Dette publique en France : 115,6 % du PIB fin 2025, en recul par rapport au trimestre précédent malgré un déficit élevé

À la fin du quatrième trimestre 2025, la dette publique au sens de Maastricht s’établit à 3 460,5 Md€, soit une diminution de 23,6 Md€, après +66,9 Md€ au trimestre précédent. Exprimée en pourcentage du produit intérieur brut, elle ressort à 115,6 % après 117,2 % au troisième trimestre 2025.
Ce recul marque une inflexion après plusieurs trimestres de hausse. Pour la première fois depuis fin 2024, la dette publique diminue sur un trimestre, tout en restant à un niveau élevé.

Une dette nette en hausse malgré la baisse de la dette brute
Contrairement au trimestre précédent, la diminution de la dette publique s’accompagne d’une baisse de la trésorerie des administrations publiques, à hauteur de 31,1 Md€ après une hausse de 6,4 Md€. Dans ce contexte, la dette nette augmente de 8,1 Md€ et s’établit à 3 245,5 Md€, soit 108,4 % du PIB après 108,9 % au trimestre précédent. L’écart entre la baisse de la dette brute et la hausse de la dette nette s’explique principalement par la diminution de la trésorerie de l’État et des administrations de sécurité sociale. La baisse du ratio de dette nette résulte de la progression du PIB en valeur, plus dynamique que celle de l’endettement.
La contribution de l’État à la dette publique diminue de 22,6 Md€, après une augmentation de 58,1 Md€ au trimestre précédent. L’encours de titres négociables de long terme recule de 15,3 Md€, celui de court terme de 4,8 Md€, tandis que les dépôts et les prêts diminuent également. Dans le même temps, la trésorerie de l’État se contracte de 25,1 Md€, ce qui entraîne une hausse de sa dette nette de 2,5 Md€. La contribution des organismes divers d’administration centrale diminue légèrement, de 0,2 Md€. Cette évolution recouvre une baisse des obligations de long terme et une hausse des crédits à court et long terme. SNCF Réseau réduit sa dette, tandis que France Compétences accroît son endettement.
Une baisse marquée du côté de la sécurité sociale
La contribution des administrations de sécurité sociale diminue de 13,0 Md€, après une hausse de 7,6 Md€ au trimestre précédent. Cette baisse est portée par la Cades, l’Urssaf Caisse nationale et la CNAM, tandis que la Cnaf voit sa dette augmenter. Cette évolution s’explique par une diminution des titres négociables de long terme, des crédits de court terme et des crédits de long terme, partiellement compensée par une hausse des obligations à court terme. La baisse de la dette s’accompagne d’une diminution des actifs de 6,2 Md€, notamment de trésorerie, ce qui limite la réduction de la dette nette à 6,8 Md€.
À l’inverse, la dette des administrations publiques locales augmente de 12,2 Md€ au quatrième trimestre 2025. Cette progression est liée à la hausse des crédits de long terme, partiellement atténuée par une baisse des crédits de court terme. Les communes, les départements et les régions contribuent à cette hausse, respectivement à hauteur de 5,5 Md€, 2,7 Md€ et 1,4 Md€. D’autres acteurs, comme les syndicats de collectivités et Île-de-France Mobilités, participent également à cette dynamique.
Des actifs financiers en progression
Au-delà de la dette nette, les administrations publiques voient la valeur de leurs actions cotées et de leurs titres d’organismes de placement collectif progresser de 8,9 Md€ au quatrième trimestre 2025, pour atteindre 318,3 Md€. Cette hausse est principalement portée par les administrations de sécurité sociale, ainsi que par les organismes centraux et, dans une moindre mesure, par l’État.
Un déficit public inférieur aux attentes en 2025
En parallèle, le déficit public s’établit à 5,1 % du PIB en 2025, contre une prévision de 5,4 %. Il recule par rapport à 2024, où il atteignait 5,8 %. Cette amélioration s’explique par une progression des recettes de 3,9 %, portée notamment par de meilleures rentrées fiscales, et par un ralentissement des dépenses à 2,5 %.
Une trajectoire budgétaire encore fragile pour 2026
Malgré cette amélioration du déficit, la dette publique reste à un niveau élevé et continue de constituer un enjeu majeur. Pour 2026, l’objectif est de ramener le déficit autour de 5 % du PIB, dans un environnement marqué par des incertitudes économiques et géopolitiques. La croissance reste limitée, tandis que l’inflation et la remontée des taux d’intérêt pourraient peser sur les dépenses et la charge de la dette.
Sources : Insee, Le Monde, Ouest France
Lire aussi :
Inflation, croissance, chômage : les scénarios inquiétants de la Banque de France
Croissance mondiale 2026 : Goldman revoit à la baisse ses prévisions
Au T2 2025 : la dette française franchit un nouveau sommet historique
La dette publique française a encore gonflé au deuxième trimestre 2025 pour atteindre 3 416,3 milliards d’euros, soit 115,6 % du produit intérieur brut (PIB), après 113,9 % au premier trimestre. Cette progression de 70,9 milliards d’euros en trois mois constitue un nouveau record, dépassant largement les niveaux du début du quinquennat Macron où la dette s’établissait à 101,2 % du PIB, soit 2 281,3 milliards d’euros.
En 2025 : La France, troisième pays le plus endetté de la zone euro
Avec une dette représentant 115,6 % du PIB, la France se classe désormais troisième pays le plus endetté de la zone euro, derrière la Grèce et l’Italie. Son déficit public, attendu à 5,4 % du PIB cette année, reste largement au-dessus du seuil européen de 3 % qui permettrait de stabiliser l’endettement. Pour 2026, l’effort budgétaire à consentir reste incertain, entre les 35 milliards envisagés par la droite et les 22 milliards souhaités par les socialistes, loin des 44 milliards initialement proposés pour ramener le déficit à 4,6 % du PIB.
Alors que la France voit sa note dégradée par Fitch et ses perspectives abaissées à « négatives » par Scope Ratings, l’Espagne, l’Italie et le Portugal enregistrent des améliorations. Madrid a récemment été récompensée par Moody’s et Fitch pour ses gains de productivité et la vigueur de son économie. L’Italie et le Portugal ont également vu leur notation relevée, signe de la confiance retrouvée dans leur trajectoire budgétaire.
Une divergence croissante avec la zone euro
Selon Eurostat, entre fin 2022 et début 2025, le ratio dette/PIB a augmenté de 2,7 points en France, alors qu’il a reculé dans la zone euro. Sur dix ans, la France enregistre une hausse de 14,4 points quand la zone euro affiche une baisse de 3,6 points. Ce décrochage s’explique par l’absence d’ajustements budgétaires comparables à ceux menés par les pays du Sud, qui ont profité de la crise de la zone euro pour réformer leurs finances publiques.
Lire aussi : Écart de taux France-Italie : une convergence inédite en 2025
Des perspectives inquiétantes pour les prochaines années
Fitch anticipe une dette française à 121 % du PIB en 2027, sans horizon clair de stabilisation. L’OCDE avertit que la France devra mener des efforts significatifs pour inverser la tendance, dans un contexte politique fragmenté qui complique la mise en place d’un plan budgétaire pluriannuel. Les débats portent désormais sur les leviers d’action : hausse d’impôts, réduction des dépenses ou mesures combinées, alors que de nombreux secteurs comme l’armée, la justice ou la santé sont jugés intouchables.
Une répartition contrastée de l’endettement public
Au deuxième trimestre 2025, la hausse de la dette concerne principalement l’État, dont la contribution progresse de 64,3 milliards d’euros. Les administrations de sécurité sociale augmentent aussi leur dette de 7,8 milliards, tandis que celle des administrations publiques locales reste quasi stable. Malgré cette progression, la dette nette augmente légèrement moins vite que la dette brute grâce à une hausse de la trésorerie des administrations publiques.
Sources : 20 Minutes, Le Figaro, Public Sénat, Insee
Depuis 1975, la France n’a jamais cessé d’accumuler des déficits
Depuis 1975, la France n’a jamais cessé d’accumuler des déficits, entraînant une hausse continue de l’endettement, particulièrement marquée depuis 2019. Outre les mesures de soutien face aux crises sanitaire et inflationniste, la baisse non financée de certains prélèvements obligatoires et une croissance économique plus faible que prévu expliquent cette aggravation. Les économistes soulignent que le déficit français est désormais structurel, un tournant ayant été observé dès la crise des gilets jaunes.

Contributeurs
Chaque jour, nous sélectionnons pour vous, professionnels de la gestion d'actifs, une actualité chiffrée précieuse à vos analyses de marchés.
Statistiques marchés, baromètres, enquêtes, classements, résumés en un graphique ou une infographie dans divers domaines : épargne, immobilier, économie, finances, etc. Ne manquez pas l'info visuelle quotidienne !
Les graphs commentés les plus consultés :
Croissance 2025 : l’Europe à plusieurs vitesses selon Bruxelles
Un outil pratique mis à votre disposition pour découvrir et vous inscrire aux prochains événements de nos partenaires : webinars, roadshow, formations, etc.

.webp)

.webp)




.webp)




















