“Entre inflation, Fed et interventionnisme américain, un début d’année sous tension” Julien Quistrebert

Économie
Julien Quistrebert
Podcast Julien Quistrebert Club Patrimoine

On va commencer par les chiffres de l'inflation qui sont toujours très scrutés pour essayer de décrypter les futures politiques monétaires. Qu'est-ce qu'il faut retenir de ces premiers chiffres de l'année ? Ce qu'il faut noter, c'est que les chiffres sont plutôt rassurants, aussi bien côté européen que côté américain. On a notamment la baisse des prix de l'énergie, qui sont des facteurs assez positifs.

Inflation en Europe et aux États-Unis : des chiffres globalement rassurants

Côté européen, on retient 2 % d'inflation, donc ça reste des chiffres tout à fait raisonnables et qui pourraient permettre, même si ce n'est pas d'actualité à court terme à la BCE, de baisser ses taux davantage, avec une légère détente sur la partie inflation services. Ça reste marginal, mais en tout cas, ça va dans le bon sens.

Côté américain, je dirais que ce qu'il faut noter, c'est l'inflation alimentaire qui continue de progresser. Elle est importante puisqu'à l'approche des mi-termes, la base républicaine sera assez sensible à cette hausse des prix de l'alimentation. Et donc c'est tout l'enjeu en tout cas pour Donald Trump d'essayer de maîtriser ce dernier point.

Et puis on a eu aussi les chiffres de l'emploi côté US qui étaient somme toute assez rassurants, avec la santé, l'éducation qui étaient plutôt bien orientées et un chômage maîtrisé après cette période de shutdown.

Lire aussi : L’inflation demeure un risque majeur en 2026

Politique monétaire américaine : indépendance de la Fed et pressions politiques

En parlant de politique monétaire, il y a toujours beaucoup de questions autour de la Fed, avec notamment Jerome Powell qui est sorti de sa réserve ce week-end pour défendre l'indépendance de l'institution. Ça pose quand même pas mal de questions sur son remplaçant et la future marge de manœuvre de la Fed.

Oui, effectivement, c'est un sujet assez clé puisque globalement les marchés sont plutôt bien valorisés, les effets de levier sont assez importants d'une manière générale dans le système. Donc en tout cas, avoir une cohérence de politique de la FED, c'est extrêmement important.

On connaît la vision de Donald Trump, baisse du dollar, baisse des taux courts pour pouvoir financer ses déficits. Voilà, donc c'est tout l'enjeu. On a en parallèle en plus la décision de la Cour suprême qui va arriver sur les droits de douane, la décision sur Lisa Cook. Effectivement, beaucoup d'actualités et beaucoup d'incertitudes sur ce qui va être fait.

En tout cas, Donald Trump a vraiment une volonté de mettre à mal l'indépendance de la FED et c'est vrai que Jerome Powell s'efforce de la défendre. Jusqu'où pourra-t-il aller pour la défendre ? C'est la grande question.

Ecouter/lire aussi : “La Fed sous pression politique, Jerome Powell sort de sa réserve

Géopolitique et interventionnisme américain : quels effets sur les marchés ?

Toujours côté américain, on a aussi une phase interventionniste au niveau international qui semble débuter avec le Venezuela, le Groenland, l'Iran, etc. Qu'est-ce que ça change sur les marchés, cette nouvelle politique américaine ?

Je dirais que Donald Trump est marqué par cet interventionnisme. Au niveau international, évidemment, ça pose beaucoup de questions sur les politiques, notamment le rapport Draghi en Europe, mais même en interne, ça reste assez fort. On parlait de l'interventionnisme au niveau de la Fed. Il y a aussi sur les crédits à la consommation, avec ce cap à 10 %.

Donc, on a globalement un environnement très incertain, avec Donald Trump qui a une vision très claire sur ce qu'il souhaite faire et qui ne semble pas toujours être, en tout cas, du goût des marchés et qui crée évidemment beaucoup d'instabilité, même si la partie économique reste relativement solide aujourd'hui.

Lire aussi : Une remise en cause inédite de l’indépendance de la Fed

Résultats financiers et retour des IPO en Europe

Et on va finir avec le début de résultats des financières et le retour des IPO en Europe.

Oui, tout à fait. JP Morgan a publié hier, un petit peu décevant, ils ont dit qu'ils allaient lutter justement sur ce cap sur les crédits à la consommation. Le risque, évidemment, c'est que les volumes se tarissent si le risque des créditeurs reste trop important. Globalement, c'était une publication qui était de bonne facture, pas d'inquiétude, même si le titre a reculé.

Côté européen, effectivement, réintroduction en bourse d'une société CSG spécialisée dans la défense qui a été un des grands gagnants, si je puis dire, de la guerre en Ukraine et donc on attend aussi avec impatience, sur la Bourse de Paris, l'introduction en Bourse de KNDS qui devrait arriver dès cette année.

Découvrez d'autres contenus du même partenaire
Les indispensables de votre veille professionnelle
Graph du jour

Chaque jour, nous sélectionnons pour vous, professionnels de la gestion d'actifs, une actualité chiffrée précieuse à vos analyses de marchés.
Statistiques marchés, baromètres, enquêtes, classements, résumés en un graphique ou une infographie dans divers domaines : épargne, immobilier, économie, finances, etc. Ne manquez pas l'info visuelle quotidienne !

Les graphs commentés les plus consultés :

Le top 25 des SCPI en 2025

Croissance 2025 : l’Europe à plusieurs vitesses selon Bruxelles

Le cacao à prix d’or : pourquoi le chocolat coûte (beaucoup) plus cher

Voir tous nos graphs
Agenda

Un outil pratique mis à votre disposition pour découvrir et vous inscrire aux prochains événements de nos partenaires : webinars, roadshow, formations, etc.

Voir notre agenda
Challenges & Club Patrimoine
Lire une sélection d'articles publiés dans le numéro spécial 2025 Gestion de Patrimoine "Le nouveau paradigme".
Découvrir
Et retrouvez également une sélection d'articles du numéro 2024
Les fonds de nos partenaires
Les performances en direct des fonds par univers d'investissement