Héritage : 49 % des Français pointent le coût de la succession

Le coût de la succession s’impose comme le principal point de friction dans la perception des Français, selon une étude de BPCE L'Observatoire. Près d’un Français sur deux estime que transmettre son patrimoine représente une charge trop importante, révélant un décalage persistant entre l’importance accordée à l’héritage et les contraintes associées à sa mise en œuvre.
Fiscalité successorale et complexité : les principaux freins à la transmission
La fiscalité n’est pas le seul élément en cause. Derrière cette perception du coût, c’est l’ensemble du processus de transmission qui est interrogé. La complexité des démarches est citée par 42 % des Français, confirmant que la succession est souvent perçue comme un parcours technique difficile à appréhender.
Cette double contrainte, financière et administrative, contribue à freiner l’anticipation. Elle s’inscrit dans un contexte où les enjeux patrimoniaux deviennent plus visibles avec l’âge et le niveau de richesse, renforçant la sensibilité à ces problématiques.
Au-delà des aspects économiques, la transmission reste un sujet sensible au sein des familles. 8 Français sur 10 évoquent des tensions relationnelles, particulièrement marquées chez les 50-65 ans. La succession ne se limite pas à un transfert d’actifs, elle engage des équilibres familiaux parfois fragiles.
Ces tensions prennent une dimension particulière dans les familles nombreuses, où les risques de désaccords sont plus fréquents. La préservation de la paix familiale apparaît ainsi comme un objectif presque aussi important que l’optimisation fiscale.
Transmission du patrimoine : comportements, préparation et besoin d’accompagnement
Malgré ces freins, l’héritage conserve une place centrale dans les stratégies patrimoniales. Il est perçu comme un outil de protection des proches, notamment par les profils patrimoniaux, dont 90 % mettent en avant cet objectif.
Cette dimension protectrice est d’autant plus marquée chez les personnes âgées et les couples mariés ou pacsés, pour lesquels la sécurisation du conjoint constitue une priorité. La transmission reste donc un pilier, même dans un environnement jugé contraignant.
Les comportements évoluent fortement en fonction de la structure familiale. La présence d’enfants oriente davantage vers des stratégies de transmission et d’optimisation. À l’inverse, l’absence de descendance favorise des logiques plus centrées sur la consommation ou l’épargne personnelle, avec 2 Français sur 3 concernés par cette approche.
Par ailleurs, l’héritage est perçu par une partie de la population comme un facteur d’inégalités. Plus d’1 Français sans enfant sur 2 considère qu’il contribue à accentuer les écarts sociaux, révélant une lecture sociétale plus critique de la transmission patrimoniale.
Si le sujet est largement abordé au sein des couples et des familles, la préparation concrète reste limitée. Une minorité de Français a engagé des démarches formelles, qu’il s’agisse de consulter un professionnel ou de rédiger un testament.
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Cette relative inertie contraste avec la diffusion des pratiques de transmission. Plus d’1 Français sur 2 a déjà reçu un héritage ou une donation, principalement de la part de ses parents. Les mécanismes de saut générationnel gagnent également du terrain, avec 1 Français sur 2 prêt à renoncer à son héritage au profit de ses enfants.
Le manque d’information constitue un obstacle majeur. Peu de Français connaissent précisément le patrimoine de leurs proches ou les règles fiscales applicables. Moins d’1 sur 5 est en mesure d’estimer les droits de succession qui seraient dus.
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Ce déficit de connaissance est légèrement moins marqué chez les profils les plus expérimentés, mais il reste globalement élevé. Il limite la capacité à anticiper et à structurer efficacement la transmission.
Dans ce contexte, les attentes en matière de conseil apparaissent significatives. Une majorité de Français exprime un besoin d’accompagnement, en particulier sur les questions fiscales.
Les dispositifs de transmission restent encore mal maîtrisés, même si certains outils se distinguent. L’assurance-vie s’impose comme le véhicule privilégié, loin devant les autres solutions comme la donation-partage ou le démembrement.
Cette hiérarchie confirme que, face à la complexité perçue, les Français privilégient des instruments identifiés comme plus lisibles et plus souples.
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Source : Les Rendez-vous de l'Epargne de BPCE L'Observatoire – Les enjeux de la transmission à l’orée du choc démographique
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