France Produits Structurés : 10 acteurs pour une meilleure compréhension des structurés

Portée par dix acteurs indépendants du marché, l’association France Produits Structurés entend renforcer la pédagogie, promouvoir les bonnes pratiques et apporter une voix collective pour mieux comprendre une classe d’actifs en pleine expansion. Avec Romain Noirault, Président d'Equitim, Eloi Brezac, Directeur Général de Zenith Capital, Valentin Bocqueret, Associé Fondateur de Finaval et Clément Lemaire, Directeur Général d'Irbis.
Pourquoi avoir créé France Produits Structurés ?
Romain Noirault : C'est vrai qu'au quotidien nous sommes concurrents mais nous partageons une vraie vision commune, c'est que les produits structurés ont toute leur place dans l'allocation des clients. Leur développement et leur démocratisation le montrent et nécessitent une réflexion collective sur leur encadrement et sur leur compréhension. C'est dans cette optique qu'a été créée l'association, c'est réunir des acteurs, aujourd'hui vous l'avez dit nous sommes 10, qui souhaitent apporter une vision structurante et pédagogique sur cette classe d'actifs.
Quels sont les objectifs concrets de votre association ?
Eloi Brezac : Nous en avons plusieurs. Nous allons dire les 3 principaux. Ça va être déjà de faire la promotion des bonnes pratiques sur les sous-jacents, sur les formules, sur le fonctionnement des produits, déjà dans nos propres maisons, mais aussi auprès de tous les acteurs de la chaîne de valeur. Et puis de faire de la pédagogie, de la formation pour permettre de rendre la classe d'actifs plus lisible, plus compréhensible pour le client. Et puis enfin d'être une voix, une voix éclairée permettant d'accompagner l'évolution de la classe d'actifs à la fois auprès du régulateur, auprès des médias et d'un autre écosystème pour la faire grandir encore.
Produits structurés : une place centrale dans l’épargne en France
Clément Lemaire : Aujourd'hui, elle est centrale. Si nous prenons tout simplement les volumes, c'est un marché qui a plus que triplé en France, puisqu'aujourd'hui, ça représente à peu près 70 Md€ en 2025. En Europe aussi, c'est un marché qui grossit beaucoup. Exemple, l'Italie a multiplié par 2 ses volumes. Et c'est une classe d'actifs qui est surtout présente chez l'ensemble des distributeurs. Si nous prenons les conseillers en gestion de patrimoine, les banques privées, les réseaux de distribution mais aussi les institutionnels. C'est une classe d'actifs qui est centrale parce qu'elle a séduit un grand nombre d'épargnants dans l'univers des actifs risqués, donc des produits actions et produits obligataires. Et c'est une classe d'actifs qui aujourd'hui est devenue incontournable dans un premier temps par le niveau de personnalisation de l'offre et aussi par la performance des produits dont nous parlerons juste après.
Quels sont les facteurs de succès de cette classe d'actifs ?
Valentin Bocqueret : Comme l'a dit Clément, je pense que le premier aspect qui est quand même le juge de paix dans cette profession, c'est la performance. Depuis quelques années, les produits structurés offrent des performances qui sont assez satisfaisantes et qui génèrent de l'intérêt naturellement de la part des distributeurs à intégrer cette classe d'actifs dans les portefeuilles. Le deuxième aspect, c'est la lisibilité des offres. Le propre d'un produit structuré, c'est que c'est un contrat émis par une banque, un émetteur. Et de fait, tous les termes du contrat sont écrits dans ce que nous appelons la term sheet que nous signons. Donc nous savons d'avance ce qui va se passer sur les produits. Et ça, c'est vraiment rassurant pour les épargnants. Nous pouvons aussi parler forcément de la hausse des taux qui nous a permis d'ajouter une deuxième brique à notre offre. Nous avions beaucoup d'offres sur les actions, sur les indices. Et aujourd'hui, nous avons une grosse offre sur les taux et sur le crédit grâce à cette hausse des taux. Et enfin, nous avons une montée en compétences de la part des distributeurs qui comprennent de mieux en mieux les produits, qui les intègrent de manière de plus en plus stratégique et opportuniste dans leur offre, ce qui permet le succès de la classe d'actifs.
Produits structurés : complexité, transparence et frais expliqués
Cette classe d'actifs a quand même des détracteurs et ils disent que ce sont des actifs complexes, les produits structurés, même des boîtes noires. Que répondez-vous à cela, Romain ?
Complexe, oui, c'est d'ailleurs défini comme ça par l'AMF. En revanche, il ne faut pas confondre complexe et compliqué ou opaque parce que ce n'est absolument pas le cas. Valentin le disait, un produit structuré, c'est un contrat entre un producteur, une banque émettrice et un investisseur. Et tout est défini à l'avance, les conditions de performance et les risques qui sont associés. La mécanique qui va être un peu plus complexe, c'est la structuration, la couverture de ces produits-là. Mais pour un client final, le résultat, il est clair, lisible, sans surprise. Bien évidemment, il faut qu'il soit bien expliqué pour être bien compris.
Parce que nous disons qu'il faut comprendre ce dans quoi nous investissons.
Romain Noirault : Exactement, mais ça je pense que les produits structurés, il y a peu de classes d'actifs qui offrent une telle lisibilité sur le potentiel de performance et sur les objectifs de performance. Et autre critique des détracteurs des produits structurés sur le manque de transparence des classes d'actifs, en particulier sur les frais. Qu'en est-il exactement ?
Romain Noirault : Effectivement, je crois que c'est traité quasiment toutes les semaines par le marché, par les médias. Effectivement, je suis content de pouvoir revenir là-dessus. C'est souvent traité par 2 contre-vérités. La première, c'est que ce n'est pas transparent. Alors ça, c'est non. C'est faux. Tout est dans le KID. Tous les frais sont dans le KID. Ils sont exprimés en euros, en pourcentage et même en manque à gagner pour le client. Et c'est d'autant plus frustrant pour nous... Exactement, et en fait, nous l'exprimons de plusieurs façons pour que ce soit le plus lisible possible pour le client. Et c'est d'ailleurs d'autant plus frustrant pour nous que c'est quelque chose, enfin un niveau de précision que nous étions pratiquement les premiers à mettre en place dans les documents KID. Donc c'est une contre-vérité que nous aimons bien remettre à sa place, puisqu'elle est fausse. La deuxième, que nous entendons souvent, c'est les frais cachés. Là aussi, c'est incompréhensible pour nous, puisque, nous sommes sur une formule qui est définie au démarrage avec un niveau de rendement qui va être de 7, 8, 9, 10 % où rien ne va impacter ce rendement pour le client dans le futur. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de frais de gestion, il n'y a pas de frais de surperformance et lorsque nous allons vous verser un coupon de 7 % ou 8 %, aucun frais ne va venir rogner cette performance. Donc le rendement annoncé est le rendement final. Il est net de tous ces frais. Il n'est pas rogné par autre chose. Il est net de frais puisqu'il n'y a pas de frais de gestion. En fait, l'idée des frais derrière, parce qu'il y a des frais dans les produits structurés, il y a de l'upfront. Il faut les regarder, il faut les observer à travers le document KID et les comparer parce que tous les produits ne se valent pas.
Les produits structurés sont-ils très risqués ?
Clément Lemaire : De manière générale, l'investissement en unité de compte comporte des risques, quel que soit le type de produit. La réalité, c'est qu'il y a des produits qui vont être très défensifs, à capital garanti, des produits très ambitieux en termes de rendement. Donc en fait, ça dépend du niveau de risque et de la série du produit structuré et du risque que est prêt à prendre l'investisseur. Et aujourd'hui, le niveau de personnalisation de l'offre permet de proposer des produits qui vont convenir à la fois aux clients les plus prudents, aux clients les plus ambitieux. Les principaux risques que nous identifions dans l'association sont plutôt des risques de mauvaise compréhension de la part de l'épargnant ou des risques de mauvaise distribution de la part de toute la chaîne de distribution du producteur jusqu'au distributeur.
Donc en termes de SRI, ça va de combien à combien ?
Clément Lemaire : Ça va de 1 à 7. Donc le produit le plus défensif qui est à capital garanti jusqu'au produit le plus ambitieux, pour ne pas dire risqué, en fonction, bien entendu, du profil de risque du client. Et c'est la force de la classe d'actifs, c'est de pouvoir s'adapter à tous les clients.
Qu'est-ce que vous vendez le plus ? Des produits structurés qui sont exposés à de faibles niveaux de risque ou plus risqués, ou est-ce qu'il y a un petit peu de tout, Romain ?
Romain Noirault : C'est très variable historiquement. Dans un contexte de taux nuls, c'étaient des produits risqués, il fallait forcément prendre du risque pour avoir un objectif de performance. Donc ça, c'est le cœur historique et c'est là où nous avons nos partenaires historiques et nos clients historiques qui faisaient ces produits-là. C'est vrai que, comme nous le disions précédemment, depuis 2-3 ans, voire 4 ans maintenant, la hausse des taux a permis de proposer des produits à capital garanti, des produits plus défensifs et d'adresser ces nouveaux besoins. Historiquement, je vous dirais plutôt des produits à capital à risque, plutôt sur actions. Depuis ces dernières années, nous avons un rééquilibrage envers les solutions à capital garanti. Et ça, ça risque de continuer, parce que nous avons des taux qui vont rester durablement élevés.
Quelles sont les premières initiatives de France Produits Structurés ?
Valentin Bocqueret : Bien sûr, nous avons travaillé sur 3 axes de réflexion. Le premier axe, c'est de créer une charte de bonne conduite commune à nos 10 maisons, que nous nous engageons évidemment à respecter, pour présenter les produits de la manière la plus neutre possible, en mettant en avant tous les avantages, tous les inconvénients des offres qui sont proposées, et éviter le côté tape-à-l'œil que nous pouvons avoir sur les produits structurés parfois. En 2, le deuxième axe, c'est de travailler sur la pédagogie, comme l'a dit Eloi tout à l'heure. Et donc, nous sommes en train de créer un socle de formation commun sur lequel nous nous engagerons à le partager avec nos distributeurs en amont de l'entrée en relation d'affaires pour s'assurer d'une formation du marché des distributeurs de produits structurés. Et enfin, troisième axe de réflexion sur la donnée. L'idée, c'est de pouvoir fournir à nos partenaires émetteurs, assureurs, distributeurs, de la donnée sur ce qu'est le marché, comment fonctionne le marché, et qu'est-ce qui est le plus commercialisé de manière assez fine sur ce marché.
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