Carburants : le gazole au plus haut depuis 2022

Des prix à la pompe en forte hausse, le gazole repasse au-dessus de 2 euros
Les prix des carburants poursuivent leur progression en France. Le conflit impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël continue d’alimenter l’incertitude sur les marchés pétroliers, maintenant les cours du brut à des niveaux élevés. Selon les dernières données publiées par l’État, le litre de gazole a atteint en moyenne 2,0174 euros, en hausse de 6,5 centimes sur une semaine. Ce niveau marque le franchissement d’un seuil symbolique et constitue un plus haut depuis juillet 2022. Depuis le début de l’année, la hausse est particulièrement marquée, avec une progression de 42 centimes par litre, dont 31 centimes sur les deux dernières semaines.
Du côté des essences, la dynamique reste également orientée à la hausse, bien que plus modérée. Le litre de SP95-E10 s’établit à 1,8649 euro, le SP95 à 1,8979 euro et le SP98 à 1,9609 euro. Ces prix ont respectivement augmenté de 7,3, 5,5 et 6,2 centimes sur une semaine, soit environ 21 centimes de hausse depuis le début de l’année 2026.
Conflit au Moyen-Orient et pétrole à 100 dollars : les moteurs de la hausse
Malgré certaines annonces anticipant une détente rapide des prix, notamment de la part de distributeurs, la baisse ne s’est pas encore matérialisée pour la majorité des consommateurs. Les cours du pétrole restent en effet solidement installés au-dessus des 100 dollars le baril, après une nouvelle progression de 5 %.
Pour Sophie Meritet, maître de conférences à l’université Paris-Dauphine, cette situation s’explique avant tout par une « prime de risque géopolitique ». Elle souligne également que « la transmission n’est pas instantanée entre la hausse des cours et le prix à la pompe », un décalage de plusieurs jours à plusieurs semaines étant habituel.
Le prix payé par les automobilistes dépend en effet de nombreux facteurs, au-delà du seul prix du brut. Raffinage, transport, distribution, concurrence entre stations et fiscalité, cette dernière représentant une part significative du prix final, influencent fortement le niveau des tarifs à la pompe.
Une hausse progressive attendue si la crise se prolonge
Dans ce contexte, la tendance reste orientée à la hausse à court terme. Les tensions persistantes au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d’Ormuz, laissent envisager une poursuite de la pression sur les prix.
Selon Sophie Meritet, « il pourrait y avoir une hausse progressive à la pompe dans les prochains jours si les tensions persistent ». Elle évoque également la « théorie de l’enclume et de la plume », selon laquelle les hausses sont répercutées rapidement tandis que les baisses mettent plus de temps à apparaître.
Cette situation reflète une volatilité croissante du marché pétrolier, appelée à s’installer durablement, dans un contexte où les facteurs géopolitiques jouent un rôle déterminant.
Des pistes politiques débattues pour contenir la hausse des prix
Face à cette envolée des prix, plusieurs propositions ont émergé dans le débat public. Certaines formations politiques ont suggéré une baisse de la TVA sur les carburants, de 20 % à 5,5 %, une mesure dont le coût est estimé à environ 17 milliards d’euros et qui suscite de vives critiques.
D’autres pistes, comme le blocage ou le plafonnement des prix, ont également été évoquées. Une proposition de loi a notamment été déposée pour encadrer les tarifs sur une période maximale de trois mois.
Ces solutions font toutefois débat. Les distributeurs rappellent que leurs marges sur les carburants restent limitées, tandis que l’exécutif explore différentes options, sans décision arrêtée à ce stade.
Une facture énergétique sous pression pour les ménages et les entreprises
Dans l’immédiat, l’absence d’accalmie sur les marchés pétroliers laisse présager une poursuite de la pression sur les budgets des ménages et des entreprises. La hausse des carburants s’inscrit dans un environnement énergétique instable, où les perspectives de normalisation restent incertaines.
L’évolution des prix dépendra largement de la situation géopolitique et de la capacité des marchés à retrouver un équilibre. En attendant, les automobilistes doivent composer avec des niveaux de prix inédits depuis plusieurs années.
Sources : Le Figaro, La Dépêche
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