Carmignac s’appuie sur le secondaire et le co-investissement pour enrichir son offre de Private Equity

Private Equity
Maxime Carmignac et Édouard Boscher

À l’occasion de l’IPEM Wealth 2026 à Cannes, Carmignac confirme le développement de son offre de Private Equity. En s’appuyant sur un partenariat avec Clipway, spécialiste du secondaire, la maison indépendante entend offrir aux investisseurs privés une exposition evergreen, compétitive en frais et immédiatement diversifiée, tout en capitalisant sur ses expertises historiques en gestion liquide. Avec Maxime Carmignac, Directrice Générale Carmignac UK Ltd et Édouard Boscher, Responsable du Private Equity chez Carmignac.

Pourquoi Carmignac s'est-il lancé dans le Private Equity ?

Maxime Carmignac : Pour nous, se lancer dans le Private Equity, ça veut dire qu'il y a un alignement d’intérêts entre Carmignac, notre propre balance sheet et notre client traditionnel. Et nous avons pensé que Carmignac et notre client traditionnel pouvaient bénéficier du Private Equity pour trois raisons principales. La première, c'est de pouvoir capter la prime d'illiquidité, parce qu'on n'a pas besoin de 100 % de nos actifs d'être liquides demain. Ensuite, ç'est bien d'avoir une partie du portefeuille moins volatile. Et enfin, chez Carmignac, on est un family business, on est là pour le long terme, et c'est vrai qu'on aime l'idée de compounder sur le long terme. On voit que le client retail, parfois, a tendance à vendre au son du canon et acheter au son du clairon, et on pense que pouvoir capitaliser sur le long terme avec des produits semi-liquides peut aider notre client final.

Votre partenaire dans le non-coté, c'est Clipway. Comment avez-vous eu l'idée de ce partenariat ?

Maxime Carmignac : Si on revient à l'historique, on a voulu pénétrer ce marché. Au début, c'était les fonds traditionnels, closed-end funds. Et là, on s'est heurtés à quatre challenges principaux. Le premier, évidemment, la liquidité. On est bloqués pour au moins dix ans. Après l’accès, finalement on se rend compte que si on veut accéder à ce marché illiquide, même si on est fortunés, c'est très difficile parce que vous êtes en face de sociétés comme ADIA qui mettent 10 milliards dans un fonds, donc vous êtes forcément petit par rapport à ces investisseurs institutionnels. Le troisième problème, c’était la fameuse courbe en J. C’est un gros problème, c’est très frustrant pour qui vient du milieu traditionnel liquide. Et l'un des problèmes est un problème opérationnel. La taxe, le reporting, les cash calls, c'est un cauchemar opérationnel. Et donc, qu'est-ce qui s'est passé ? Pour répondre à ces quatre challenges principaux, il y a eu cette magnifique innovation en 2006 de Partners Group. Donc, bravo à Partners Group pour leur innovation. On s'est dit chez Carmignac qu'on aimerait pouvoir offrir ça à nos clients. Donc on s'est dit, on va essayer d'être les premiers. Et pour être les premiers, il faut la meilleure performance possible. La meilleure performance, ça veut dire qu'on pensait avoir un evergreen secondaire pour la liquidité, la distribution et la diversification. Et encore mieux, c'est du co-investissement secondaire. Parce que qui dit co-investissement dit no fees, no carry. Petit détail, Vincent, on n'avait pas ça en interne chez Carmignac. Donc pour la première fois en 35 ans, on s'est dit, on va faire un partenariat externe. On a cherché partout dans toute l'Europe pendant deux ans. On a été disciplinés parce qu'on voulait vraiment offrir le meilleur possible. Et là, finalement, on a croisé la route de Clipway, le fonds de Vincent Gombault, et on a pu finalement signer avec eux, en 2023, un partenariat stratégique. Clipway, spécialiste du secondaire. Gros carton. Ils voulaient lever entre 2 et 3 milliards. Ils sont déjà à 3, 5 milliards. Donc, on a choisi les bons partenaires au bon moment.

Et le Private Equity, vous faites ça depuis deux ans chez Carmignac ?

Édouard Boscher : J'ai rejoint en octobre 2023 les équipes de Carmignac. On a lancé le premier Fonds en mai 2024. Et donc, ce premier Fonds aujourd'hui a un peu plus d'un an et demi de vie.

Quelle est votre stratégie de Private Equity chez Carmignac et en quoi est-ce que cette stratégie se distingue de ce qui existe par ailleurs ?

Édouard Boscher : Il y a plusieurs points que Maxime a déjà mentionnés. Je pense que le premier qui est important pour nous, c'est d'être un pure play sur le Private Equity. Ce qu'on offre à nos clients, c'est vraiment la possibilité de s'exposer immédiatement au marché du Private Equity. Quand je dis marché du Private Equity, c'est sur des actifs déjà matures, c'est-à-dire des sociétés sous LBO dans la plupart des cas, qui sont dirigées par des fonds de renommée internationale, et c'est à la fois sur l'Europe et les États-Unis. Donc ça, c'est la première composante importante de notre stratégie, et on l'a essentiellement au travers du marché secondaire. La deuxième composante importante, c'est ce que Maxime a dit, c'est la réduction des couches de frais, puisque sur ces produits, si on veut être compétitif, notamment quand on travaille avec des distributeurs, il faut être capable de proposer un produit qui va être le plus compétitifs en termes de couches de frais. Trop de couches de frais tuent le produit. Et donc, on a beaucoup travaillé avec Maxime et les équipes de Carmignac pour réduire ces frais. Et c'est notamment ce qu'a dit Maxime, c'est l'accès au co-investissement sans frais de gestion qui nous a permis d'arriver à ça. Le dernier point, c'est plus sur les compétences de Carmignac. On a utilisé, en fait, sur la partie obligataires, dans un evergreen, vous avez une gestion du cash.  C'était une particularité qui est vraiment importante chez Carmignac, c'est qu'on a accès à ces équipes de obligataires, toutes les équipes obligataires, avec lesquelles on travaille au quotidien pour même maximiser la performance sur cette composante liquide du portefeuille.

Pourquoi le secondaire est-il important dans la gestion de vos Fonds ?

Édouard Boscher : Là aussi, je pense que Maxime en a dit un mot tout à l'heure. La première chose qui nous a marqués, c'est que beaucoup de fonds de Private Equity qui sont disponibles aujourd'hui, notamment sur les fonds fermés, vont avoir une performance négative les premières années. Le secondaire, c'est le moyen aujourd'hui de diminuer cette courbe en J et d'avoir en fait une chance non nulle d'afficher des performances positives dès le démarrage de votre fonds. Donc ça, c'était un point essentiel. Le deuxième point important dans une stratégie secondaire, c'est le déploiement. Quand vous avez un fonds evergreen, vous laissez la possibilité aux gens de rentrer tous les mois. Et donc, quand vous avez un flux qui rentre dans le fonds, il faut pouvoir le déployer. Et si vous faites uniquement des sociétés, société par société, il faut faire énormément de transactions pour avoir suffisamment de diversification. Dans une transaction qu'on appelle LP-led, un rachat de portefeuille mature à un institutionnel, vous avez cette diversification immédiate. Et puis, le dernier point, c'est plus sur la structuration d'un evergreen, c'est-à-dire qu'en fait, aujourd'hui, on n'est pas des magiciens. Quand vous offrez de la liquidité, il faut être capable derrière de gérer cette liquidité et l'actif sous-jacent est illiquide. Donc l'avantage du secondaire, c'est qu'en fait, vous êtes sur une classe d'actifs qui a une duration beaucoup plus courte. Vous achetez un actif mature, il va vous distribuer dès la première année un certain montant en fonction des réalisations du portefeuille. Et donc, ça vous permet, en cas de sortie, d'utiliser ces distributions pour reconstituer vos positions cash et être sûrs de pouvoir honorer ces fameuses sorties des fonds evergreen.

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Votre actualité chez Carmignac, c'est le lancement prochain d'un fonds ELTIF. Est-ce que vous pourriez nous en dire un petit peu plus sur ce nouveau produit ?

Maxime Carmignac : En effet, le 31 mars, on va lancer un ELTIF luxembourgeois. Jusqu'à maintenant, on avait lancé un fonds en mai 2024 qui était un UCI Part II. Et l'avantage de l'ELTIF, évidemment, au niveau de la distribution, c'est qu'on a accès à un plus grand éventail de clients non professionnels, et ça harmonise aussi la distribution en Europe, parce que Carmignac est un acteur européen, pas seulement français, et donc c'est une très bonne nouvelle pour pouvoir élargir la distribution. Donc, bien meilleure distribution, mais aussi, ça veut dire un univers d'investissement plus restreint. Et c'est là où on a la chance, avec Clipway, notre partenaire du secondaire, qui est un acteur qui était à l'origine chez Ardian secondaire et qui, du coup, avait accès à des fonds énormes et donc un gros sourcing. Aujourd'hui, on est capables chez Carmignac, avec Clipway, quand il y a un deal secondaire qui arrive, de pouvoir séparer les actifs éligibles et non éligibles. Ça nous donne accès à un gros sourcing. Malgré un univers d'investissement plus réduit, on espère que le fonds aura une performance aussi forte que son grand frère, l'UCI Part II.

Vos ambitions dans le Private Equity chez Carmignac pour les années qui viennent, quelles sont-elles ?

Maxime Carmignac : Je pense que ce qui est important pour Carmignac, c'est d'expliquer l'intégration et les synergies avec l'alignement d'intérêts. Parce qu'en ce moment, on voit beaucoup de rapprochements entre les acteurs illiquides qui veulent capter des acteurs liquides, parce qu'on se rend compte finalement que les evergreens, la structuration, la gestion du cash sont hyper importants. Mais Carmignac, c'est intégré. Parce que chez Carmignac, on a la partie liquide, on a l'équipe crédit qui est très connue, très performante. Finalement, c’est quoi le pont entre l’illiquide et le liquide ? Ce sont les pre-IPO. Et chez Carmignac, grâce à notre business traditionnel, on peut avoir la meilleure gestion du cash, les pre-IPO et évidemment donner accès à Clipway, qui est un acteur exceptionnel. Donc, intégration hyper importante et alignement d'intérêts pour pouvoir offrir finalement à nos clients du liquide et de l'illiquide de façon intégrée.

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