"L'année ne fait que commencer..." L'analyse des marchés de février 2026 d'Ecofi

Analyses de marchés

En janvier, de nombreux événements d’ordre économique, géopolitique et financier se sont enchaînés à une vitesse déconcertante. Nous revenons, ce mois-ci, sur certains d’entre eux.

En zone Euro, les données économiques publiées durant le mois ont montré des signes encourageants de redressement de l’activité. La croissance du PIB a atteint 0,3 % au quatrième trimestre 2025 alors que le consensus tablait sur une hausse de 0,2 %. De plus, de nombreux indicateurs avancés du cycle, principalement issus d’enquêtes conjoncturelles, signalent par ailleurs une amélioration du climat des affaires en ce début d’année 2026. Toutefois, cette amélioration d’ensemble masque encore une certaine hétérogénéité. Les pays du Sud, notamment l’Espagne, continuent de croître à un rythme soutenu, tandis que l’Allemagne renoue timidement avec des chiffres de croissance positifs. Le secteur manufacturier montre quant à lui des signes d’amélioration mais il reste en retrait face à celui des services, illustrant ainsi le caractère encore inégal de cette reprise. Le déploiement du plan allemand de réarmement et d’infrastructures, combiné aux effets différés des baisses de taux de la BCE et à la hausse des revenus réels, devrait cependant favoriser une reprise cyclique plus étendue de l’activité en 2026. En parallèle, l’inflation totale est passée sous le seuil des 2 % en décembre 2025, à 1,9 % en glissement annuel. Cette baisse s’explique principalement par des effets de base énergétiques favorables et cette tendance devrait se poursuivre au premier trimestre avant de s’inverser progressivement par la suite. L’inflation hors énergie et alimentation quant à elle a enregistré une baisse plus modeste, passant de 2,4 % en novembre à 2,3 % en décembre.

Dans ce contexte, notre scénario central reste celui d’une BCE laissant sa politique monétaire inchangée au cours des six prochains mois pour trois raisons principales : (i) les effets de base énergétiques sont connus et anticipés, (ii) les données d’activité s’améliorent et la probabilité que la BCE rehausse ses prévisions de croissance en mars est selon nous élevée et (iii) le niveau actuel du taux de facilité de dépôt (2 %) se situe dans l’intervalle de l’estimation du taux neutre compris entre ~1,75 % et ~2,5 % – celui qui ne contraint ni l’activité ni n’accélère l’inflation. Au-delà de ce scénario central, l’appréciation de l’euro face au dollar (13,4 % en 2025 et 0,9 % en janvier 2026) et aux principales devises internationales ainsi que la réorientation des flux de marchandises chinoises vers l’Europe dans le cadre de la guerre commerciale sino-américaine pourraient néanmoins exercer des pressions baissières sur l’inflation et rouvrir la question d’un nouvel assouplissement monétaire. À ce titre, nous surveillerons attentivement les éléments de langage employés par la BCE, notamment tout changement dans la tolérance à l’appréciation de l’euro lors des premières réunions de l’année 2026.

Aux États-Unis, bien que la Fed ait adopté le statu quo le 28 janvier dernier, trois enseignements ressortent de cette réunion de politique monétaire. Premièrement, les risques à la hausse sur l’inflation et à la baisse sur l’emploi ont diminué. Autrement dit, la « balance des risques » est désormais plus équilibrée. Deuxièmement, Stephen Miran, proche conseiller économique de Donald Trump, et Christopher Waller, membre du conseil des gouverneurs, ont voté contre la décision de laisser la politique monétaire inchangée en souhaitant une baisse de 0,25 %. Troisièmement, Jerome Powell a indiqué que le niveau actuel des taux directeurs (3,50 %-3,75 %) n’est plus aussi restrictif qu’auparavant et qu’il se situe désormais proche de la neutralité, réduisant ainsi de facto l’urgence de poursuivre l’ajustement de la politique monétaire. Avec une inflation PCE à ~2,8 % selon les chiffres de novembre, un rythme de consommation des ménages toujours soutenu et un marché de l’emploi dont la dégradation semble s’être interrompue, il nous semble probable que la Fed procède à de nouvelles baisses de taux avant le second semestre.

Outre cette réunion, le mois de janvier a également coïncidé avec la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed, en remplacement de Jerome Powell dont le mandat arrive à échéance en mai prochain. Cette nomination reste toutefois suspendue à la validation du Sénat. S’il est encore trop tôt pour déterminer précisément l’attitude qu’adoptera Kevin Warsh, deux éléments méritent toutefois d’être soulignés. Premièrement, Kevin Warsh a déjà siégé au sein de la Fed entre 2006 et 2011. Durant cette période, il s’est montré critique à l’égard de la politique d’assouplissement quantitatif et s’est fréquemment rangé du côté des faucons, insistant sur les risques haussiers sur l’inflation. Deuxièmement, dans ses prises de parole récentes, il a exprimé le souhait de voir les taux diminuer, arguant du caractère potentiellement désinflationniste des gains de productivité liés à l’IA, une thèse encore largement débattue. Ce faisant, il se rapproche indirectement de la rhétorique défendue par Donald Trump, favorable à une baisse des taux directeurs. Cette nomination intervient dans un contexte par ailleurs marqué par l’assignation à comparaître de la Réserve fédérale devant la justice américaine, assignation que Jerome Powell a qualifiée de « prétexte » visant à tenter de nuire à l’indépendance de la banque centrale. Dans le sillage de cette nomination, Donald Trump a commenté en déclarant, sur le ton de la plaisanterie, que si Kevin Warsh ne baissait pas les taux, il pourrait le traduire en justice. Reste donc à savoir si nous aurons affaire à l’ancien Kevin Warsh ou au nouveau Kevin Warsh. Au-delà de mai, la capacité du nouveau président à pouvoir baisser les taux dépendra surtout de la manière dont il parviendra à convaincre les autres membres de la Fed de le suivre dans sa démarche et son raisonnement. Au regard de la composition actuelle du FOMC, nous jugeons peu probable un scénario de baisses des taux motivées par des considérations politiques. Les décisions resteront, selon nous, conditionnées à un diagnostic économique clair et largement partagé au sein du comité. Le risque principal réside cependant dans une moindre lisibilité de la politique monétaire américaine, en raison de désaccords possibles en interne. En l’état, notre scénario central prévoit toujours une à deux baisses de taux au maximum sur l’ensemble de l’année 2026.

Malgré une succession d’événements économiques et géopolitiques – du Venezuela au Groenland, en passant par Davos et le Japon (voir notre analyse détaillée ici) – les marchés d’actifs risqués ont terminé le mois en territoire positif. À ce titre, l’environnement économique nous paraît toujours favorable aux actifs risqués et notamment aux actions de la zone euro, qui continuent de surperformer les actions américaines en ce début d’année…

Extrait de l'analyse mensuelle d'Ecofi - Février 2026

Lire l'analyse complète sur le site d'Ecofi

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