Succession : 45 % des Français ignorent qu'il est possible de réduire légalement les droits

La succession reste l'un des grands angles morts de la gestion patrimoniale. Si les Français se disent préoccupés par le poids de la fiscalité et les conséquences d'une transmission mal préparée, ils sont encore nombreux à repousser les démarches ou à méconnaître les solutions existantes.
En juillet 2026, une étude de l'institut Discurv réalisée pour Inovea révéle que 45 % des Français ignorent qu'il est possible de réduire les droits de succession et que 72 % n'ont entrepris aucune démarche de préparation. Quelques mois plus tôt, en mars 2026, l'étude BPCE montrait déjà que la transmission constituait un sujet de préoccupation majeur pour les Français. Deux enquêtes qui, sous des angles différents, dressent le même constat : la succession est perçue comme un enjeu important, mais reste encore insuffisamment anticipée.
La succession reste un sujet que de nombreux Français préfèrent repousser. Entre le tabou entourant la fin de vie, la complexité des règles successorales et la conviction que le patrimoine reviendra naturellement aux héritiers, l'anticipation demeure limitée. Pourtant, plusieurs dispositifs permettent d'organiser la transmission de son patrimoine et d'en réduire le coût fiscal. Encore faut-il les connaître. Selon un sondage de l'institut Discurv, 45 % des Français ignorent qu'il est possible de réduire les droits de succession.
Derrière les chiffres, l'étude met en évidence un phénomène plus profond : la succession reste largement associée à la fin de vie. Beaucoup de Français estiment que la transmission pourra être réglée le moment venu ou considèrent que leurs héritiers recevront simplement le patrimoine laissé au décès. « On a travaillé toute notre vie, nos enfants auront ce qu'il y aura à notre décès » (Les Echos) Cette tendance à différer les démarches se conjugue à une compréhension encore limitée des règles successorales, alors même que plusieurs leviers permettent d'anticiper la transmission et d'en optimiser les conséquences fiscales.
79 % des Français jugent les héritages trop taxés
L'étude met en évidence une perception largement partagée du poids de la fiscalité successorale. Près de 8 Français sur 10 (79 %) estiment que les héritages sont trop taxés, faisant de cette question l'une des principales préoccupations en matière de transmission patrimoniale. Cette perception contraste toutefois avec le niveau de préparation des ménages. Malgré ce constat, les démarches d'anticipation restent limitées, laissant de nombreuses successions être abordées sans organisation préalable.
45 % des Français ignorent comment réduire les droits de succession
L'un des principaux enseignements de l'étude concerne le niveau de connaissance des dispositifs existants. 45 % des Français ignorent qu'il est possible de réduire les droits de succession, alors que plusieurs mécanismes prévus par la réglementation permettent d'anticiper la transmission d'un patrimoine.
Ce chiffre met en évidence un déficit de connaissances qui ne porte pas seulement sur les aspects techniques de la succession, mais aussi sur l'existence même de solutions permettant d'en limiter le coût dans le cadre fixé par la loi.
60 % des Français ne se sentent pas suffisamment informés
Cette méconnaissance se retrouve dans le sentiment exprimé par les personnes interrogées. 60 % des Français déclarent ne pas disposer d'une information suffisante pour préparer leur succession.
Ce résultat suggère que, au-delà de la fiscalité, la compréhension des mécanismes de transmission constitue encore un frein important à l'anticipation.
72 % n'ont entrepris aucune démarche de préparation
Le déficit d'information se traduit directement dans les comportements. 72 % des Français déclarent n'avoir entrepris aucune démarche pour préparer leur succession, malgré les enjeux financiers et familiaux liés à la transmission du patrimoine.
L'étude montre ainsi que la préparation successorale demeure une démarche largement repoussée ou laissée de côté par une majorité de ménages.
Lire aussi : La succession associée à planification pour seulement 3% des français
70 % redoutent pourtant les conséquences d'une succession mal anticipée
Paradoxalement, cette absence de préparation s'accompagne d'une réelle inquiétude. Sept Français sur dix (70 %) craignent les conséquences d'une succession mal anticipée.
Les résultats de l'enquête mettent ainsi en évidence un double constat : les Français perçoivent le poids de la fiscalité successorale, s'inquiètent des conséquences d'une transmission insuffisamment préparée, mais restent nombreux à manquer d'information sur les dispositifs existants et à ne pas engager de démarches.
Si le sondage Discurv met en lumière le déficit d'information des Français sur les mécanismes de transmission, l'étude BPCE apporte un éclairage complémentaire sur leur rapport plus global à la succession, leurs préoccupations et leurs attentes :
Le coût de la succession s’impose comme le principal point de friction dans la perception des Français, selon une étude de BPCE L'Observatoire. Près d’un Français sur deux estime que transmettre son patrimoine représente une charge trop importante, révélant un décalage persistant entre l’importance accordée à l’héritage et les contraintes associées à sa mise en œuvre.
Fiscalité successorale et complexité : les principaux freins à la transmission
La fiscalité n’est pas le seul élément en cause. Derrière cette perception du coût, c’est l’ensemble du processus de transmission qui est interrogé. La complexité des démarches est citée par 42 % des Français, confirmant que la succession est souvent perçue comme un parcours technique difficile à appréhender.
Cette double contrainte, financière et administrative, contribue à freiner l’anticipation. Elle s’inscrit dans un contexte où les enjeux patrimoniaux deviennent plus visibles avec l’âge et le niveau de richesse, renforçant la sensibilité à ces problématiques.
Au-delà des aspects économiques, la transmission reste un sujet sensible au sein des familles. 8 Français sur 10 évoquent des tensions relationnelles, particulièrement marquées chez les 50-65 ans. La succession ne se limite pas à un transfert d’actifs, elle engage des équilibres familiaux parfois fragiles.
Ces tensions prennent une dimension particulière dans les familles nombreuses, où les risques de désaccords sont plus fréquents. La préservation de la paix familiale apparaît ainsi comme un objectif presque aussi important que l’optimisation fiscale.
Transmission du patrimoine : comportements, préparation et besoin d’accompagnement
Malgré ces freins, l’héritage conserve une place centrale dans les stratégies patrimoniales. Il est perçu comme un outil de protection des proches, notamment par les profils patrimoniaux, dont 90 % mettent en avant cet objectif.
Cette dimension protectrice est d’autant plus marquée chez les personnes âgées et les couples mariés ou pacsés, pour lesquels la sécurisation du conjoint constitue une priorité. La transmission reste donc un pilier, même dans un environnement jugé contraignant.
Les comportements évoluent fortement en fonction de la structure familiale. La présence d’enfants oriente davantage vers des stratégies de transmission et d’optimisation. À l’inverse, l’absence de descendance favorise des logiques plus centrées sur la consommation ou l’épargne personnelle, avec 2 Français sur 3 concernés par cette approche.
Par ailleurs, l’héritage est perçu par une partie de la population comme un facteur d’inégalités. Plus d’1 Français sans enfant sur 2 considère qu’il contribue à accentuer les écarts sociaux, révélant une lecture sociétale plus critique de la transmission patrimoniale.
Si le sujet est largement abordé au sein des couples et des familles, la préparation concrète reste limitée. Une minorité de Français a engagé des démarches formelles, qu’il s’agisse de consulter un professionnel ou de rédiger un testament.
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Cette relative inertie contraste avec la diffusion des pratiques de transmission. Plus d’1 Français sur 2 a déjà reçu un héritage ou une donation, principalement de la part de ses parents. Les mécanismes de saut générationnel gagnent également du terrain, avec 1 Français sur 2 prêt à renoncer à son héritage au profit de ses enfants.
Le manque d’information constitue un obstacle majeur. Peu de Français connaissent précisément le patrimoine de leurs proches ou les règles fiscales applicables. Moins d’1 sur 5 est en mesure d’estimer les droits de succession qui seraient dus.
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Ce déficit de connaissance est légèrement moins marqué chez les profils les plus expérimentés, mais il reste globalement élevé. Il limite la capacité à anticiper et à structurer efficacement la transmission.
Dans ce contexte, les attentes en matière de conseil apparaissent significatives. Une majorité de Français exprime un besoin d’accompagnement, en particulier sur les questions fiscales.
Les dispositifs de transmission restent encore mal maîtrisés, même si certains outils se distinguent. L’assurance-vie s’impose comme le véhicule privilégié, loin devant les autres solutions comme la donation-partage ou le démembrement.
Cette hiérarchie confirme que, face à la complexité perçue, les Français privilégient des instruments identifiés comme plus lisibles et plus souples.
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Source : Les Rendez-vous de l'Epargne de BPCE L'Observatoire – Les enjeux de la transmission à l’orée du choc démographique
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