La Coupe du monde 2026, le Mondial le plus rentable de l’histoire


Le Mondial entre dans une nouvelle dimension financière
La Coupe du monde 2026 sera probablement le tournoi sportif le plus lucratif jamais organisé. La FIFA vise désormais $13 milliards de revenus sur le cycle 2023-2026, contre environ $7.5 milliards lors du cycle précédent, marqué par le Mondial au Qatar. En quatre ans, le chiffre d’affaires attendu bondirait donc d’environ +73%. Cette inflation des revenus repose sur deux moteurs: plus de volume et plus de prix.

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104 matchs et des billets au prix fort
Le premier levier est mécanique. Le mondial passe de 32 à 48 équipes et de 64 à 104 matchs, soit 40 matchs supplémentaires et une hausse de +62% du nombre de rencontres. Pour la FIFA, cela signifie davantage de contenus à vendre aux télévisions, plus de matchs à commercialiser auprès des sponsors, et surtout beaucoup plus de billets à écouler. Le tournoi nord-américain crée un marché inédit de plus de 6 millions de tickets. Mais le vrai changement vient surtout du prix des billets. La Coupe du monde 2026 se déroule principalement aux États-Unis, le marché le plus riche du monde, où les consommateurs sont habitués aux prix élevés des grands événements sportifs. La FIFA utilise aussi le « dynamic pricing », qui permet d’ajuster les prix à la demande. Résultat : les recettes de billetterie et d’hospitalité devraient atteindre $3 milliards, contre un peu moins de $1 milliard au Qatar. Par match, les recettes passeraient de $14 millions en 2022 à $29 millions en 2026. Le volume augmente de 62%, mais le revenu par match double. C’est donc bien le prix et le mix premium qui font exploser la rentabilité.
Droits TV, sponsors, billetterie : le coup du chapeau de la FIFA
La répartition des $13 milliards illustre cette montée en puissance. La billetterie et l’hospitalité représentent environ $3 milliards (+200% par rapport au Qatar). Les sponsors et partenaires commerciaux apportent environ $2.7 milliards (+50%), avec des marques comme Adidas, Coca-Cola ou Aramco. Les droits TV restent le premier contributeur, à plus de $4 milliards (+24%), portés par un tournoi plus long et des horaires favorables aux marchés américains et européens. Le solde provient des autres revenus du cycle, dont les nouvelles compétitions FIFA.
Cette Coupe du monde marque donc un basculement : la FIFA ne vend plus seulement un événement sportif mondial, elle maximise une plateforme de contenus, de prix premium et de rareté. Le fan paie plus cher et la Fifa encaisse des profits historiques, qui seront très largement exonérés d’impôts. Plus de matchs, plus de prix et une fiscalité minimale : en football, cela s’appelle un coup du chapeau.
Par Rémy Gicquel, CFA, Swiss Life Gestion Privée
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