Marché automobile : le thermique décroche, l’électrique résiste en février

Le marché automobile français poursuit sa contraction en ce début d’année 2026. En février, 120 764 voitures particulières neuves ont été immatriculées, soit une baisse de 14,7 % à 15 % selon les sources, par rapport au même mois de 2025. Sur les deux premiers mois de l’année, 227 921 véhicules ont été écoulés, en recul de plus de 11 %, après une année 2025 déjà dégradée. « On est sur du -30 % par rapport à 2019 », rappelle un porte-parole de la Plateforme automobile, soulignant un plus bas historique pour un mois de février, hors crise des semi-conducteurs.
Dans ce contexte déprimé, la transition énergétique du secteur s’accélère. Les ventes de motorisations thermiques, essence et diesel, continuent de reculer nettement, tandis que les véhicules 100 % électriques affichent une progression marquée et représentent désormais 27 % de parts de marché en février, après un pic à 28 % en janvier.
Des immatriculations en forte baisse, sauf pour l’électrique
Selon les données d’AAA Data publiées le 1er mars, les ventes de voitures particulières reculent de 15 % en février comparé à février 2025. Toutes les grandes marques sont en retrait : Renault (-16 % selon AAA Data, -23,5 % selon la PFA), Peugeot (-21 %), Volkswagen (-21 %), Toyota (-19 à -20 %) ou encore Nissan (-48 %). Les marques Alpine (-37 %) et Dacia (-36 %) souffrent également. Stellantis limite la casse avec un recul de 7,3 %.
Dans ce paysage en berne, quelques signaux contrastent. Citroën affiche une progression de 0,9 % sur un an. Tesla, après une année 2025 difficile, rebondit fortement avec une hausse de 55 % des ventes en février et 3 715 véhicules écoulés. La Tesla Model Y redevient la voiture électrique la plus vendue, avec 3 647 unités, et se classe 17e au classement général des ventes. La Peugeot 208 demeure la voiture la plus vendue tous segments confondus avec 11 265 unités, devant la Renault Clio V et les SUV Peugeot 2008 et Citroën C3.
Aides à l’achat et baisse des prix : un soutien décisif à l’électrique
La bonne tenue du 100 % électrique s’explique en grande partie par les dispositifs publics. Le leasing social, relancé en septembre, continue de produire ses effets. Le bonus écologique, rebaptisé « coup de pouce véhicules particuliers électriques », s’établit entre 3 500 et 5 700 euros selon les revenus, avec une bonification pouvant atteindre 2 000 euros supplémentaires si la batterie est produite en Europe.
Ces aides, combinées à une baisse des prix moyens des véhicules électriques, soutiennent la demande. Selon AAA Data, le prix moyen d’une voiture électrique recule de 3 % à 41 137 euros, tandis que les prix des modèles essence augmentent de 1 % à 24 850 euros et ceux des diesels de 4 % à 42 362 euros. Ces montants sont calculés avant bonus et malus, mais ils traduisent un rapprochement progressif des coûts à puissance équivalente.
La Renault 5 électrique peut ainsi passer sous la barre symbolique des 20 000 euros pour les ménages les plus modestes après aides, illustrant la trajectoire baissière des tarifs, même si l’accès à une voiture neuve reste difficile pour ces publics.
Pour la PFA, cette dynamique relève toutefois en partie d’un « effet d’optique » lié au leasing social et à l’obligation pour les entreprises d’électrifier leurs flottes. « On est loin d’une vraie dynamique », estime son porte-parole, anticipant un possible essoufflement dans les prochains mois.
Une mutation européenne dans un marché sous tension
La tendance dépasse le seul marché français. En janvier, la part de marché de l’électrique dans l’Union européenne a atteint 19,3 %, un record. L’Allemagne, premier marché du continent, est revenue sur sa suppression brutale des aides fin 2023. Les véhicules 100 % électriques, mais aussi les hybrides rechargeables et à prolongateur d’autonomie, peuvent bénéficier d’aides allant jusqu’à 6 000 euros selon les revenus, pour un coût budgétaire estimé à 3 milliards d’euros sur trois ans.
Cette décision vise à éviter la répétition du choc observé en 2024, lorsque l’effondrement des ventes électriques outre-Rhin avait fragilisé l’ensemble de la filière européenne.
Dans un contexte d’incertitudes réglementaires et technologiques, nombre d’acheteurs reportent leurs décisions. Le marché automobile reste ainsi déprimé, mais la recomposition du mix énergétique se confirme. Si l’électrique ne compense pas encore totalement la chute du thermique, il s’impose progressivement comme le moteur structurel de la transformation du secteur.
Sources : Libération, Ouest-France
Marché automobile français en recul de 7,9 % au premier semestre 2025
Le marché français de l’automobile poursuit sa contraction. Entre janvier et juin 2025, 842 203 voitures particulières neuves ont été immatriculées, soit une baisse de 7,9 % par rapport au premier semestre 2024. Le mois de juin a confirmé cette tendance, avec un recul de 6,7 % des immatriculations, pour un total de 181 711 unités. Cette série noire marque le sixième mois consécutif de baisse des volumes.
Cette tendance inquiète les professionnels du secteur, d’autant qu’elle s’inscrit dans un contexte de profonde transformation industrielle. Par rapport à 2019, dernière année complète avant la pandémie, le marché reste en baisse de près de 30 %.
Renault repasse en tête devant Stellantis
Renault a surpris en reprenant la première place sur le marché français. Le groupe a enregistré une hausse de 5,1 % de ses immatriculations en juin, et une progression de 2,2 % sur l’ensemble du semestre. Cette dynamique est portée par Dacia, dont les modèles abordables rencontrent un fort succès auprès des ménages.
En revanche, Stellantis est à la peine. Ses ventes ont reculé de 7,98 % en juin, et certaines de ses marques sont en fort repli. Fiat, notamment, chute de 41,75 %. Peugeot et Citroën perdent également du terrain. Le groupe pâtit d’un positionnement produit moins lisible et d’une offre jugée moins compétitive sur le plan tarifaire.
Le climat général reste marqué par une grande incertitude. Les consommateurs sont freinés par la montée des prix, mais aussi par l’instabilité des politiques de mobilité. Les débats autour de l’interdiction du thermique en 2035, les contraintes liées aux zones à faibles émissions (ZFE) et la crainte d’acheter un véhicule bientôt obsolète alimentent une posture attentiste.
Cette situation pénalise l’ensemble du secteur : les commandes reculent, les délais s’allongent, et les prévisions tablent désormais sur 1,6 million d’immatriculations pour 2025, bien loin des 2,2 millions enregistrées en 2019.
Les électriques décrochent, les hybrides dominent sans convaincre
Les véhicules 100 % électriques représentent 17,6 % des immatriculations en juin, en recul de 14,7 % sur un an. Ce fléchissement intervient malgré le maintien d’aides publiques. Le prix d’achat, les contraintes d’usage et la faible densité du réseau de recharge freinent leur progression.
Les hybrides poursuivent leur ascension, dépassant 50 % de parts de marché. Pourtant, leur domination suscite des interrogations. Leur coût reste élevé, et leur impact environnemental est discuté. Le marché semble saturé sur ce segment, et le discours commercial manque de clarté pour convaincre durablement.
Sources : Boursorama, Le Point, Caradisiac
Focus Mai 2025 : Le marché automobile français, une crise qui s'enlise
Un recul de 12,3 % des immatriculations en mai 2025
Le marché français des voitures neuves a enregistré 123 919 immatriculations en mai 2025, soit une baisse de 12,3 % par rapport à mai 2024. Ce repli est plus marqué que celui d’avril, qui atteignait -5,6 %. Il s’agit du cinquième mois consécutif de baisse des ventes. Sur les cinq premiers mois de l’année, le marché a reculé de 8 % par rapport à 2024, et de près de 30 % par rapport à 2019, dernière année pleine avant la pandémie¹.
Des constructeurs sans exception face à la baisse
Tous les grands constructeurs automobiles présents sur le marché français enregistrent un recul de leurs ventes en mai. Stellantis, avec 34 441 immatriculations, affiche une baisse de 10,1 %. Renault limite sa baisse à 7 %, avec des volumes similaires à Stellantis. Toyota subit un recul plus sévère, avec -25 %¹. Le groupe Volkswagen, troisième du marché, accuse une baisse d’environ 12 %. Aucun segment n’est épargné : les modèles essence comme les véhicules électriques sont concernés¹.
Les immatriculations de Tesla chutent fortement
Tesla voit ses ventes s’effondrer, avec seulement 721 voitures immatriculées en mai 2025, en recul de 67 % par rapport au même mois l’an dernier. Depuis le début de l’année, la marque américaine enregistre un recul cumulé de près de 50 %. Le constructeur est en pleine refonte de sa gamme, et certains analystes évoquent également l’image publique de son dirigeant comme facteur de désaffection¹.
Lire aussi : Tesla perd sa couronne électrique
Un marché électrique en stagnation
Sur les cinq premiers mois de l’année 2025, les voitures électriques représentent environ 18 % des immatriculations totales. Cette part est stable, mais en volume, les ventes ont diminué d’environ 7 % par rapport à la même période en 2024. Ce recul s’inscrit dans une tendance générale de contraction du marché, malgré les attentes placées dans la transition énergétique¹.
Une crise structurelle aux multiples causes
Plusieurs facteurs convergent pour expliquer la profondeur de la crise actuelle du secteur automobile.
Le premier est lié aux prix. En moyenne, une voiture neuve coûte aujourd’hui environ 35 000 euros, soit une hausse de 33 % en dix ans. Ce niveau de prix rend le neuf inaccessible à une large partie des ménages. Les acheteurs de voitures neuves sont désormais majoritairement issus des 20 % les plus aisés de la population².
Les réglementations européennes sur la sécurité et les émissions ont contribué à alourdir les coûts, tout comme les stratégies industrielles des constructeurs, qui ont privilégié les modèles haut de gamme pour maximiser leurs marges. L’État français a également participé à cette hausse de prix via les malus écologiques. La conséquence est double : baisse de la TVA perçue et frein environnemental, les ménages préférant conserver leur ancien véhicule plutôt qu’en acquérir un nouveau.
L’incertitude décourage les acheteurs
À cette pression économique s’ajoute une forte incertitude réglementaire. Le manque de lisibilité des politiques de mobilité pénalise les décisions d’achat. Les annonces autour de l’interdiction des moteurs thermiques en 2035 sont perçues comme instables, et le sentiment que ces mesures pourraient être modifiées ou reportées freine les projets.
Dans ce contexte, les consommateurs adoptent une posture attentiste. Les concessionnaires rapportent une baisse continue des prises de commande, sans signes de reprise à court terme. Les prévisions pour 2025 estiment que 1,6 million de voitures neuves seront vendues, contre 2,2 millions en 2019².
Un effet d’entraînement sur l’ensemble de la filière
La crise ne touche pas uniquement les constructeurs. L’ensemble de la chaîne automobile est affecté, des équipementiers aux concessionnaires. Plusieurs entreprises ont déjà annoncé des plans sociaux². Le ralentissement des ventes se traduit par une baisse d’activité générale, menaçant des milliers d’emplois sur le territoire².
Sources : 1. Le Figaro, 2. 20 minutes
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