Un hantavirus bien différent du coronavirus

Par Arnaud BENOIST-VIDAL, gérant d’actifs, Financière de l'Arc
Une inquiétude mondiale autour du foyer du MV Hondius
C’est presque devenu une psychose alimentée par les médias et les réseaux sociaux. Les 3 personnes décédées à ce jour à cause d’une souche très mortelle d’hantavirus, toutes passagères du même navire de croisière, sèment actuellement la peur dans le monde entier. Ce nouveau foyer infectieux rappelle de mauvais souvenirs, et surtout la phase anxiogène du début de 2020, où nous comptions quotidiennement le nombre de nouveaux cas positifs au SARS-CoV-2, avant de nous retrouver tous confinés quelques mois plus tard, en mars de cette même année.
À l’époque, les propos rassurants des autorités en janvier et février n’ont pu empêcher la plus importante pandémie de ce siècle, portant atteinte aujourd’hui à leur crédibilité. Allons-nous connaître inévitablement le même sort ? Quelles sont les différences entre ces 2 virus qui pourraient nous faire croire à un autre scénario que celui de 2020 à 2022 ?
Le MV Hondius au cœur du cluster d’hantavirus Andes
En termes médicaux, on appelle cela un cluster, c’est-à-dire un regroupement de plusieurs cas d’une même maladie, dans un lieu et sur une période donnée. Le coupable est tout trouvé : le très virulent hantavirus Andes. L’endroit est bien délimité : le navire de croisière MV Hondius, ayant embarqué le 1er avril à Ushuaïa en Argentine.
Le patient 0, c’est-à-dire la première personne ayant contracté la maladie, a été identifié. Il s’agit de Leo Schilperoord, un ornithologue néerlandais, ayant été le premier à développer des symptômes le 6 avril et à en décéder sur place le 11 avril 2026. Depuis, son épouse a subi le même sort le 26 avril, ainsi qu’une autre passagère allemande début mai. Huit autres cas positifs ont été détectés, tous se trouvant à bord au moment de leur contamination.
Une contamination probablement antérieure à l’embarquement
L’origine de ce foyer infectieux ne se trouvait pas à bord.
C’est un fait. Ce patient 0 n’a pas été contaminé par un rongeur présent dans la cale du navire. Heureusement, car sinon, sans doute le nombre de cas aurait été plus élevé. La période d’incubation s’étendant de 2 à 6 semaines, Leo Schilperoord a contracté la maladie avant d’être monté à bord, étant donné que les premiers symptômes sont apparus le 6 avril, soit le 6e jour de la croisière.
D’ailleurs, une équipe en infectiologie et épidémiologie de l’Institut Malbran de Buenos Aires se rendra la semaine prochaine à Ushuaïa, en Terre de Feu, pour trouver l’origine du foyer du MV Hondius. Cependant, il n’est pas exclu que la contamination se trouve ailleurs, étant donné l’itinéraire du voyage du couple néerlandais.
Une différence majeure avec le SARS-CoV-2
Pas de cas positifs asymptomatiques contagieux.
Il existe, selon nous, une différence fondamentale entre l’hantavirus Andes et le SARS-CoV-2. Souvenez-vous du cas asymptomatique, le plus souvent jeune, qui, sans le savoir, contaminait un très grand nombre de personnes lors de réunions festives dans des lieux ultra fermés.
Selon les informations données par les virologues, un patient positif à l’hantavirus Andes serait contagieux seulement au moment de l’apparition des premiers symptômes, et non pendant les 2 à 6 semaines d’incubation. Si l’on rajoute à cela une contagiosité faible, le taux de reproduction du virus, baptisé R0, est très faible, voire quasi nul.
Les cas contacts désormais sous surveillance
Tout va se jouer sur les cas contacts.
Tous les passagers ainsi que les membres d’équipage du MV Hondius sont évidemment sous étroite surveillance. Le risque de propagation se situe, selon nous, chez les cas contacts en dehors du bateau. Plus particulièrement sur 2 vols entre Sainte-Hélène et Johannesburg, et entre Johannesburg et Amsterdam, du 25 avril.
C’est le véritable test de la contagiosité de ce virus en conditions réelles. En effet, si ces 2 vols ont été de nouveaux clusters, alors nous devrions observer une augmentation du nombre de cas positifs ces prochains jours, étant donné que nous nous situons 3 semaines après ces déplacements.
Une létalité élevée mais un risque pandémique jugé limité
Une forte létalité qui ne pardonne pas.
Le taux de mortalité de l’hantavirus Andes fait peur, de 30 à 40 %. Sa dangerosité fait que les autorités et les cas positifs eux-mêmes adoptent une attitude stricte, sans aucune complaisance. Contrairement à la pandémie de la Covid-19, une personne positive va se déclarer elle-même pour augmenter ses chances de survie et ne va pas continuer à fréquenter d’autres personnes.
En conclusion, grâce aux caractéristiques de l’hantavirus Andes, ainsi qu’à la rigueur des protocoles de suivi et des personnes concernées, nous ne croyons pas à une nouvelle pandémie, sans exclure de nouveaux cas ces prochaines semaines.
Par Arnaud BENOIST-VIDAL, gérant d’actifs, Financière de l'Arc
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