Climat des affaires : la France reste fragilisée

Le climat des affaires reste stable en mai mais sous sa moyenne historique
Le climat des affaires en France s’est stabilisé en mai, selon les données publiées vendredi par l’Insee. L’indicateur synthétique ressort à 94 points, comme en avril, et demeure inférieur à sa moyenne de longue période fixée à 100 pour le 25ème mois consécutif.

Cette stabilité masque des évolutions contrastées entre les différents secteurs de l’économie. Selon l’Insee, “le climat des affaires se dégrade nettement dans le commerce de détail et plus légèrement dans les services, il s’améliore un peu dans le bâtiment et le commerce de gros et plus nettement dans l’industrie”.
Depuis le début de l’année, l’indicateur national a perdu près de cinq points. Il évoluait encore autour de 99 points en janvier avant de reculer progressivement au printemps.
Le commerce et les services pénalisés par le ralentissement de la demande
Le commerce de détail apparaît comme le secteur le plus fragilisé. L’indicateur sectoriel recule à 89 points, en baisse de cinq points sur un mois et de onze points depuis mars. Les intentions de commandes se replient nettement, traduisant le ralentissement de la consommation des ménages.
Le recul de la demande concerne désormais plusieurs segments de consommation, y compris l’alimentaire et les dépenses d’équipement courant.
Les services poursuivent également leur ralentissement. L’indicateur sectoriel perd un point pour atteindre 93, son plus bas niveau depuis mars 2015 hors période pandémique. L’hébergement-restauration figure parmi les secteurs les plus touchés, confronté à la contraction du pouvoir d’achat, à la hausse des coûts salariaux et au ralentissement du tourisme intérieur.
Dans ce contexte, les entreprises doivent également composer avec des tensions persistantes sur les coûts de production et une orientation haussière des taux d’intérêt.
L’industrie résiste davantage que les autres secteurs
L’industrie constitue le principal facteur de stabilisation de l’économie française. L’indicateur du climat des affaires dans le secteur remonte à 102 points en mai, contre 100 en avril selon l’Insee.
Cette amélioration repose principalement sur la progression des soldes relatifs à la production passée. Certains secteurs industriels bénéficient encore de la normalisation progressive des chaînes d’approvisionnement ainsi que du maintien des investissements dans les activités liées à la défense, à l’aéronautique ou à la transition énergétique.
Le bâtiment affiche également une légère amélioration avec un indicateur remonté à 97 points. Le secteur reste toutefois pénalisé par la faiblesse du marché immobilier résidentiel, le recul du crédit à l’habitat et des carnets de commandes jugés insuffisants.
Le commerce de gros enregistre lui aussi une amélioration limitée, portée notamment par le rebond des ventes passées à l’exportation.
Le climat de l’emploi atteint son plus bas niveau depuis la crise sanitaire
L’indicateur synthétique du climat de l’emploi perd trois points en mai pour tomber à 92, soit son niveau le plus faible depuis la crise sanitaire.
Cette dégradation est principalement liée au recul des effectifs prévus dans les services hors intérim. Les entreprises deviennent plus prudentes dans leurs recrutements face au ralentissement de l’activité.
Historiquement, un indicateur inférieur à 95 correspond à des périodes de ralentissement marqué du marché du travail. Le repli des intentions d’embauche laisse entrevoir une poursuite de la dégradation de l’emploi au cours des prochains mois.
À 94 points, le climat des affaires reste compatible avec une croissance faible de l’économie française, dans un contexte marqué par la faiblesse de la demande intérieure et les tensions persistantes sur les coûts de production.
Sources : Insee, Le Cercle de L'epargne, Les Echos
En avril 2026, le climat des affaires en France marque un repli significatif. L’indicateur synthétique calculé par l’Insee perd trois points sur un mois pour s’établir à 94, un niveau inférieur à sa moyenne de longue période fixée à 100. Il revient ainsi à son niveau observé en juillet 2024.
Construit à partir des réponses des chefs d’entreprise interrogés entre fin mars et le 20 avril 2026, il traduit une dégradation globale de la perception de l’activité. L’Insee souligne que les perspectives générales se détériorent dans l’ensemble des secteurs.
Commerce et services en première ligne du ralentissement
Le recul est particulièrement marqué dans le commerce de détail et l’automobile. Le climat des affaires y chute de six points pour atteindre 94, pénalisé par une baisse des intentions de commandes et des anticipations d’activité.
Les services suivent la même tendance. L’indicateur y recule de deux points à 94, atteignant un point bas inédit depuis 2015 hors période Covid. Le secteur reste durablement affaibli, affichant un niveau inférieur à sa moyenne historique depuis un an et demi.
Industrie en résistance, bâtiment fragilisé
À contre-courant, l’industrie montre un léger mieux. L’indicateur gagne un point et retrouve son niveau de référence de long terme à 100, porté par une amélioration des jugements sur la production passée et les carnets de commandes.
Dans le bâtiment, la situation apparaît plus contrastée. L’indicateur reste stable à 96 mais demeure sous sa norme historique. Surtout, les entrepreneurs anticipent une dégradation marquée de leur activité à venir.
Un marché de l’emploi toujours en retrait
Le climat de l’emploi ne montre pas d’amélioration notable. Il se maintient à 95, un niveau inférieur à sa moyenne de long terme, traduisant une prudence persistante des entreprises.
L’Insee met également en avant une hausse des anticipations de prix dans tous les secteurs, dans un contexte où les perspectives d’activité continuent de se dégrader.
Source : Insee
Lire aussi :
Défaillances d’entreprises : un niveau record et des fragilités persistantes
Dette française : Moody’s maintient la note Aa3
Un rebond de l'inflation en mars dû au choc énergétique lié au Moyen-Orient
En septembre 2025, l’indicateur synthétique du climat des affaires en France reste à 96 pour le quatrième mois consécutif. Ce niveau demeure en dessous de sa moyenne de longue période fixée à 100 depuis août 2024, confirmant une morosité persistante dans l’économie française.
Le climat des affaires s’éclaircit dans les services et le commerce de gros, se stabilise dans le bâtiment, mais s’assombrit dans l’industrie et le commerce de détail. Cette dynamique illustre un contexte économique où certaines branches montrent des signes de résistance tandis que d’autres subissent un repli.
Dans les services, le climat des affaires progresse après trois mois de stabilité. L’indicateur synthétique gagne deux points pour atteindre 98, se rapprochant ainsi de sa moyenne de longue période (100). Le secteur de l’information-communication enregistre un net rebond, alors que les autres segments connaissent un léger recul.
Le climat des affaires bimestriel du commerce de gros s’améliore une nouvelle fois. À 98, l’indicateur gagne un point et atteint son plus haut niveau depuis mars 2023, bien qu’il reste en deçà de sa moyenne de longue période. Les soldes d’opinion sur les livraisons reçues de l’étranger et sur les intentions de commandes poursuivent leur redressement.
L’indicateur synthétique du climat de l’emploi perd deux points en septembre pour s’établir à 93. Sous sa moyenne de longue période depuis juillet 2024, il atteint son plus bas niveau depuis janvier 2015, hors crise sanitaire. Cette détérioration s’explique principalement par la baisse du solde sur les effectifs prévus dans les services, traduisant une montée des inquiétudes des employeurs sur leur capacité à maintenir leurs équipes dans les prochains mois.
Sources : INSEE, Cercle de l'Epargne
Contributeurs
Les indispensables de votre veille professionnelle
Graph du jour
Chaque jour, nous sélectionnons pour vous, professionnels de la gestion d'actifs, une actualité chiffrée précieuse à vos analyses de marchés.
Statistiques marchés, baromètres, enquêtes, classements, résumés en un graphique ou une infographie dans divers domaines : épargne, immobilier, économie, finances, etc. Ne manquez pas l'info visuelle quotidienne !
Protection juridique : le vieillissement pourrait faire bondir les mesures d’ici 2070

Protection juridique : le vieillissement pourrait faire bondir les mesures d’ici 2070
Le vieillissement de la population pourrait accélérer fortement les mesures de protection juridique en France d’ici 2070, selon les notaires du Grand Paris.
Le top 3 des graphiques les plus consultés
Un outil pratique mis à votre disposition pour découvrir et vous inscrire aux prochains événements de nos partenaires : webinars, roadshow, formations, etc.

.webp)


.webp)

.webp)























