit par une augmentation sensible des aides pour l'achat de certains produits.  

Le positionnement d'Edmond de Rothschild AM

Cette détermination des autorités à stimuler l'activité nous incite à maintenir notre préférence relative pour la Chine au sein des marchés actions, tandis que nous restons prudents sur les indices actions des pays développés compte tenu des risques liés aux politiques de D. Trump, et neutres sur les obligations souveraines dont la volatilité restera très élevée en attendant d'y voir clair sur le plan budgétaire européen.

Par Edmond de Rothschild AM

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